Extension Factory Builder
10/09/2012 à 11:24
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président tunisien Moncef Marzouki à Tunis, le 30 juillet 2012. Le président tunisien Moncef Marzouki à Tunis, le 30 juillet 2012. © AFP

Dans un entretien au figaro.fr, publié dimanche 9 septembre, le président tunisien Moncef Marzouki a tenu à minimiser la montée de l'islamisme dans son pays, dont il déplore l'image qu'en véhiculent les médias français.

La Tunisie « n'est pas en train de basculer dans l'islamisme à outrance ». Dimanche, Moncef Marzouki est monté au créneau pour dédramatiser la période troublée que traverse son pays. Dans un entretien accordé au site internet du quotidien français Le Figaro, le président tunisien s'est dit « scandalisé » et « blessé » par l'image de son pays véhiculée en France.

« La situation est difficile, complexe (...) mais la Tunisie n'est pas en train de basculer dans l'islamisme à outrance. Prétendre cela relève du fantasme », a déclaré M. Marzouki, alors que les incidents liés à la mouvance radicale salafiste se sont multipliés au cours des derniers mois.

« J'aime la France, mais je suis accablé, scandalisé, blessé, indigné par l'image qu'on y donne de la Tunisie, à savoir un pays qui va basculer dans l'escarcelle de l'islamisme, qui est sur le point de verser dans le salafisme », a-t-il déploré.

Le moindre petit incident, qui n'a strictement aucun impact sur la société tunisienne, est grossi...

« Le moindre petit incident, qui n'a strictement aucun impact sur la société tunisienne, est grossi, comme cette malheureuse attaque d'un élu français qui a déclenché un branle-bas de combat médiatique. Je ne veux pas dire que ce n'est pas un acte condamnable, mais il y a des millions de touristes en Tunisie et ils ne sont jamais agressés », a-t-il souligné.

De fait, un élu régional socialiste français a porté plainte après avoir été violemment agressé mi-août à Bizerte (nord) par des salafistes, alors qu'il se trouvait en vacances avec sa famille. Tunis avait présenté ses excuses à l'élu, Jamel Gharbi. « Ces incidents sont insignifiants pour ce qui est de leur capacité à transformer la société tunisienne, mais ils sont malheureusement hypersignifiants par leur capacité de nuisance sur l'image de la Tunisie », a estimé M. Marzouki.

Tensions avec Ennahdha

Interrogé d'autre part sur une « dérive autoritaire » du parti islamiste Ennahdha, qui domine le gouvernement et l'Assemblée constituante en Tunisie, M. Marzouki, membre d'un des deux partis de gauche alliés aux islamistes, a évoqué une « tentation » et une « tentative » de « mainmise sur un certain nombre de rouages de l'État ». Mais « dès qu'on les met en garde, ils reculent », a-t-il poursuivi.

« La troïka au pouvoir fonctionne », a-t-il aussi assuré. « Évidemment, il y a des tensions, des crispations, mais c'est naturel (...) Des laïcs de gauche avec des islamistes conservateurs, ce n'est pas évident », a-t-il concédé.

Après les premières élections libres en Tunisie, en octobre 2011, le parti vainqueur Ennahdha s'est allié avec le Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste, fondé par M. Marzouki), et Ettakatol (gauche). « Le projet d'une société pluraliste, tolérante, où la femme est l'égale de l'homme, une société ouverte sur le monde tout en étant attachée à ses racines n'est pas remis en cause par Ennahdha, mais par sa fraction d'extrême droite qui est très minoritaire dans le pays, c'est-à-dire les salafistes. Ce projet est également attaqué par une infime minorité d'extrême gauche qui voudrait nous ramener à la révolution culturelle », a estimé M. Marzouki. « Jamais les libertés n'ont été autant protégées dans ce pays », a-t-il affirmé.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : faible participation à la présidentielle

Tunisie : faible participation à la présidentielle

À la mi-journée, le taux de participation à la présidentielle tunisienne était de 11,85 %. Un faible intérêt de la population pour le scrutin, qui ne lui enlève pas son caract[...]

Tunisie : ouverture des bureaux de vote pour une présidentielle historique

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dimanche en Tunisie pour la première présidentielle libre de son histoire, près de quatre ans après la révolution de janvier 2011 qui lança le[...]

Une Tunisienne remporte le concours "Miss monde Muslimah" en Indonésie

Une informaticienne tunisienne, Fatma Ben Guefrache, a remporté vendredi en Indonésie l'élection de "Miss monde Muslimah", présentée comme une riposte aux concours de beauté[...]

La Tunisie vote pour sa première présidentielle de l'après-révolution

La Tunisie organise dimanche sa première élection présidentielle pluraliste et espère franchir sans accroc cette nouvelle étape de sa transition vers la démocratie, jusqu'ici[...]

Fin de campagne présidentielle tendue en Tunisie

La campagne pour le scrutin présidentiel du dimanche 23 novembre s'est achevée en Tunisie dans un climat délétère. Pourtant, selon la Constitution, les prérogatives du chef de[...]

Tunisie : Ben Ali, Leïla et le 14 janvier

Depuis son exil en Arabie saoudite, le président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali finalise la rédaction de ses Mémoires. Sa version de la journée du 14 janvier 2011 est attendue avec[...]

Tunisie : Abdelfattah Mourou au Perchoir ?

Pendant que la Tunisie se focalise sur le premier tour de l'élection présidentielle du 23 novembre et que l'ultime séance de l'Assemblée nationale constituante (ANC) mettra un terme le[...]

Tunisie : Slim Chiboub, le gendre de Ben Ali, placé sous mandat de dépôt et écroué

Slim Chiboub, le gendre du président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali, est arrivé en Tunisie mardi matin pour s'expliquer devant la justice de son pays. Il a finalement été[...]

Tunisie - Larbi Chouikha : "Nida Tounes n'a pas gagné"

Au-delà des résultats du scrutin, ce politologue, membre de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, se projette dans l'après-présidentielle et esquisse les différents scénarios[...]

Tunisie : un scrutin historique !

Remportées par les modernistes de Nida Tounes, les élections législatives du 26 octobre auront scellé la seconde alternance politique en trois ans. Et confirmé l'enracinement de la[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers