Extension Factory Builder
07/09/2012 à 17:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La Tunisie serait le pays africain qui utilise le plus efficacement Internet. La Tunisie serait le pays africain qui utilise le plus efficacement Internet. © AFP

La Tunisie n’est pas le pays africain le plus connecté du continent mais il est en revanche celui qui utilise le mieux la technologie de l’internet, selon une étude réalisée par la World Wide Web Foundation. Loin derrière la Suède, en tête du classement, les pays africains progressent mais pâtissent encore du coût de l’accès au haut débit et de la censure.

Le premier pays africain, la Tunisie, ne prend que la 30è place, sur 61 pays, dans le classement mondial publié par la World Wide Web Foundation. Mais, cette étude, dirigée par le principal inventeur du Web, Sir Tim Berners-Lee, et qui mesure l’impact d’Internet, a le mérite d’aller plus loin qu’un simple classement de pays selon le nombre de personnes connectées et relève un certain nombre de points prometteurs pour l’Afrique.

Des connectés de plus en plus nombreux

Le continent africain se distingue également par une augmentation des connexions très importante. Selon une étude du site Internet World Stats sur l’année 2011, le nombre d’utilisateurs d’Internet y est passé de 45 millions en 2000 à 139,9 millions en 2011 (soit 6,2% des utilisateurs dans le monde). Cependant, avec un taux de pénétration de 13,5%, l’Afrique reste le continent le moins connecté de la planète (36,1% à l’échelle mondiale).

Une cybergouvernance en progrès

Elle étudie en effet davantage Internet dans son côté qualitatif que quantitatif. Les gouvernements prennent-ils en compte les opinions exprimées par la population sur le web ? Internet est-il utilisé par les entreprises pour leur développement ? Le cadre législatif permet-il un libre accès de la population à la toile ? « L’indice classe les pays en fonction de leur réceptivité à l’encontre du web et de l’utilisation qu’ils en font », explique la fondation.

Sur le plan politique, la principale évolution vient des gouvernements, de plus en plus réceptifs. « Les pays à revenu intermédiaire améliorent leur capacité de cybergouvernance plus rapidement que les pays occidentaux », indique le document. Ainsi, en Afrique, ce sont les pays touchés par le printemps arabe, comme l’Égypte et la Tunisie qui sont les mieux placés en ce qui concerne la prise en compte du web par la classe politique et les gouvernements. L’Égypte se classe ainsi à la 18è place, derrière la Suisse (16è) mais devant l’Islande (20è) et l’Irlande (21è), la Tunisie prenant quant à elle la 27è position devant le Brésil et l’Italie. Les trois dernières places de ce classement thématique sont néanmoins occupées par des pays africains, le Zimbabwe fermant la marche derrière la Namibie et le Bénin.

Le Kenya a l’économie la plus connectée du continent

La bonne réussite du Kenya tient en revanche davantage des entreprises. Outre le fait que le nombre de Kényans connectés à Internet a doublé entre 2010 et 2011 (10,6 millions d’internautes en 2011), l’impact positif du web sur l’économie permet à Nairobi de rivaliser avec les Européens dans ce secteur.

Le pays s’y classe à la 26e place, derrière le Portugal et la Pologne et devant la Tunisie (29e) et l’Afrique du Sud (31e). Loin devant les douze dernières places, où « s’illustrent » dix États d’ Afrique, dont le Bénin, la Namibie et le Maroc.

Un potentiel entravé

Si le Kenya, la Tunisie et l’Égypte affichent des résultats encourageants dans les domaines de l’économie et de la cybergouvernance politique, gare à l’excès d’optimisme. « L’accès Internet reste un bien de luxe dans la plupart des pays », affirme ainsi la World Wide web foundation, et la croissance des entreprises basées sur le web reste étonnamment faible en dehors des pays de l’OCDE.

Encore largement inexploitées, les possibilités de l’Internet peuvent également être bridées par les tendances à la censure. Alors qu’en terme d’impact du web sur la politique et le gouvernement, l’Égypte occupe une bonne 18e position, elle chute à la 59e place en ce qui concerne la qualité de « l’écosystème institutionnel qui permet l’accès au web ». En cause : l’éducation, la réglementation et le niveau de censure.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Continental

Les 10 Africains les plus influents du monde selon le magazine 'Time'

Les 10 Africains les plus influents du monde selon le magazine "Time"

Comme chaque année, l'hebdomadaire américain "Time" a publié mercredi le classement des 100 personnalités les plus influentes de la planète. Parmi elles, dix Africains dont la ministr[...]

Chansons caritatives : à votre bon coeur, mélomanes !

Inspirés par les réunions charitables d'artistes anglo-saxons dans les années 80, les chanteurs africains s’égosillent de plus en plus en groupes. Autour de causes[...]

Le propos raciste qui fait du bien

Peut-on utiliser les clichés pour mieux les dynamiter ? Des étudiants français répètent les saillies caractéristiques du racisme ordinaire pour en souligner[...]

Vidéos - Football : les stades les plus chauds du continent

De Casablanca à Johannesburg en passant par Kumasi (Ghana), "Jeune Afrique" vous présente quelque-uns des stades de football les plus chauds du continent. Frissons garantis.[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

France : quand François Hollande oublie les "tirailleurs"

À la Grande Mosquée de Paris, sur la plaque gravée en hommage aux soldats musulmans mort pour la France, l'Élysée va devoir réparer son omission.[...]

La diversité religieuse ? Une richesse inéquitablement répartie

Chrétiens, juifs, musulmans, animistes, athées... Sur Terre, ce n'est pas la diversité qui manque. Une enquête recense les pays où elle est le plus forte. Première en Afrique, la[...]

Japon - Yoshifumi Okamura : en Afrique, "c'est maintenant qu'il faut y aller !"

De passage à Paris, l'ancien ambassadeur du Japon en Côte d'Ivoire - et désormais représentant personnel du Premier ministre pour l'Afrique-, Yoshifumi Okamura, évoque l'avancée des[...]

Risque-pays : les bons et les mauvais élèves africains

Aon Risk Solutions vient de publier la 16e édition de la carte de risque pays. Si l'Afrique australe reste (à l'exception du Zimbabwe) la zone la moins risquée du continent, le Maroc, le Ghana et l'Ouganda[...]

Terrorisme - Iyad Ag Ghaly : arrête-moi si tu l'oses !

Recherché pour terrorisme par le monde entier, le chef touareg Iyad Ag Ghaly semble pourtant poursuivi avec bien peu d'ardeur. Et pour cause : il reste un acteur essentiel dans la région.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces