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13/09/2012 à 11:29
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M. Abou Chagour, Premier ministre libyen nouvellement élu, dans un contexte particulier. M. Abou Chagour, Premier ministre libyen nouvellement élu, dans un contexte particulier. © AFP

Malgré une atmosphère tendue en raison de l’attaque qui a eu lieu le 11 septembre contre l’ambassade américaine à Benghazi, l’élection du Premier ministre libyen a été maintenue mardi 12 septembre. C’est le technocrate Moustapha Abou Chagour qui a récolté les faveurs de l’Assemblée nationale libyenne.

Bientôt un an après la chute du régime de Mouammar Kaddafi, en octobre 2011, Moustapha Abou Chagour devra diriger la Libye au cours d’une nouvelle période de transition. Technocrate considéré comme proche des islamistes, il occupait le poste de vice-Premier ministre dans le gouvernement sortant. Exilé et formé aux États-Unis dans les années 80, où il a été diplômé en ingénierie électrique, cet opposant à Kaddafi avait rejoint le Front de salut national libyen (FSNL), une formation politique qui regroupait les opposants à la Jamahiriya à l'étranger.

L’élection, qui prenait donc place dans un contexte particulier, s’est jouée dans un mouchoir de poche. M. Abou Chagour, avec 96 votes en sa faveur, ne comptant que deux voix d’avance sur Mahmoud Jibril, leader de l’alliance des libéraux et favori pour le scrutin. L’ancien Premier ministre du CNT avait même devancé M. Abou Chagour au premier tour, empochant 68 voix contre 55 pour son rival. Le candidat des islamistes, Awadh al-Baraassi, jusqu’alors ministre de l’Électricité, s’est placé en troisième homme avec 41 voix.

Les 200 membres du Congrès général national (CGN), issu des législatives du 7 juillet dernier, devaient départager huit candidats. Chacun de ces derniers a bénéficié d'une séance de 90 minutes, dont la moitié consacrée à des questions-réponses avec les députés, diffusée en direct par la télévision libyenne, pour exposer ses idées.

Les programmes des candidats et les interventions des députés portaient principalement sur le thème de la sécurité et de l'intégration des ex-rebelles ayant combattu le régime Kaddafi. L’instauration d'une armée et d'une police professionnelle, ainsi que la surveillance des frontières revenaient avec insistance dans tous les programmes des candidats.

Un rapport de l’ONU rédigé fin août avait souligné que « la sécurité publique en Libye ne sera améliorée que si le nouveau gouvernement consent des efforts importants pour appliquer des réformes dans ce domaine ».

Élection endeuillée

L’attaque de l’ambassade américaine de Benghazi, berceau de la révolution libyenne, a fourni un exemple supplémentaire de ces problèmes de sécurité. Rappelons que Christopher Stevens, ambassadeur des Etats-Unis en Libye et trois fonctionnaires américains de l’ambassade ont péri au cours de l’attaque, œuvre d’hommes armés, qui pourraient être liés à Al-Qaïda.

Bien que cette attaque ait fait grand bruit et choqué l’opinion publique internationale, le CGN avait fait le choix de maintenir l’élection du Premier ministre ce 12 septembre.

L'économie, le volet social et la réconciliation nationale, étaient également des thèmes fréquemment abordés par les candidats. Ces derniers avaient tous convenus de la suppression des subventions portées aux produits alimentaires et au carburant, compensée par une hausse des revenus et la construction de logements sociaux.

Jusqu’alors, la mission du gouvernement de transition se cantonnait à la gestion des affaires courantes.

Vers un gouvernement d'union nationale ?

Dans ce contexte difficile, l'ONU a appelé le successeur d’Abdelrahim al-Kib à « former un nouveau gouvernement qui associe toutes les parties et qui recueille l'aval du peuple libyen. Ainsi, les problèmes immédiats pourront être effectivement abordés, surtout la difficile instauration d'institutions publiques solides et modernes, la collecte des armes et l'intégration des révolutionnaires dans les institutions chargées de la sécurité, autant d'éléments qui feront avancer le pays sur la voie de la démocratie, de la réconciliation nationale et de la stabilité ».

L'Alliance des forces nationales (AFN) de Mahmoud Jibril, qui regroupe une soixantaine de petits partis libéraux, reste toutefois dominante au sein de l’Assemblée générale puisqu’elle possède 39 sièges sur les 80 qu’ont reçus les partis politiques.

Le Parti de la justice et de la construction (PJC), incarnation libyenne des Frères musulmans est la deuxième force politique de la plus haute autorité du pays, avec 17 sièges à sa disposition. Les 120 sièges restants sont détenus par des indépendants, qui ont visiblement voté assez majoritairement pour les candidats issus de la mouvance islamiste.

(Avec AFP)

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