Extension Factory Builder
14/09/2012 à 16:07
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le Français Denis Lavagne, sélectionneur de l'équipe de football du Cameroun, le 28 octobre 2011. Le Français Denis Lavagne, sélectionneur de l'équipe de football du Cameroun, le 28 octobre 2011. © Archives/AFP

Un sélectionneur (Denis Lavagne) suspendu par le ministre des Sports sans en avoir été averti, un autre (Jean-Paul Akono) qui n’a pas entraîné depuis dix ans et qui est nommé par le même ministre, lors d’une intervention à la radio, moins d’une semaine après une défaite au Cap Vert (0-2) en qualifications pour la CAN 2013. Le football camerounais se donnerait-il (encore) en spectacle ?

Cela se passe comme ça au Cameroun. Un ministre des Sports – Adoum Garoua – peut intervenir sur la radio d’État pour annoncer que le sélectionneur des Lions Indomptables est limogé… et rendre public le nom de son successeur, sans que l’intéressé n’ait été informé au préalable de son éviction. Ce genre de procédé pourrait d’ailleurs attirer l’attention de la Fifa, qui déteste que les gouvernements fourrent leur nez dans les affaires du football.

Depuis jeudi soir, Denis Lavagne, actuellement en France, n’a toujours pas été informé officiellement de sa suspension. « C’est un journaliste qui m’a appris la nouvelle. Je n’ai pas reçu le moindre coup de fil ni du ministre, ni de la Fédération camerounaise de football. À ce jour, je me considère encore comme le sélectionneur des Lions, et apte à la diriger contre le Cap Vert le mois prochain (13 ou 14 octobre à Yaoundé). »

Sans cesse critiqué par une partie des médias depuis sa nomination en octobre dernier, Lavagne a beaucoup ri en prenant connaissance du communiqué du ministère des sports, précisant qu’il « bénéficiera de son salaire jusqu’à la fin de son contrat », c’est-à-dire le 31 octobre prochain. « Depuis que je suis en poste, je n’ai pas été payé. On me doit douze mois de salaire. Je n’ai signé mon contrat d’un an – au lieu de deux comme cela était prévu - que le 4 juin. Je pense que je vais saisir rapidement la Fifa sur ma situation, qui n’est pas acceptable. »

Eto’o a-t-il joué un rôle ?

L’ancien entraîneur de Cotonsport Garoua, nommé en octobre 2011 par Mohammed Iya, le président de la Fecafoot, se présente « comme une victime collatérale des conflits entre la fédération et le ministère. Depuis des mois, j’entends dire qu’on me cherchait un successeur [les noms du Français Joël Muller et du Croate Robert Prosinecki ont circulé, NDLR]. »

Selon nos informations, Adoum Garoua aurait à plusieurs reprises exercé des pressions sur Mohammed Iya pour obtenir la tête de Lavagne avant le déplacement au Cap Vert. Et d’autres sources, qui préfèrent également rester anonymes, évoquent le rôle joué en coulisses par Samuel Eto’o, qui a décliné la convocation de Lavagne pour le match de Praia après avoir purgé sa suspension de huit mois.

« Il a des comptes à régler avec Iya et Rigobert Song, le team manager [lui-aussi très menacé, NDLR]. Et au sein du groupe, il y a des conflits extrasportifs entre les joueurs », affirme l’une d’elles, alors que Lavagne assure que « l’ambiance au sein du groupe est excellente. »

Pour Romarin Billong, l’ancien défenseur des Lions Indomptables, « le problème, ce n’est pas le sélectionneur. Denis Lavagne est critiqué, mais avec Paul Le Guen ou Javier Clemente avant lui, ce n’était pas mieux. Le Cameroun est dans une phase de transition générationnelle. Il y a de bons joueurs, mais ça ne fait pas une grosse équipe. Il y a trop d’attentes autour d’elle. C’est difficile de vivre le présent et de parler d’avenir quand on fait toujours référence au passé… »
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Cameroun

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Afrique du Sud : que nous apprend le scandale des "Spy Cables" ?

Des documents révélant les échanges entre les services secrets sud-africains et leurs homologues étrangers et publiés depuis lundi par la chaîne Al-Jazeera et le quotidien britannique The[...]

Cameroun : le marocain Cosumar choisi pour développer un nouveau complexe sucrier

Cosumar plantera de la canne à sucre et construira une raffinerie entre Batouri et Bertoua, à l’est du pays. Le leader marocain du sucre bat lors de l'appel d'offres le groupe français Somdiaa qui[...]

"Plus jamais Ebola..." : ce sera sans Manu Dibango

Manu Dibango s'est retiré d'un projet musical de sensibilisation à la lutte contre Ebola. Il n'aurait pas supporté que des personnes soient rétribuées pour ce projet censé être[...]

Boko Haram, une guerre qui coûte cher au Cameroun

Le nerf de la guerre contre Boko Haram est un souci de première importance au Cameroun.[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Boko Haram : la sale guerre a commencé

Composée des troupes du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad, la force régionale s'est lancée dans la bataille pour enrayer l'avancée de la secte jihadiste Boko Haram. Une course contre la[...]

Cameroun : Afriland First Bank ouvre une agence dédiée à la finance islamique

Le groupe bancaire camerounais vient d'ouvrir à Yaoundé sa première agence spécialisée dans la finance islamique et envisage une extension du réseau au reste du pays. Une première[...]

Boko Haram, la tactique du boucher

Le groupe islamiste agit-il en ordre dispersé ou suivant une véritable stratégie militaire ? De batailles en massacres, son organisation se dévoile peu à peu.[...]

Cartographie - Boko Haram sur les traces du califat de Sokoto ?

Les dirigeants de Boko Haram rêveraient-ils de faire revivre le califat de Sokoto, établi au XIXe siècle et disparu au moment de la colonisation britannique ? Leurs intentions ne sont pas claires.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120914154943 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120914154943 from 172.16.0.100