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07/09/2012 à 16:25
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La présence de soldats rwandais au Nord-Kivu a suscité de vifs débats. La présence de soldats rwandais au Nord-Kivu a suscité de vifs débats. © AFP

La présence de soldats rwandais sur le sol congolais, révélée début septembre lors de leur rapatriement au Rwanda, n’en finit plus d’embarrasser. Complicité entre Kinshasa et Kigali selon l'opposition congolaise, présence en accord avec Kinshasa selon le Rwanda, invasion rwandaise selon le porte-parole du gouvernement congolais... Quelle est selon vous la thèse la plus crédible ? Donnez votre avis dans les commentaires.

Ils sont une centaine selon Kinshasa. Trois fois plus selon d’autres observateurs. La présence de soldats rwandais sur le sol congolais a provoqué pléthore de réactions. Souvent contradictoires.

  • La version rwandaise

Pour Kigali, ces hommes faisaient partie d’un bataillon engagé dans une opération conjointe avec les Forces Armées de RDC (FARDC), en accord avec Kinshasa donc, chargé de sécuriser la région du Rutshuru et de combattre les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), rebelles hutus composés d’anciens génocidaires. Si une telle opération a effectivement été menée en 2009, les modalités de l’entente restent inconnues tant qu’elles n’ont pas été déclassifiées et rendues publiques.

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Le Rwanda réfute les accusations d’ingérence sur le sol congolais. Kigali est également accusé par un rapport contesté de l’ONU de soutenir les rebelles tutsis congolais du M23, qui se présentent comme un rempart aux FDLR. Une thèse qui relève du complot selon l’entourage du président Paul Kagamé : pourquoi le Rwanda prendrait-il le risque de s’aliéner la communauté internationale en soutenant une rébellion condamnée par tous ?

  • La version de Kinshasa

Kinshasa n’a pas mâché ses mots en parlant, au sujet de la présence des soldats rwandais sur le sol congolais, d’une « invasion », selon l’expression du porte-parole du gouvernement Lambert Mende. Celui-ci a démenti, lundi 3 septembre, un quelconque accord avec les autorités de Kigali. « Les Congolais peuvent se rassurer, leur gouvernement n’a aucun accord secret avec ceux qui ont agressé le pays. »

Nous avons le Rwanda comme agresseur.

Lambert Mende, Porte-parole du gouvernement congolais

Selon Lambert Mende, seule une mission conjointe d’officiers observateurs militaires avait été négociée avec Kigali. « Nous avons le Rwanda comme agresseur et nous l’avons dénoncé », a ajouté le porte-parole.

  • La version de l’opposition congolaise

L’opposition congolaise tente de tirer un gain politique intérieur de cet imbroglio. Dans une déclaration commune, signée lundi 3 septembre et lue par le député de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) Rémi Massamba, plusieurs partis d’opposition ont déclaré qu’ils allaient demander à l’Assemblée nationale de faire comparaître le président de la République pour « haute trahison », une provocation verbale n’avant bien sûr aucune chance d’aboutir. Ils estiment Kinshasa et Kigali complices.

« L’UDPS constate que le pays a été tout simplement trahi. Le maintien sur le territoire national d’une armée étrangère à l’insu du peuple congolais constitue une complicité avérée de Monsieur Kabila », a, le 5 septembre, affirmé le secrétaire général intérimaire de l’UDPS, Bruno Mavungu, estimant que « ces accords secrets gérés dans une totale opacité compromettent dangereusement l’unité nationale, l’intégrité nationale et la souveraineté nationale. »

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