Des manifestants yéménites ont pris d'assaut, jeudi 13 septembre, l'ambassade américaine à Sanaa. Comme en Libye et en Égypte, ils protestent contre la diffusion d'"Innocence of Muslims", un film anti-islam produit aux États-Unis. On compterait un mort parmi les assaillants.
La vague de colère provoquée par le film islamophobe « Innocence of Muslims » (« L'innocence des Musulmans »), à l'origine de l'attaque meurtrière contre le consulat américan de Benghazi, en Libye, continue de déferler dans le monde arabo-musulman. Dans la matinée du 13 septembre, plusieurs milliers de manifestants ont pris d'assaut l'ambassade des États-Unis à Sanaa, avant d'être dispersés par la police.
Les manifestants sont entrés dans l'enceinte de l'ambassade, aux cris de "O prophète, O Mohammad", et ont mis le feu à des véhicules diplomatiques qui y étaient stationnés. La police yéménite a réussi à les disperser après des échauffourées, évacuant les jeunes gens qui avaient pénétré à l'intérieur du bâtiment. La police, tirant en l'air et faisant usage de canons à eau, a réussi à disperser rapidement les manifestants, selon un correspondant de l'AFP sur place. Mais les protestataires sont revenus à la charge un peu plus tard et l'un d'eux été tué et cinq blessés par des tirs de la police qui les a empêchés de pénétrer de nouveau dans l'enceinte de la chancellerie, selon les services de sécurité.
La vidéo polémique diffusée sur internet, très dénigrante pour l'islam, a provoqué de vives réactions dans plusieurs pays arabes. En Libye, l'attaque du 11 septembre du consulat des États-Unis à Benghazi a coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur Chris Stevens. En Égypte, des heurts opposaient jeudi matin devant l'ambassade des États-Unis au Caire des manifestants égyptiens à la police.
Coopération
Le président égyptien, l'islamiste Mohamed Morsi, a condamné jeudi les « atteintes » contre le prophète Mahomet après la diffusion du film, tout en rejetant la violence. « Nous, les Égyptiens, nous refusons tout type d'agression ou d'insulte à notre prophète (...) » a déclaré M. Morsi dans une allocution diffusée par la télévision d'État. « J'appelle tout le monde à ne pas contrevenir à la loi en Égypte et (...) à ne pas agresser les ambassades », a-t-il ajouté.
Plus tôt jeudi, la Maison Blanche a indiqué que le président Barack Obama avait appelé les dirigeants d'Égypte et de Libye pour discuter de leur coopération dans le domaine de la sécurité après l'attaque de Benghazi et les manifestations du Caire.
M. Obama a demandé à la Libye de collaborer avec Washington afin d'arrêter et traduire en justice les auteurs des meurtres de l'ambassadeur américain et de trois autres Américains. Il a aussi pressé l'Égypte de respecter ses engagements en matière de protection des légations des États-Unis et de leur personnel.
(Avec AFP)

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