Les députés sénégalais ont adopté en urgence, mercredi 12 septembre au soir, des projets de loi prévoyant la suppression du Sénat et de la vice-présidence de la République. Les budgets de ces institutions - plus de 15 millions d'euros - doivent être redéployés, notamment pour aider les familles touchées par de récentes inondations catastrophiques.
Dans la soirée du mercredi 12 septembre, les députés sénégalais se sont réunis en plénière afin de voter des projets de lois très importants pour l’organisation des pouvoirs de la République. Adoptés à la majorité des présents, ceux-ci prévoient rien de moins que la suppression du Sénat et de la vice-présidence, deux institutions très décriées car elles coûtent beaucoup d’argent en ces temps de crise financière et de restrictions budgétaires.
« Le Sénat et la vice-présidence n'ont été d'aucune valeur ajoutée pour la démocratie sénégalaise », a déclaré à la presse un député de la majorité présidentielle, Moustapha Diakhaté. Les projets de lois seront prochainement présentés au Sénat, qui devra voter en quelque sorte son auto-dissolution, puis au Congrès, c’est à dire à la réunion des deux chambres de la représentation nationale. Enfin, ce sera au président de la République en personne, Macky Sall, de valider les modifications apportées par les élus.
Les 45 membres du Sénat étaient élus par les grands électeurs et 55 étaient nommés par le chef de l'État. Les élections prévues dimanche le 16 septembre pour renouveler cette chambre dont ont été de fait annulées.
Polémique
Le 29 août dernier, Macky Sall avait annoncé vouloir procéder à la suppression du Sénat pour redéployer son budget – pas loin de 8 milliards de F CFA ( plus de 12 millions d’euros) afin de lutter contre les inondations qui ont fait de nombreuses victimes ces dernières semaines au Sénégal.
Quant au poste de vice-président auquel était affecté un budget annuel de deux milliards de francs CFA (plus de 3 millions d'euros), il n'a jamais été occupé depuis sa création en juin 2009. L’institution avait été au cœur d’une immense polémique en juin 2011 quand l’ancien président, Abdoulaye Wade, avait essayé de faire adopter un projet de loi prévoyant qu'en cas de démission, d'empêchement définitif ou de décès en cours de mandat, le président de la République serait remplacé par le vice-président. Beaucoup avaient alors soupçonné Wade de vouloir nommer son fils et ministre, Karim Wade, à ce poste stratégique.
(Avec AFP)

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