Extension Factory Builder
05/09/2012 à 18h:03
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les hackers reprochent à Al-Jazira sa couverture de la crise syrienne. Les hackers reprochent à Al-Jazira sa couverture de la crise syrienne. © Al-Jazira

Al-Jazira a été victime d’une cyber-attaque, mardi 4 septembre. Les différents sites de la chaîne qatarie, tant la version arabophone (Aljazeera.net) que la version anglophone (Aljazeera.com), mais aussi les sites sportifs de la chaîne, ont été visés.

Le groupe de hackers syriens « Al Rachidoune », visiblement pro-Assad, a revendiqué l’attaque. En se rendant sur le site d’Al-Jazira, les internautes tombaient non pas sur la page d’accueil de la chaîne, mais sur un message dudit groupe syrien, accompagné d’un drapeau du pays et de la mention « hack » (« piratage électronique »).

Dans ce message, les hackers accusent la chaîne satellitaire de parti-pris en faveur de l’opposition au régime des Assad. Il stipulait : « Ceci est une réaction à vos positions contre le peuple et le gouvernement syriens, et particulièrement à votre soutien aux groupes terroristes, et aux fausses nouvelles que vous répandez ». La cyber-attaque aurait pris plusieurs formes, puisque la chaîne qatarie a aussi fait état d’un déroutage depuis sa page d’accueil vers des sites tiers.

L’attaque a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi et a duré plusieurs heures. Néanmoins, la chaîne satellitaire assure que tout était rentré dans l’ordre mercredi matin et que les internautes ne rencontraient plus aucune difficulté pour se connecter sur le site de la chaîne.

Al-Jazira s’est contentée de faire état de l’attaque et de préciser que ce n’était pas le serveur principal de la chaîne qatarie qui a subi l’attaque mais des serveurs externes, basés aux États-Unis. Les autorités américaines, avec qui le Qatar entretient de très bonnes relations, mèneraient donc l’enquête.

Vives critiques

La réaction a minima de la chaîne peut être interprétée comme une volonté de ne pas faire de vagues sur sa couverture des événements en Syrie, alors que celle-ci vaut à Al-Jazira de vives critiques. D’abord qualifiée de « prudente » par la politologue Claire Gabrielle Talon, la couverture de la révolution syrienne a suivi les inflexions de la diplomatie qatarie.

L’émir étant proche de Assad, il a d’abord tenté de le raisonner avant de laisser tomber son allié, voire de chercher à précipiter sa chute. Dans le même temps, Al-Jazira, qui au départ ouvrait son antenne presque exclusivement aux membres du régime, a pris un virage à 180°C, pour adopter une couverture des événements de plus en plus favorable à l’opposition, dont les membres ont désormais micro ouvert sur la chaîne.

Le professionnalisme de Al-Jazira est régulièrement mis en cause. La chaîne est notamment accusée par ses détracteurs de recourir abondamment à des témoins oculaires, sans vraiment prendre le temps de recouper ses sources. D’autre part, la chaîne satellitaire aurait tendance à passer sous silence les informations qui pourraient s’avérer compromettantes pour les révolutionnaires. Elle a par exemple fait très peu cas de la présence supposée de membres d’Al-Qaïda au sein de l’opposition syrienne armée, thème qui a pourtant été abordé par la plupart des médias généralistes d’envergure internationale.

Précédentes attaques

Le site internet de la chaîne qatarie avait déjà été victime d’attaques de cyber-pirates, en 2003. Les hackers, qui étaient cette fois américains, protestaient contre la manière dont la chaîne couvrait les événements en Irak. Ces attaques, survenues dans les premiers jours du lancement du site, avaient conduit à la suspension de celui-ci pendant plusieurs mois.

D’autres sites d’informations ont été visés par des attaques de groupes pro-Assad, comme l’armée électronique syrienne, qui possède un tableau de chasse bien garni : Reuters le mois dernier, Amnesty International, Harvard… En juillet dernier, c’est le compte Twitter de la chaîne qatarie qui avait été ciblé, vraisemblablement par le même groupe de cyber-pirates pro-Assad.
 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Qatar : la succession est en marche

Qatar : la succession est en marche

L'émir du Qatar Hamad Ibn Khalifa Al Thani prépare sa succession. L'un de ses fils, Tamim, doit très prochainement prendre le pouvoir mais le timing de la transition n'est pas encore arrêté.[...]

Rhodi Mellek : "Il n'y aura aucune solution à la crise syrienne sans résolution du dossier kurde"

Pour Rhodi Mellek, représentante à Bruxelles du PYD (Parti de l’union démocratique), la plus importante formation politique kurde de Syrie, du sort des Kurdes, dépend l'avenir du pays. Entretien.[...]

Qatar : la raison du plus riche... est souvent la meilleure

Oeuvres de charité, investissements, soutien à des partis islamistes... Au Maghreb, comme ailleurs, le Qatar est un adepte de la diplomatie du dollar.[...]

Qatar - Maghreb : ils sont en première ligne

Ce sont les ambassadeurs du Qatar au Maghreb. Même s'ils gardent parfois une certaine distance avec la ligne de l'émirat gazier, ils n'en restent pas moins des relais de ses investissements et de son "soft[...]

El Mili : "Le Qatar fait tout pour que la Tunisie ne se tourne pas vers l'Algerie"

Dans son ouvrage "Le Printemps arabe : une manipulation ?" (éd. Max Milo), paru fin 2012, Naoufel Brahimi El Mili, professeur à Sciences-Po Paris, envisage le Qatar comme un relais régional[...]

Maghreb : à quoi joue le Qatar ?

Maniant pression et gros chèques, le Qatar cherche à peser sur la politique régionale en surfant sur son soutien au Printemps arabe. Une omniprésence qui le rend de moins en moins populaire.[...]

Iran : chacun pour soi et le Guide pour tous

Bien que les huit candidats retenus par le Conseil constitutionnel (moins un qui vient de se désister, le 11 juin) soient des fidèles d'Ali Khamenei, la présidentielle du 14 juin n'est pas[...]

Dossier : à quoi joue le Qatar ?

Maniant pression et gros chèques, le Qatar cherche à peser sur la politique régionale en surfant sur son soutien au Printemps arabe. Une omniprésence qui le rend de moins en moins populaire. [...]

Abdeslam Ouaddou : "Au Qatar, on vous jette pour un oui ou pour un non"

L’ancien international marocain Abdeslam Ouaddou a saisi la Fifa pour non-respect des obligations contractuelles de Lekhwiya, son ancien club au Qatar. Et dans ce pays, il est loin d’être le seul international[...]

Iran : Saïd Jalili, le chouchou du Guide

Seuls huit candidats restent en lice pour l'élection présidentielle iranienne du 14 juin. Parmi eux, un homme a les faveurs d'Ali Khamenei. Un conservateur pur et dur, bien sûr.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers