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12/09/2012 à 12:11
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L'ambassadeur Christopher Stevens (D.), à côté de son homologue britannique, le 11 avril 2012. L'ambassadeur Christopher Stevens (D.), à côté de son homologue britannique, le 11 avril 2012. © Marwan Naamani

L'ambassadeur des États-Unis en Libye, Christopher Stevens, a été tué dans des circonstances troubles, pendant qu'une attaque était menée par des islamistes radicaux contre le consulat de Washington à Benghazi, dans la soirée du 11 septembre. Trois autres fonctionnaires américains sont morts, ainsi que plusieurs agents de sécurité libyens.

Mis à jour à 18h46.

L'ambassadeur des États-Unis en Libye et trois autres fonctionnaires américains ont été tués, mardi 11 septembre au soir, alors qu'une violente attaque était menée par des islamistes armés contre le consulat américain à Benghazi, en réaction à un film jugé insultant pour l'islam. « L'ambassadeur a été tué ainsi que trois autres fonctionnaires », a déclaré le vice-ministre de l'Intérieur, Wanis al-Charef. La mort de Christopher Stevens a été confirmée par un tweet du vice-Premier ministre libyen, Moustapha Abou Chagour.

Les circonstances de la mort de Christopher Stevens sont encore floues. Selon le président de la Haute Commission de sécurité à Benghazi, Fawzi Wanis, contacté par l’AFP, l'ambassadeur américain se trouvait au consulat au moment de l'attaque. La chaîne qatarie Al-Jazira affirme de son côté qu'il est mort par suffocation après l'attaque à la roquette d'hommes armés. D’après l’agence Reuters, qui cite un officiel Libyen, Christopher Stevens était en route pour Benghazi après avoir appris que des émeutiers avaient ouvert le feu contre le consulat américain - tuant un de ses employés - quand son véhicule aurait été visé par une attaque à la roquette.

Fief des islamistes radicaux

Selon des sources officielles libyennes, des manifestants armés, en majorité des salafistes, ont tiré des roquettes contre le bâtiment du consulat américain de Benghazi.

Selon des sources officielles libyennes, des manifestants armés, en majorité des salafistes, ont tiré des roquettes contre le bâtiment du consulat américain de Benghazi. L'attaque a également fait une dizaine de victimes - tuées ou blessées - parmi les agents de sécurité libyens qui protégeaient le bâtiment, a indiqué mercredi le représentant permanent adjoint libyen à l'ONU, Ibrahim Dabbashi.

L'assaut a été mené par des islamistes armés protestant contre un film qui, selon eux, offense l'islam. Intitulé « Innocence of Muslims » (« L'Innocence des musulmans » ), celui-ci a été réalisé et financé par un promoteur immobilier de nationalité israélo-américaine, Sam Bacile, qui a déclaré au quotidien américain Wall Street Journal : « l'islam est un cancer ». Des manifestations contre ce long-métrage ont également eu lieu devant l'ambassade américaine du Caire, où des protestataires ont remplacé le drapeau américain par un étendard islamique.

À Benghazi, des témoins ont indiqué que des manifestants ont arraché le drapeau américain et mis le feu au consulat. Des affrontements ont eu lieu entre des forces de sécurité et des hommes armés. L'un d'eux a indiqué à l'AFP que des salafistes se trouvaient parmi les assaillants et a décrit des actes de pillage et de vandalisme. Considérée comme un fief des islamistes radicaux, Benghazi, bastion de la révolution, a connu une vague de violences ces derniers mois, avec des attaques contre des Occidentaux et des assassinats d'officiers de l'armée ou de la sécurité.

Barack Obama a rapidement condamné l'assaut meurtrier contre le consulat de Benghazi, tout en dénonçant les attaques contre les croyances religieuses. « Je condamne fermement cette attaque scandaleuse contre notre mission diplomatique à Benghazi qui a coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur Chris Stevens [...] Les États-Unis rejettent les efforts visant à dénigrer les croyances religieuses des autres, et nous devons tous, de façon non équivoque, nous opposer à ce genre de violence insensée qui coûte la vie à des fonctionnaires », a-t-il souligné. Le chef de la Maison Blanche a également ordonné un renforcement des mesures de sécurité autour des représentations diplomatiques américaines à travers le monde.

Mitt Romney en profite

Cette attaque sanglante intervient en pleine campagne électorale aux États-Unis. Mitt Romney, candidat républicain et adversaire de Barack Obama, a publié un communiqué très critique sur la gestion par l'administration Obama des attaques contre l'ambassade américaine au Caire et le consulat de Benghazi. « Je suis scandalisé par les attaques contre les missions diplomatiques américaines en Libye et en Égypte et par la mort d'un agent du consulat américain à Benghazi. Il est scandaleux que la première réponse de l'administration Obama n'ait pas consisté à condamner les attaques mais plutôt à sympathiser avec ceux qui ont les ont menés. »

L'équipe de campagne d'Obama a riposté aux accusations de Mitt Romney : « Nous sommes choqués par le fait que le gouverneur Romney lance une attaque sur le terrain politique au moment où les États-Unis d'Amérique font face à la mort tragique d'un agent diplomatique en Libye », a déclaré Ben LaBolt, le porte-parole du candidat démocrate.

Une présentation de l'ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens :

(Avec AFP)

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