Extension Factory Builder
06/09/2012 à 10:14
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, à Bamako, le 23 août 2012. Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, à Bamako, le 23 août 2012. © AFP

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a bien reçu la demande d'appui du Mali. Si l'option militaire semble prendre le dessus, Bamako souhaite également poursuivre les négociations en cours avec les groupes armés qui contrôlent le Nord du pays.

C'est un tournant important dans la crise malienne. Le Mali a en effet saisi la Cedeao pour demander un appui afin de sortir de l'impasse et récupérer le nord du pays aux mains des islamistes. Bamako est toutefois resté prudent sur la question du déploiement d'une force régionale sur son territoire.

« L'aide demandée auprès de la Cedeao porte essentiellement sur la sécurisation des institutions de la transition, la réorganisation des forces armées et de sécurité, la restauration de l'intégrité territoriale du Mali », a indiqué la présidence ivoirienne, Alassane Ouattara étant le président en exercice de l'organisation ouest-africaine.

« La mission de la Cedeao au Mali pourrait déployer un détachement de liaison et d'observation, à l'exclusion du déploiement d'unités de police constituées ou de forces militaires combattantes », a-t-elle souligné dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée, le secrétaire général de la présidence malienne, Baba Berthé, en visite à Abidjan, avait espéré que la négociation rende une intervention militaire « sans objet ». « En revanche, si les négociations en cours n'étaient pas concluantes, évidemment, il faudrait envisager cette option militaire », a-t-il ajouté.

Environ 3 300 soldats

Dans l'attente d'une demande formelle de Bamako et un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, la Cedeao prépare depuis plusieurs mois le déploiement au Mali d'une force de quelque 3 300 soldats, dont les contours demeurent encore flous,

Baba Berthé s'exprimait au lendemain de l'annonce, par le diplomate français Jean-Felix Paganon, d'une demande « formelle » du président malien de transition, Dioncounda Traoré, en faveur d'une intervention militaire ouest-africaine pour reconquérir le nord du Mali. Jusqu'à mercredi soir, l'annonce de cette requête n'avait toutefois pas été confirmée officiellement à Bamako.

Pour sa part, le président Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, a affirmé mercredi que le Burkina Faso serait « très disponible » en cas d'intervention des troupes de l'Afrique de l'Ouest pour reconquérir le Nord-Mali.

À Bamako, le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR), coalition contre le coup d'État militaire du 22 mars au Mali, s'en est aussi réjoui, parlant d'une « décision courageuse ». Le FDR a exhorté la Cedeao, l'Union africaine et l'ONU « à traiter rapidement » la demande malienne pour permettre de libérer le nord du Mali.

Le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi), membre du front anti-putsch MP22, l'a, quant à lui, dénoncée. « Nous ne sommes pas pour une intervention étrangère » mais pour « une libération du nord avec, au centre, nos forces armées », a affirmé un de ses responsables, Nouhoum Keïta. Pour la France, « cette demande des autorités maliennes est une étape indispensable pour envisager l'appui international ».

Appui aérien

À New York, le nouveau président du Conseil de sécurité, l'ambassadeur allemand Peter Wittig, a indiqué qu'il revenait aux « acteurs africains », en particulier la Cedeao, de saisir le Conseil de l'envoi d'une force panafricaine et de lui fournir des précisions sur cette force.

Selon Radio France Internationale (RFI), qui cite des extraits de la lettre du président malien, Dioncounda Traoré « demande un renforcement des capacités antiterroristes », mais aussi « un appui aérien et l'envoi de cinq bataillons à partir de la ligne de front qui "seront graduellement engagés pour contrôler les villes reconquises" ».

Mi-août, l'armée malienne avait déjà prévenu que cette force régionale ne s'occuperait pas de la sécurité des institutions à Bamako et que, pour la reconquête du nord, « les autres viendront en appui, surtout en aviation, en logistique ».

Mercredi, un proche du capitaine Amadou Sanogo, le chef des putschistes du 22 mars, a rejeté toute idée de « troupes de la Cedeao » au Mali dans un entretien à RFI. L'armée malienne souhaite « un soutien logistique et du renseignement par rapport à la libération du nord », a dit ce proche, Bakary Mariko.

Parallèlement à la préparation de la force, la Cedeao a entamé des discussions avec certains des groupes armés présents à Kidal, Gao et Tombouctou (nord) pour résoudre la crise malienne. Celle-ci avait été déclenchée par le putsch du 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré (ATT), coup d'État ayant précipité la partition du pays.

Aujourd'hui, les islamistes extrémistes ont évincé leurs ex-alliés rebelles touaregs et contrôlent tout le nord du Mali ainsi que Douentza, ville stratégique de la région de Mopti (centre) prise sans combat le 1er septembre.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Le premier cas d'Ebola identifié au Mali, une fillette de deux ans récemment revenue de Guinée, est morte vendredi, a annoncé le gouvernement.[...]

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a[...]

Mali : les Casques bleus, cibles privilégiées des jihadistes

Rarement mission onusienne aura autant été prise pour cible. Dans le Nord, les soldats de la Minusma sont seuls et en première ligne. Mines, tirs de roquettes et attentats ont déjà fait[...]

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Mali : ouverture du troisième round de négociations à Alger

Les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés ont repris mardi à Alger. Le ministre malien des Affaires étrangères a appelé les différents mouvements à[...]

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

La reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, samedi, à Alger s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du pays.[...]

Mali : à Alger, la médiation face à deux plans de sortie de crise

Alors que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés a été reportée au 22 octobre à Alger, "Jeune Afrique" a pu se procurer en[...]

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

Au moins sept personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de[...]

Mali : discussions à Alger, combats vers Gao

Le MNLA et le Gatia, une milice progouvernementale, s’affrontent dans la région de Gao depuis jeudi matin. Des combats qui interviennent alors que devaient reprendre à Alger, la veille, des négociations[...]

Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban

Le jihadiste Sultan Ould Bady serait en conflit avec le Mujao, au nom duquel il a pourtant récemment revendiqué plusieurs attaques contre les Casques bleus au nord du Mali.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers