Khalil Chammam : "Si la violence continue, c’est que certains fuient leurs responsabilités".
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Khalil Chammam, le capitaine d’une Espérance de Tunis déjà qualifiée pour les demi-finales de la Ligue des Champions, estime son équipe capable de conserver son titre. Mais le défenseur international livre aussi ses vérités sur le football tunisien.
Jeune Afrique : L’Espérance de Tunis retrouvera en demi-finale soit le TP Mazembe, soit Al-Ahly. Conserver votre titre sera forcément compliqué…
Khalil Chammam : Bien sûr. On affrontera obligatoirement une des meilleures équipes d’Afrique. Nous avons une revanche à prendre sur le TP Mazembe depuis la finale de 2010 (0-5, 1-1). À ce niveau, toutes les équipes se valent (le dernier qualifié est Sunshine Stars du Nigeria). Peut-être que par rapport à Mazembe ou Al-Ahly, nous avons moins d’individualités. Des joueurs comme Banana ou Darragi sont partis en Europe. Mais je pense que notre effectif est plus équilibré.
Le football tunisien est gangréné par la violence. Lors du match de Ligue des Champions à Sousse (2-0, le 25 août), avez-vous craint pour votre sécurité ?
Oui, même si les policiers ont bien fait leur travail. Cette violence est un vrai problème. Rien n’est fait. L’État et les clubs devraient agir. Et si la violence continue, c’est que certains fuient leurs responsabilités. On joue nos matches de championnat à huis clos, et ce n’est pas idéal pour la motivation. C’est pénalisant pour les finances des clubs qui sont souvent en difficulté. On parle de professionnalisme en Tunisie, mais il n’y a pas les bases. On joue sur des terrains de mauvaise qualité, et le suivi des jeunes joueurs n’est pas satisfaisant. Dans les pays arabes, c’est toujours pareil. On se contente de ce qu’on a, alors qu’il faut se donner les moyens de réussir, et travailler davantage.
Malgré tout, l’équipe nationale parvient à obtenir de bons résultats…
C’est vrai. La sélection tunisienne fait partie des bonnes sélections africaines. Pas encore des meilleures. L’avantage que nous avons, c’est que l’effectif est jeune, et qu’il a encore le temps de travailler et de s’améliorer. Mais il faut être réaliste : nous avons encore du retard sur la Côte d’Ivoire ou le Ghana. Nous ne parviendrons à rivaliser avec les meilleurs sur la durée que s’il y a une stabilité au niveau du staff technique. On a des ambitions, celles d’aller à la CAN 2013 et à la Coupe du Monde 2014.
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Propos recueillis par Alexis Billebault

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