Extension Factory Builder
10/09/2012 à 17:43
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Nabil Mekloufi, l'un des chefs d'Al-Qaïda au Sahel, a perdu la vie ce week-end. Nabil Mekloufi, l'un des chefs d'Al-Qaïda au Sahel, a perdu la vie ce week-end. © DR

Nabil Makloufi, chef adjoint d’Aqmi pour la région du Sahel, a trouvé la mort samedi soir dans un accident de voiture dans le nord du Mali. L’Algérien semblait appelé à prendre prochainement du galon.

On l’aurait plus sûrement imaginé mourir les armes à la main, « en martyr ». Finalement, c’est un banal accident de voiture qui aura eu raison de Nabil Makloufi, chef adjoint d’Al-Qaïda au Sahel. « Nabil Makloufi a été rappelé à Dieu samedi soir. Il est mort avec d'autres "frères" dans un accident de voiture entre Gao (nord-est) et Tombouctou (nord-ouest) », au Mali, a précisé un responsable d’Aqmi pour la région de Gao à l’AFP.

Un responsable du groupe Ansar Dine à Tombouctou a confirmé l’information et précisé que c’était Nabil Makloufi lui-même qui était au volant du véhicule lorsque l'accident est survenu. L’information relatant la mort de l’Algérien a également été relayée par Sahara Medias. Ce site privé mauritanien d'information est généralement bien au fait des activités des groupes armés dans le nord du Mali. D’après le site, l'accident a eu lieu « à quelque 200 kilomètre à l'ouest de la ville de Gao ».

Le djihadiste était davantage connu sous le nom de Nabil Abou Alqama, pseudonyme qu’il avait adopté pour la lutte armée. Il coordonnait les actions d'Al-Qaïda dans le nord du Mali, zone au centre des attentions depuis qu’elle est tombée aux mains des islamistes, il y a plus de cinq mois. Sahara Medias rapporte que le quadragénaire occupait le poste de chef adjoint d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour la zone du Sahara.

Il avait débuté sa « carrière » au sein des GIA (Groupe islamiste armé) dans son pays natal avant de rejoindre le GSPC algérien (Groupement salafiste pour la prédication et le combat), précise Le Matin DZ. La radio RFI rapporte quant à elle que Nabil Mekloufi avait été arrêté par les services secrets algériens il y a quelques années mais avait réussi à s’échapper avant de prendre les chemins du maquis.

Katibas rivales

Il a ensuite gravi progressivement les échelons au sein d’Aqmi (nouvelle appellation adoptée par le GSPC à partir de 2007 après son ralliement à Al-Qaïda) jusqu’à devenir, il y a trois ans, l’homme chargé par Abdelmalek Droukdel de coordonner les différentes katibas dans la zone saharienne. Avant leur réunification, qu’il a amorcée, les différents groupuscules se livraient une lutte sans merci pour la prise d’otage. Certains experts estiment toutefois que l’Algérien a plutôt échoué dans la mission qui lui avait été fixée et que les katibas, loin d’être unies, sont toujours en situation de rivalité.

D'après plusieurs services de sécurité au Sahel, Nabil Makloufi était également le gestionnaire des stocks de l'armement d'Aqmi au Sahel, notamment des explosifs. Il occupait aussi la fonction de chef du Nord-Mali pour la libération d'otages européens, en relation avec les chefs des katibas (unités combattantes) qui les détiennent.

Négociations et formations

L’autorité de Nabil Makloufi était d’ailleurs acceptée par les chefs de katibas tels qu’Abou Zeïd et Mokhtar Belmokhtar. Un ancien médiateur malien, qui aurait travaillé « sur un dossier » avec l’Algérien, relate que ce dernier participait directement aux négociations pour fixer le montant des rançons des otages. Par ailleurs, il incombait également à Nabil Makloufi de s’occuper de la formation des jeunes recrues d’Aqmi.

Le Matin DZ fait état de plusieurs sources qui avançant que Nabil Makloufi serait prochainement désigné « émir du Sahara », autrement dit, numéro un d’Al-Qaïda au Sahel. Son décès pourrait donc poser de sérieux problèmes d’organisation à la nébuleuse terroriste alors qu’une intervention armée de la Cedeao se profile à l'horizon.

(Avec agences)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Terrorisme : ouverture à Paris du procès de Gilles Le Guen, jihadiste français arrêté au Mali

Terrorisme : ouverture à Paris du procès de Gilles Le Guen, jihadiste français arrêté au Mali

Gilles Le Guen, jihadiste français présumé, a été arrêté en avril 2013 par les forces spéciales françaises au Mali. Il comparaît lundi et mardi devant le tribuna[...]

Mali : manifestations à Bamako pour la paix

Plusieurs milliers de personnes ont participé samedi à Bamako à un meeting pour la paix dans le nord du Mali, quelques heures après une marche pour soutenir la "libération" de[...]

Mali : marche à Bamako pour soutenir la libération de Ménaka, reprise aux rebelles

Plusieurs centaines de personnes ont marché samedi à Bamako pour soutenir la libération de Ménaka, ville du nord-est du Mali reprise le 27 avril à la rébellion par un groupe armé[...]

Mali : au moins 10 rebelles et 9 militaires tués dans les combats à Léré

Les violents combats qui ont opposé l'armée malienne à des rebelles, mercredi à Léré, dans le centre du pays, ont fait 19 morts et une vingtaine de blessés, selon un bilan[...]

Crise malienne : affrontements meurtriers entre armée et rebelles près de la frontière mauritanienne

Des combats ont opposé mercredi, pour la première fois depuis 2014, rebelles et armée malienne près de la frontière mauritanienne. Quelques heures plus tôt, une attaque surprise[...]

Nord du Mali : deux soldats et un enfant tués dans une attaque à Goundam

Des sources concordantes ont annoncé mercredi la mort de deux membres de la garde nationale malienne et d'un enfant à la suite d'une attaque perpétrée par des hommes armés à Goundam, dans[...]

Mali - Fahad Ag Almahmoud (Gatia) : "Notre occupation de Ménaka n'a pas été préparée"

Le Gatia a repris lundi la ville de Ménaka aux rebelles du MNLA qui la contrôlaient depuis près d'un an. Joint par téléphone, Fahad Ag Almahmoud, le secrétaire général de[...]

Mali : le Gatia prend le contrôle de Ménaka

Le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) - proche du pouvoir malien - a pris lundi le contrôle de Ménaka, dans le nord du Mali, selon l'AFP. Une localité jusqu'ici partiellement[...]

Les mystères de la Corsafrique

Feliciaggi, Tomi, Pasqua, Foccart, Bongo Ondimba, Sassou Nguesso, IBK... Bienvenue en Corsafrique ! Dans son numéro double, "Jeune Afrique" consacre une enquête à l'ascension des Corses en Afrique,[...]

Abdoulaye Diop : "La paix pour le Mali passe par l'accord d'Alger"

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, revient sur le préaccord d'Alger que la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) refuse toujours de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120910164443 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120910164443 from 172.16.0.100