Extension Factory Builder
07/09/2012 à 12:51
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Toujours pas d’accord en vue entre les mineurs grévistes de Marikana et Lonmin. Toujours pas d’accord en vue entre les mineurs grévistes de Marikana et Lonmin. © AFP

L’accord conclu entre les syndicats de mineurs majoritaires à Marikana et Lonmin, l’exploitant de la mine de platine sud-africaine, a été rejeté par les mineurs grévistes ce 6 septembre. Le retour à la normale n’est toujours pas à l’horizon alors que les derniers mineurs en détention ont été libérés par la justice.

Trois semaines jour pour jour après l’intervention sanglante des forces de police sud-africaines dans la mine de Marikana, qui a causé la mort de 34 mineurs grévistes, aucune issue ne semble se dessiner dans le conflit salarial qui oppose les mineurs à Lonmin. Ce conflit a déjà causé la mort de 44 mineurs - dix victimes étaient déjà à déplorer en raison de violences intersyndicales survenues avant le massacre du 16 août - et plongé l'Afrique du sud en état de choc.

Tout avait commencé début août par la grève sauvage décrétée par 3 000 mineurs qui revendiquaient un triplement de leur salaire.

"Nous ne pouvons pas accepter de signer ça".

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'exploitant du site de platine Lonmin, les syndicats majoritaires et le ministère du Travail avaient convenu d’un accord qui envisageait la reprise du travail à une date non déterminée et l'ouverture de négociations salariales qui se baseraient sur les revendications des grévistes. Mais l’accord a été rejeté par les mineurs grévistes et les autres syndicats.

« Nous ne pouvons pas accepter de signer ça. Si on signe ce truc, les ouvriers doivent reprendre le travail. Mais ils ne vont pas reprendre le travail », a déclaré à l'AFP le représentant des grévistes non-syndiqués, Zolisa Bodlani.

Pour les grévistes et la petite formation AMCU, qui avait encouragé la grève sauvage début août, la reprise du travail reste conditionnée à une hausse du salaire. Pour Lonmin, au contraire, les négociations ne pourront s’ouvrir qu’une fois le travail repris.

Alors qu’avant la grève, le salaire des mineurs était, d’après leurs témoignages, de l’ordre de 4 000 rands (400 euros) mensuels, les mineurs exigent désormais un salaire de 12 500 rands (1 250 euros) pour reprendre le chemin des mines.

La démocratie sud-africaine est "un cauchemar".

Jeudi, la justice sud-africaine a remis en liberté les 104 derniers des mineurs arrêtés après le drame du 16 août au nom d’une loi anti-émeute désuète datant de l’apartheid. Sur les 270 mineurs initialement arrêtés, seuls les 5 qui sont toujours hospitalisés n’ont donc pas encore été libérés.

Alors que dans trois mois se tient un congrès décisif pour l’ANC (Congès national africain), le parti au pouvoir, qui a libéré l'Afrique du sud de l'apartheid et promis une vie meilleure pour tous, navigue en eaux troubles.

À ce titre, les propos tenus en début de semaine par l'archevêque Desmond Tutu, qui a dressé un état très critique de la société sud-africaine, sont très évocateurs : « Marikana ressemblait à un cauchemar, mais c'est ce que notre démocratie de 2012 est devenue ».

Pour le prix Nobel de la paix, les inégalités sont à l’origine de la violence sociale en Afrique du sud: « Il est difficile de croire que des gens empochent autant d'argent, ont autant de privilèges, tandis que la masse souffre dans des bidonvilles (...) c'est légal, mais est-ce moral?».

Le jeune tribun populiste Julius Malema a, pour sa part, essayé de tourner à son avantage le drame de Marikana pour ressortir de l'anonymat politique dans lequel il était plongé, depuis son expulsion de l'ANC en avril.

Cette crise a au moins le mérite de lever le voile sur la condition misérable inhérente à la plupart des mineurs sud-africaines, même dix-huit ans après la fin du régime raciste de l'apartheid. D’autant plus que la richesse du sous-sol (or, diamant, charbon, platine) de la « Rainbow Nation » reste la source principale de la prospérité du pays.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Afrique du sud

Afrique du Sud : une mosquée ouverte aux homosexuels ouvre ses portes au Cap

Afrique du Sud : une mosquée ouverte aux homosexuels ouvre ses portes au Cap

Une mosquée ouverte aux homosexuels, traitant les femmes et les chrétiens sur un pied d'égalité, a ouvert ses portes vendredi au Cap, sans aucun incident majeur, malgré des menaces de manifesta[...]

Afrique du Sud : Jacob Zuma rattrapé par ses démons

Rien ne va plus pour le chef de l'État sud-africain. Alors que les scandales se multiplient, la justice exhume l'affaire dite de l'Arms Deal, qui poursuit Jacob Zuma depuis plus de dix ans. Tiendra-t-il jusqu'à[...]

À quoi sert Mme Zuma ?

Si Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), était japonaise, elle se confondrait en kokaishiteimass (excuses publiques) et courbettes contrites, avant de [...]

Afrique du Sud : une ministre espère que Pistorius sera rejugé

La ministre sud-africaine de l'Éducation et présidente de la Ligue des femmes du parti au pouvoir, Angie Motshegka, a déclaré ce week-end qu'elle espérait qu'Oscar Pistorius serait[...]

Afrique du Sud : Oscar Pistorius reconnu coupable d'homicide involontaire

Oscar Pistorius a été reconnu vendredi coupable d'homicide involontaire pour la mort de sa petite amie, Reeva Steenkamp, en 2013.[...]

Afrique du Sud : la juge va prononcer la fin du verdict du procès Pistorius

Oscar Pistorius saura vendredi s'il est reconnu coupable d'homicide involontaire pour la mort de sa petite amie, Reeva Steenkamp, en 2013. La juge sud-africaine Masipa a écarté, jeudi, la préméditation[...]

Procès Pistorius : la juge écarte la thèse du meurtre avec préméditation

La dernière étape du procès du champion sud-africain Oscar Pistorius, accusé du meurtre de sa petite amie Reeva Steenkamp, en février 2013, a débuté jeudi avec la lecture du[...]

Afrique du Sud : des quotas de joueurs noirs pour sauver un rugby en péril ?

En Afrique du Sud, la fédération de rugby a choisi de mettre en place une politique de quotas afin de favoriser l'intégration des joueurs et entraîneurs noirs dans les effectifs. Une question de[...]

Livres : un long chemin vers la liberté

Dans un roman saisissant, André Brink se penche sur son histoire familiale. Et narre l'horreur de l'esclavage tel qu'il se pratiquait au XIXe siècle en Afrique du Sud. Un système qu'ont combattu[...]

Afrique du Sud : le dalaï-lama, persona non grata ?

Le dalaï-lama est-il toujours persona non grata en Afrique du Sud ? Pour la troisième fois en seulement cinq ans, le leader tibétain se serait vu refuser un visa d'entrée alors qu'il devait participer[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex