Arrêté le 24 août à Accra, le porte-parole en exil de Laurent Gbagbo, Justin Koné Katinan, restera en prison jusqu’à ce que la demande d'extradition formulée par Abidjan soit examinée, a annoncé la Haute Cour du Ghana. L'examen de la demande de la Côte d'Ivoire, qui devrait débuter jeudi, a été repoussé d'une semaine.
Mise à jour, le 06/09 à 15H30
La Haute Cour du Ghana a décidé mercredi 5 septembre de maintenir en détention le porte-parole en exil de Laurent Gbagbo, Justin Koné Katinan, jusqu’à que la demande d'extradition formulée par Abidjan soit examinée.
« Bien que son avocat (Me Patrick Sogbodjor) ait développé de brillants arguments contre les accusations (retenues contre lui), je ne suis pas censé préjuger de l'audience consacrée à l'extradition, a déclaré le juge Kofi Essel Mensah. Je refuse donc la demande de libération ». L'examen de la demande de la Côte d'Ivoire, qui devrait débuter jeudi, a été repoussé d'une semaine. « Tout en refusant la mise en liberté sous caution, j'appelle le ministère public à accélérer la procédure d'extradition en transmettant les documents nécessaires d'ici au jeudi 13 septembre », a déclaré le juge Aboagye Tandoh, également en charge du dossier.
Me Patrick Sogbodjor avait déposé une procédure d'habeas corpus auprès de la division des droits de l'homme de la Haute Cour du Ghana demandant aux autorités de fournir des explications sur la détention de son client.
Détention illégale ?
Visé depuis un an par un mandat d'arrêt international émis par Abidjan pour « crimes économiques », il est en exil depuis la fin de la crise postélectorale. La demande d'extradition formulée par Abidjan doit être « examinée » par le ministre de la Justice. Ce dernier devra ensuite « fournir son avis » au nouveau président John Dramani Mahama.
L'avocat de Justin Koné Katinan, a fait valoir que ce dernier ne pouvait pas être extradé en raison de son statut de réfugié. « Nous avons toujours la conviction que mon client est détenu illégalement », a-t-il déclaré après la décision de la Haute Cour. Il n'existe pas d'accord d'extradition entre la Côte d'Ivoire et le Ghana. Mais les traités de coopération judiciaire de la Communauté des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), dont les deux pays font partie, autorise les extraditions entre ses membres.
Le président ghanéen, dont le pays a toujours refusé toute extradition vers la Côte d’Ivoire, est arrivé à Abidjan où il rencontrera Alassane Ouattara. Cette visite s'inscrit dans une tournée régionale de remerciements après les obsèques de son prédécesseur, John Atta Mills, décédé le 24 juillet. Le président par intérim ghanéen se rendra ensuite au Burkina Faso, au Bénin, au Nigeria et au Togo.
« Le Ghana accordera refuge à tous ceux qui cherchent de manière légitime une demeure temporaire en raison de la situation humanitaire dans leur pays natal. Cependant, nous ne permettrons pas que notre pays soit utilisé pour des activités qui endommagent la paix et notre réputation de bon voisin », a déclaré John Mahama.
(Avec AFP)

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