Cinq militants du Mouvement du 20 février, arrêtés après une manifestation pacifique le 22 juillet à Casablanca, ont été condamnés mercredi 12 septembre à des peines de prison ferme.
La répression continue à s'abattre sur les militants marocains du Mouvement du 20 février. Cinq jeunes, poursuivis pour « participation à une manifestation non autorisée », ont été condamnés mercredi 12 septembre à des peines de huit à dix mois de prison ferme par le tribunal de Casablanca.
« Trois ont été condamnés à 10 mois de prison ferme, deux à huit mois et une jeune femme, qui a comparu libre, a écopé de six mois avec sursis », a déclaré à l'AFP leur avocat Me Omar Bendjelloun. Ils ont également été condamnés à verser chacun 3 000 dirhams (environ 280 euros) à la partie civile. « C'est un verdict politique conforme à la stratégie répressive contre le Mouvement du 20 février. Nous allons faire appel de ce jugement indigne », a ajouté Me Bendjelloun.
Les cinq militants, maintenus en détention à Casablanca depuis le 22 juillet, date à laquelle ils avaient participé à une manifestation pacifique, ont affirmé au cours de précédentes audiences avoir été torturés par la police pendant leur période de garde à vue de 72 heures. Deux d'entre eux ont également accusé les policiers de les avoir violé avec un manche à balais au commissariat.
"Vive le peuple"
Le Mouvement du 20 février, né l'an dernier dans le contexte du Printemps arabe, revendique des réformes politiques profondes de la monarchie marocaine et une plus grande justice sociale.
Après le verdict, les familles des militants « sont rentrées dans une hystérie totale et la mère d'un détenu s'est même évanouie », selon un témoin. « Le juge n'a même pas terminé de prononcer le verdict que des dizaines de militants, présents au tribunal, ont commencé à crier "vive le peuple"», a-t-il ajouté.
Selon l'Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante), il y aurait près de 70 jeunes du Mouvement du 20 février actuellement en prison. Le 22 août, des dizaines de manifestants issus de ce mouvement, qui protestaient contre la bay'a, la cérémonie d'allégeance annuelle au roi Mohammed VI, ont été dispersés par la force à Rabat.
(Avec AFP)

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