Extension Factory Builder
16/09/2012 à 14:05
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des militaires de la Cedeao. Des militaires de la Cedeao. © AFP

L’hypothèse d’une intervention militaire au Nord-Mali, avec le soutien de la Cedeao et des Nations Unies, est de plus en plus crédible. Le président par intérim, Dioncounda Traoré, a officiellement demandé l’assistance de l’organisation régionale et de l’ONU. Mais les contours de l’opération restent flous. Quelle intervention pour le Mali ? Exprimez-vous dans les commentaires.

Le mot n’est plus tabou. L’intervention au nord du Mali est sur toutes les lèvres. Elle est pourtant loin d’être clairement définie. Entre les volontés d’un exécutif malien repris en main par Dioncounda Traoré, les inquiétudes des Nations Unies, les plans imprécis de la Cedeao et l’influence persistante du capitaine Sanogo, les problèmes de forme font légion.

Ce qu’a demandé Dioncounda Traoré

C’est ce qu’attendait la communauté internationale. Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a officiellement demandé le soutien de l’ONU, le 30 août, puis, deux jours plus tard, de la Cedeao. « Dioncounda Traoré a écrit à Ban Ki-moon. Il demande au SG (secrétaire général) des Nations unies appui et accompagnement pour le Mali », a ainsi annoncé la présidence malienne sur son compte Twitter (@PresidenceMali).

Dioncounda Traoré a également envoyé au président ivoirien Alassane Ouattara une requête demandant à la Cedeao d’apporter un soutien militaire au Mali pour recouvrer l’intégrité de son territoire. L’aide devrait selon lui se limiter à la réorganisation des forces armées et de sécurité, l’envoi d’un détachement de fonctionnaires de police et d’équipements pour renforcer les capacités anti-terroristes de l’armée malienne. En revanche, il rejette la possibilité d’un déploiement à Bamako pour sécuriser les institutions de la transition.

Votre avis nous intéresse

Intervention d’envergure de la Cedeao ou opération limitée de soutien ? Les tractations vont bon train autour de la Cedeao qui tente d’accorder les acteurs de la crise malienne autour d’un plan d’intervention. Quelle est selon vous la meilleure solution pour le Mali ? Donnez votre avis dans les commentaires ou sur notre page Facebook.

Ce que veut le capitaine Sanogo

La probable intervention est d’une importance cruciale pour le chef de l’ex-junte, qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012. Il joue beaucoup sur ce dossier et d’abord son propre avenir. Son objectif : garantir à l’armée malienne la main mise sur les opérations et donc, de fait, limiter au maximum la présence de militaires de la Cedeao.

Le capitaine Sanogo s’est donc aligné en partie sur la demande de Dioncounda Traoré, par laquelle il a cependant été pris de court. Il accepte ainsi un soutien logistique et une assistance militaire, notamment dans le domaine des transports aériens. Il espère également bénéficier de la formation militaire de l’organisation régionale, en particulier en ce qui concerne les opérations anti-terroristes. Cependant, il refuse toute intervention directe de la Cedeao et a obtenu du président par intérim l’abandon de l’idée de faire sécuriser les institutions de la transition à Bamako par les forces régionales.

Ce que prépare la Cedeao

D'Abidjan à New-York

Les contours de l'intervention devraient se préciser sous peu. Lundi 17 septembre, les ministres de la défense, ministres des affaires étrangères ainsi que ceux de l’intégration africaine des différents pays membres de la Cedeao se réuniront à Abidjan. S'appuyant sur la rencontre des chefs d'état-major qui aura précédé la leur, les ministres tenteront de mettre au point un projet que les chefs d'État présenteront dès le lendemain, mardi 18 septembre, à New-York, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies.

C’est l’acteur clé de la situation. La Cedeao a reçu officiellement la demande du président par intérim, Dioncounda Traoré, et prépare un plan d’intervention. L’organisation a annoncé disposer d’une force en attente de 3 300 soldats et comptait les faire débarquer à Bamako pour renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité maliennes, soutenir les troupes dans la reconquête du Nord et apporter une aide humanitaire aux populations déplacées ou réfugiées. Ces soldats devaient également assurer la sécurisation des institutions de transition dans la capitale, une mission qui n’aura vraisemblablement pas lieu.

Tout l’enjeu pour la Cedeao est de renforcer les autorités civiles par rapport aux autorités militaires. Elle devra donc compter sur l’hostilité du capitaine Sanogo. Outre les tractations au sein de l’organisation, où le président en exercice, Alassane Ouattara, devrait jouer un grand rôle, c’est à New-York que devrait se jouer l’avenir de la future intervention. La Cedeao , qui n’a pas les moyens financiers d’assumer l’opération, a en effet besoin de l’appui de l’ONU, dont l’Assemblée générale se réunira le 18 septembre. Mais, jusqu’à présent, les propositions de l’organisation régionale ont laissé les chancelleries occidentales circonspectes. Trop imprécises.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Lutte contre Ebola : le Mali sera-t-il le 'troisième bon élève' ?

Lutte contre Ebola : le Mali sera-t-il le "troisième bon élève" ?

À en croire un expert français de retour de Bamako, les dix à quinze jours prochains détermineront si le Mali est capable de stopper l'épidémie d'Ebola. Ce qui fera de lui le "troisi&[...]

Ebola : chaque jour qui passe effrite l'espoir, dans quelle langue faut-il le dire ?

Une vingtaine d'artistes ouest-africains de renom se sont réunis pour interpeller les chefs d'État francophones sur la catastrophe que représente Ebola. Ils publient leur lettre ouverte dans Jeune Afrique.[...]

Mali : les rebelles passent de Ouaga à Niamey

En raison de la chute de Blaise Compaoré, les groupes rebelles maliens se sont retrouvés à Niamey avant la reprise des négociations à Alger.[...]

Nord-Mali : deux soldats tués et cinq autres blessés par une mine

Une voiture de l'escorte du ministre malien du Développement rural a sauté mardi sur une mine dans le nord du pays. Deux militaires ont été tués et cinq autres grièvement blessés,[...]

Ebola au Mali : nouveau cas positif, 310 personnes sous surveillance sanitaire

Un nouveau cas d'Ebola a été déclaré samedi au Mali et cette personne a été admise dans une unité de soins intensifs à Bamako, a indiqué un communiqué du[...]

Mokhtar Belmokhtar, "le Ben Laden du Sahara"

Le journaliste mauritanien Lemine Ould M. Salem publie une enquête sur le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar. Édifiant.[...]

Mali : IBK et le Boeingate, suite

Ibrahim Boubacar Keïta ne s'est toujours pas exprimé sur les soupçons de fraude qui le visent après la publication du rapport du Vérificateur général sur l'achat de l'avion[...]

Mali : en déplacement, IBK montre l'exemple dans la lutte contre Ebola

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s'est rendu lundi à Kourémalé, dans le sud du pays, près de la frontière avec la Guinée, pour une visite symbolique consacrée[...]

Ebola : vers la mise en place d'un cordon sanitaire pour contenir le virus ?

Après la confirmation des cas d'Ebola au Mali, pays voisin d'États touchés par l'épidémie, l'Union européenne et la Croix-Rouge internationale tentent de mettre en place un cordon[...]

Ebola : précautions et inquiétude chez les Français du Mali

Depuis l'annonce d'un cinquième cas d'Ebola au Mali, la communauté française, forte de 6.000 ressortissants et de 1.400 militaires, y observe avec inquiétude l'arrivée de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces