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11/09/2012 à 12:40
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Abdou Mbaye s'est adressé à l'Assemblée nationale le 10 septembre. Abdou Mbaye s'est adressé à l'Assemblée nationale le 10 septembre. © AFP

S’adressant devant l’Assemblée nationale le 10 septembre, Abdoul Mbaye a confirmé la détermination du gouvernement sénégalais à procéder à la restitution des "biens mal acquis" et des sommes détournées durant la présidence d’Abdoulaye Wade.

Abdoul Mbaye, Premier ministre sénégalais, a assuré le 10 septembre que son gouvernement était « résolu » à faire restituer les biens de l'État « détournés » au cours des douze années de pouvoir de l’ancien président, Abdoulaye Wade.

"Financer des projets prioritaires"

« C'est au nom de ce principe [de transparence] que nous avons engagé des audits pour faire l'état des lieux sur la situation de notre pays à fin mars 2012. (...) La restitution des avoirs détournés de leur destination initiale permettrait de constituer des ressources pour financer des projets prioritaires », a poursuivi le Premier ministre à l’occasion de son discours de politique générale adressé à l'Assemblée nationale.

« C'est une action dans laquelle le gouvernement s'est engagé de manière résolue. Il reviendra à la Justice, dans tous les dossiers en cause, de dire le droit, en toute indépendance », a promis M. Mbaye, nommé début avril Premier ministre par le président Macky Sall.

Le 25 mars dernier, Macky Sall a en effet remporté le second tour de l’élection présidentielle face au vétéran Abdoulaye Wade, qui a été à la tête du pays de 2000 à 2012.

"L’ancien régime" dans l’œil du cyclone.

Créée au début des années 1980 sous le président Abdou Diouf (1980-2000), la Cour de répression de l'enrichissement illicite était depuis quelque peu tombée en désuétude au cours des années Wade. Cependant, les nouvelles autorités sénégalaises ont réactivé la Cour avec l’objectif de récupérer l'argent public qui a été spolié et les biens mal acquis et d’engager des poursuites à l’encontre des auteurs de détournements.

Dans l’affaire des biens mal acquis, des dignitaires du « clan Wade » sont accusés d’avoir détourné de l’argent public afin de procéder à un « enrichissement illicite ». Karim Wade, le fils de l’ancien président, a notamment été entendu parce qu'il est soupçonné d’avoir détourné des deniers publics à des fins personnelles, alors qu’il était à la tête du ministère de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Énergie.

Le président actuel du Sénat et ancien maire de Dakar, Pape Diop, qui s’est constitué une fortune colossale au cours de ses mandats, est également dans le viseur de la justice sénégalaise.

Des enquêtes portant sur des « enrichissements illicites » ont donc récemment conduit à l’audition de plusieurs personnalités de l'ex-pouvoir sénégalais. Par ailleurs, d'anciens directeurs et des responsables de sociétés publiques ont également été entendus par la justice.

Initiative Star

Dakar a fait appel à la Banque mondiale (BM) dans le cadre de l'initiative Star (Stolen Assets Recovery, pour la restitution des avoirs volés). Cette dernière, qui a vu le jour en 2007, est le fruit d’un partenariat entre la BM et l'Office des Nations unies contre la drogue et la criminalité (ONUDC).

L’initiative Star a pour but d’apporter de l’aide aux pays en développement à travers trois axes : assistance pour récupérer les avoirs volés par des dirigeants corrompus d’une part ; veiller à ce que les fonds restitués soient affectés à des programmes de développement efficaces, et, enfin, lutter contre l'existence de refuges internationaux pour les receleurs en fuite.

Au cours de son intervention devant l’Assemblée nationale, Abdoul Mbaye en a également profité pour communiquer les prévisions de croissance pour 2012 : un taux de croissance de 3,9% est attendu cette année, ce qui représenterait une hausse de 1,3 point par rapport au taux de 2011, qui était de  2,6%. Le Premier ministre a aussi fait part du dépôt d'un projet de loi de finances rectificative pour « la réduction, voire la suppression » des dépenses de l'État considérées comme « non prioritaires ». Ces propos entrent en écho avec la récente proposition de Macky Sall de supprimer le Sénat afin de réaffecter le budget de l’institution à la lutte contre les inondations qui ont frappé le Sénégal en août dernier.

(Avec AFP)

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