Extension Factory Builder
11/09/2012 à 13:41
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dominique de Villepin a été entendu dans une nouvelle affaire. Dominique de Villepin a été entendu dans une nouvelle affaire. © AFP

L’ancien ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin est une nouvelle fois au centre de l'actualité judiciaire en France. Placé en garde à vue, et entendu par des enquêteurs dans le cadre de "l’affaire Relais et Châteaux", il est soupçonné d'avoir menacé plusieurs témoins encombrants afin de protéger un de ses proches.

Dominique de Villepin a été mis en examen et placé en garde à vue dans le cadre d'une affaire pour abus de confiance et escroquerie, le 11 septembre à Paris, par les gendarmes. L’ancien Premier ministre a été sommé de s’expliquer sur le rôle qu’il a tenu dans le « dossier Relais et Châteaux ».

"L’affaire Relais et Châteaux"

Le président et fondateur du parti République solidaire, qui n’a pu se présenter à la présidentielle française d’avril dernier, faute de parrainages suffisants, est l’un des meilleurs amis de l’ancien président de Relais et Châteaux, Régis Bulot, incarcéré depuis novembre dernier dans le cadre de l'affaire du même nom, rapporte Le Monde. M. Bulot, âgé de 64 ans, a été mis en examen pour abus de confiance, escroquerie en bande organisée et blanchiment d’argent. Il est soupçonné d’avoir détourné 1,6 million d’euros au sein de la chaîne d’hôtels de luxe et de restaurants gastronomiques, entre 2002 et 2008. Ces sommes auraient été reversées en liquide par des fournisseurs à qui des prestations avaient été surfacturées.

Le système de surfacturation était en fait bien rôdé : comme le détaille le quotidien français, M. Bulot aurait instauré un système de commissions occultes pour l’impression du guide de la prestigieuse enseigne, publié chaque année.

Pressions

Craignant que l’arrivée d’un nouveau président à la tête du groupe en 2006 ne fasse resurgir ces combines douteuses, M. Bulot aurait demandé de l’aide à son vieil ami. Ce dernier aurait alors fait pression sur le nouveau président du groupe, Jaume Tapiès, afin qu’il se fasse discret sur cette affaire. L’opération aurait été un succès puisque le 12 janvier 2010, au cours d’une conversation téléphonique, relatée par Le Monde, l’ancien Premier ministre se vantait auprès de son ami d’ « avoir fait une trouille dix fois au-dessus de ce qu'ils imaginaient » à la nouvelle équipe dirigeante de la chaîne hôtelière.

Mais le nouveau président de la chaîne hôtelière aurait également fait des confidences à M. de Villepin, ce qui lui fera dire, au cours de la même conversation : « Ce qu'ils m'ont dit, permet de faire le plus gros feu d'artifice des prochaines années, à supposer que l'affaire Clearstream s'arrête. » L’ancien premier Ministre aurait lâché à Jaume Tapiès : « Si un jour on s'intéresse à savoir quel est l'homme politique qui a couché avec qui dans quelle chambre, vous êtes morts... ».

Cette déclaration renvoie à un second volet de l’affaire : les généreuses gratifications accordées par la chaîne d’hôtels de luxe à ces plus généreux clients. Le Monde évoque des nuitées gratuites, gracieusement accordées à Xavier Darcos, ancien ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie notamment. Sans surprise, M. Bulot jure que son ami M. de Villepin n’a, pour sa part, jamais bénéficié de tels avantages.

Une vieille connaissance des parquets

Reste à voir quel est le degré d’implication M. de Dominique de Villepin dans le dossier. Les menaces semblent en effet être allées très loin puisqu’un restaurateur du groupe, Alain Ducasse, serait allé jusqu’à déclarer au cours d’une conversation téléphonique qu’il fallait « vite couper la tête » au successeur de M. Bulot.

Dominique de Villepin est un habitué des affaires judicaires. Relaxé dans l’affaire Clearstream, qu’il décrit comme une « chasse à l’homme » menée par Nicolas Sarkozy, l’ancien ministre des Affaires étrangères a également été cité dans l’affaire Bourgi, et accusé par Ziad Takieddine d’avoir tenu un rôle important dans l’organisation des réseaux chiraquiens qui avaient pour mission de récolter l’argent des rétro-commissions du contrat Agosta.

(Avec agences)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Dans ce quatrième billet consacré au déclenchement du génocide des Tutsis de 1994, Laurent Touchard* poursuit l'analyse des éléments brandis par les ex-partisans des Forces armées r[...]

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Inde : qui brisera la vague safran ?

Personne, sans doute. Face à un parti du Congrès à bout de souffle, les nationalistes hindous du BJP, qui ont choisi cette couleur pour emblème, ont toutes les chances de remporter les[...]

Le propos raciste qui fait du bien

Peut-on utiliser les clichés pour mieux les dynamiter ? Des étudiants français répètent les saillies caractéristiques du racisme ordinaire pour en souligner[...]

Justice : après Simbikangwa, qui ?

Patrick Baudouin est président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).[...]

Birmanie: Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie, est décédé

Win Tin, emprisonné pendant 19 ans pour son combat contre l'ancienne junte birmane, est décédé lundi à l'âge de 84 ans, a indiqué la Ligue nationale pour la démocratie[...]

Les quatre journalistes otages en Syrie sont de retour en France

Libérés le 19 avril, les quatre journalistes qui avaient été faits otages en Syrie dix mois auparavant ont regagné la France dimanche. Ils ont décrit des conditions de détention[...]

France : François Hollande accueille les quatre journalistes libérés en Syrie

Les quatre journalistes français libérés samedi après dix mois d'une éprouvante captivité en Syrie aux mains d'un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda, sont arrivés en[...]

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont libres, retour d'ici dimanche matin

Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis 10 mois ont été libérés samedi et sont "en bonne santé", a annoncé le président François Hollande,[...]

Chine : le baiser du Dragon

De Taïwan à Hong Kong et de Bangkok à Jakarta, la République populaire de Chine étend les tentacules de son économie surpuissante. Beaucoup lui reprochent d'avoir l'affection un brin[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces