Extension Factory Builder
11/09/2012 à 19:27
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les défis qui attendent le gouvernement Benkirane sont nombreux. Les défis qui attendent le gouvernement Benkirane sont nombreux. © AFP

Grogne sociale, indicateurs économiques en berne et fortes dissensions au sein de la coalition au pouvoir... Alors que le gouvernement de Abdelilah Benkirane effectue sa première rentrée politique, les défis auxquels il doit faire face se multiplient.

Moins d'un an après leur succès historique aux législatives, dans la foulée de l'adoption d'une nouvelle Constitution sous l'impulsion du roi Mohammed VI, les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD), doivent composer avec un contexte économique peu favorable.

Le temps semble désormais révolu où le Maroc bénéficiait d’une croissance de son PIB relativement forte. Ces dernières années, elle oscillait entre 4 et 5%. En début d’année encore, dans son discours de politique générale, le Premier ministre misait sur un taux de l’ordre de 5,5% pour 2012.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Au printemps dernier, le Haut-commissariat au Plan (HCP) avait déjà divisé par plus de deux la prévision de M. Benkirane. L’instance tablait sur une croissance de 2,4%.

Lutte contre les déficits

Cette faible croissance ne fait que nourrir les spéculations sur l'ampleur du déficit public du royaume chérifien. Vendredi dernier, le ministre de l'Économie et des Finances, Nizar Baraka, s’est attelé à nier catégoriquement les rumeurs sur l’existence d'un déficit abyssal à 9%. Il en a profité pour répéter à qui voulait l’entendre que son objectif était de ramener le déficit à 5% (il était supérieur à 6% en 2011).

Pour s’attaquer à ces défis économiques, la coalition au pouvoir a organisé, vendredi dernier, une réunion sur la « rentrée politique et sociale ». L’agence de presse MAP précise que les secrétaires généraux des quatre partis de la majorité - dont le PJD et l'Istiqlal (du courant nationaliste) - ont principalement abordé la question de la « maîtrise du déficit budgétaire ».

Dans ses lettres de cadrage budgétaire, adressées fin août aux différents ministères, M. Benkirane a mis l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre une « gestion vigilante de la dette ». Soulignant que la préparation du budget 2013 prenait place « dans un contexte difficile », le Premier ministre a évoqué deux réformes importantes et douloureuses pour l’année à venir. D’une part, le gouvernement doit procéder à une réforme des retraites. En second lieu, le système de la « caisse de compensation », qui assure à grands frais la subvention des produits de première nécessité, devra lui aussi être revu.

Le FMI en soutien

Dans ce contexte pour le moins maussade, le Fonds monétaire international (FMI) a préféré joué la prudence, procédant à l'ouverture d'une ligne de crédit « de précaution » en faveur du Maroc. Dotée de 6,2 milliards de dollars, elle visera essentiellement à protéger le royaume contre les « chocs extérieurs », c'est à dire contre les possibles répercussions du ralentissement de l’économie mondiale sur celle du royaume.

À Rabat, les manifestations de diplômés qui n’arrivent pas à trouver un emploi se succèdent, presque jour après jour.

Le chômage des jeunes, qui s’élèverait à 30%, représente un autre problème majeur au Maroc. À Rabat par exemple, les manifestations de diplômés qui n’arrivent pas à trouver un emploi se succèdent, presque jour après jour.

Mais la grogne sociale n’est pas l’apanage de ces jeunes chômeurs. À preuve, un appel à manifester a été lancé cet été avec comme revendication-phare la dénonciation de « la cherté de la vie ». Le prix de l'essence avait augmenté de 20% dans les semaines précédents le mouvement.

Alors qu’il a d’autres dossiers brûlants (tourisme, éducation nationale, régionalisation) entre les mains, le gouvernement Benkirane place beaucoup d’espoirs dans le dialogue social. À ce titre, plusieurs rencontres sont prévues cette semaine entre le chef du gouvernement et les organisations syndicales du royaume. Le Premier ministre a également prévu de s’exprimer devant la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Lutte de pouvoir

Jusque-là, Benkirane a réussi à surmonter provisoirement la plupart des difficultés. Un diplomate confie ainsi à l’AFP que, « depuis son entrée en fonctions, le Premier ministre a bien occupé l'espace médiatique, et il a plutôt bien manœuvré jusque-là malgré quelques sujets épineux ».

Cependant, comme si les chantiers mentionnés plus hauts ne suffisaient pas, il est également confronté à d’importantes dissensions politiques internes. L'interdiction, fin août, d'une cérémonie de clôture du congrès de la jeunesse du PJD sur une place de Tanger a marqué le début du refroidissement des relations entre Benkirane et le ministre de l'Intérieur, Mohand Laenser (qui n’est pas issu du PJD mais du Mouvement populaire, un parti de centre droit). Les luttes de pouvoir au sein et hors du gouvernement n’ont fait qu’exacerber ces tensions.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Sondage : faut-il reporter la CAN 2015, la déplacer ou l'annuler à cause d'Ebola ?

Sondage : faut-il reporter la CAN 2015, la déplacer ou l'annuler à cause d'Ebola ?

Se jouera-t-elle ou pas ? À quelle date ? Où ? Les rumeurs vont bon train au sujet de la Coupe d'Afrique des nations, prévue en janvier 2015 au Maroc mais menacée par l'épidémie d'Ebola.[...]

Terrorisme : les autorités françaises ont-elles encore commis une bourde ?

Après l'affaire des trois présumés jihadistes français de retour de Turquie attendus par la police à l'aéroport d'Orly et finalement descendus sans être[...]

Genel Energy annonce une découverte de pétrole au large du Maroc

L'opérateur pétrolier britannique Genel Energy et ses partenaires ont annoncé ce lundi la découverte de pétrole à 3 000 mètres de profondeur, au large des côtes du Maroc. La[...]

"Sale Marocain !"

Il existe aux Pays-Bas une institution nommée "Kinderombudsman", qui est chargée de veiller sur la bonne santé des enfants du pays, ou plutôt sur leur "bien-être". Par[...]

Algérie-Maroc : Rabat accuse l'armée algérienne d'avoir ouvert le feu sur des civils marocains

Le Maroc a dénoncé un "acte irresponsable" et sommé l'Algérie de s'expliquer après des coups de feu tirés, samedi, à la frontière entre les deux pays.[...]

Maroc : quand Mohammed VI charge les pays occidentaux

Extrêmement sévère à l'égard des anciennes puissances coloniales, la dernière allocution de Mohammed VI devant l'Assemblée générale des Nations unies a[...]

Le Maroc dément les "rumeurs" d'annulation de la CAN 2015

Alors que de nombreux médias annoncent la décision du Maroc de ne pas organiser la CAN 2015, prévue du 17 janvier au 8 février, Mohamed Ouzzine, le ministre des Sports du royaume, a démenti ce[...]

Affaire "Madinat Badès" : tout savoir sur le scandale qui éclabousse la CGI

Suspendu de la cote à la Bourse de Casablanca, le promoteur immobilier marocain CGI vit l'un des moments les plus difficiles de son histoire. Décryptage.[...]

Carte interactive : ces événements menacés ou annulés à cause d'Ebola

Depuis le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, en décembre 2013, une dizaine d'événements ont été annulés sur le continent. D'autres, censés se[...]

CAN 2015: l'Algérie et le Cap-Vert ont leur billet pour le Maroc

La quatrième journée des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations 2015 a eu lieu mercredi. En voici les résultats.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers