Le ministre tchadien A. M. Bâchir (g.) et Baba Laadé (d.) à l'aéroport de N'Djaména.
© Madjiasra Nako
Baba Laddé, chef du Front populaire pour le redressement (FPR), rébellion tchadienne très active au nord de la Centrafrique, est rentré à N’Djamena le 5 septembre. Il discute avec les autorités ce jeudi 6 septembre des conditions du retour de ses troupes au Tchad.
C’est à bord d’un petit avion estampillé UN (Nations unies) que le chef rebelle, trois de ses compagnons, des officiels centrafricains (dont Jean Francis Bozizé, fils du président centrafricain, ministre de la Défense et médiateur de la République) et de l’Onu sont arrivés mercredi après midi à N’Djamena. Baba Laddé, tout de noir vêtu, canne à la main, a été accueilli par le ministre tchadien de la Sécurité publique, Ahmat Mahamat Bâchir.
Baba Laddé a affirmé avoir décidé de son retour au pays « sans aucune condition ». «Je n’ai aucune revendication politique » a ajouté l’ancien officier de la gendarmerie tchadienne. Le FPR avait connu un sérieux revers au début de l’année 2012 lors de l’attaque héliportée et terrestre, puis la destruction de ses bases opérationnelles par les forces coalisées tchado-centrafricaines. Baba Laddé avait ensuite disparu pendant quelques mois. Alors qu’on le disait mort, ou en fuite au Soudan du Sud, il est réapparu pour la première fois le 2 septembre pour appeler à ce qui s’apparente à une reddition.
Relancer l’accord de Bangui
À N’Djaména, on semble avoir été pris de court par la nouvelle tombée lundi matin. À l’issue d’une réunion de crise, le Premier ministre a décidé de confier la gestion du « colis » au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, en l’absence du médiateur national, signataire de l’accord de Bangui en juin 2011 avec le mouvement de Baba Laddé. Un choix qui n’est pas dû au hasard : le ministre connaît bien la Centrafrique et parle même le sango.
Au cours de la réunion prévue le 6 septembre, Ahmat Mahamat Bâchir aura pour mission de relancer l’accord qui tient en cinq points. Le point 5 de l’accord indique que les parties devront se mettre d’accord sur les conditions de regroupement des éléments du mouvement rebelle qui a déstabilisé le nord de la Centrafrique pendant près de trois ans.
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Madjiasra Nako à N’Djamena

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