Le président égyptien Mohamed Morsi a une nouvelle fois réclamé, mercredi 5 septembre, que Bachar al-Assad quitte le pouvoir à Damas. Il a aussi pressé les autres pays arabes à trouver une solution rapide à la crise syrienne.
Mohamed Morsi multiplie les piques à l'encontre de son homologue syrien Bachar al-Assad. Après son discours musclé au sommet des Non-Alignés à Téhéran, qui avait provoqué le départ de la délégation syrienne, le président égyptien a renouvelé mercredi ses appels à un départ du pouvoir actuel à Damas. Il a également de nouveau demandé aux pays arabes de se mobiliser pour trouver une solution rapide au conflit.
« Le temps du changement est arrivé », a déclaré le chef de l'État égyptien à l'adresse du régime du président Bachar al-Assad, dans un discours d'ouverture lors d'une réunion ministérielle de la Ligue arabe au Caire.
« Il ne faut pas perdre de temps à parler de réforme », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que le peuple syrien a fait entendre clairement sa voix tout en prévenant M. Assad que son régime ne sera pas là pour longtemps.
Arrêter "l'effusion de sang"
Mohamed Morsi a également appelé Damas à tirer les leçons de l'histoire récente, une allusion à la chute des régimes autoritaires confrontés à des révoltes populaires dans plusieurs pays arabes comme l'Égypte, la Tunisie et la Libye l'an dernier.
« Je veux dire au régime syrien qu'il y a encore une chance d'arrêter l'effusion de sang », a-t-il ajouté, en souhaitant un changement de pouvoir rapide : « ne prenez pas la bonne décision au mauvais moment », a-t-il déclaré.
Le président islamiste égyptien a également appelé les pays arabes à s'atteler à la recherche d'une solution au conflit. « Le sang syrien coule jour et nuit, et nous sommes responsables. Nous ne pouvons pas dormir tandis que le sang syrien est versé », a déclaré M. Morsi. D'après une ONG syrienne, le conflit en Syrie a fait plus de 26 000 morts en près de 18 mois.
« J'en appelle à vous ministres des Affaires étrangères arabes, pour travailler dur afin que soit trouvée une solution urgente à la tragédie de la Syrie », a-t-il ajouté. « Si nous n'agissons pas, le reste du monde n'agira pas sérieusement ».
Régime oppressif
Jeudi dernier, M. Morsi avait déjà fait sensation lors du sommet des pays non-alignés à Téhéran, en fustigeant le régime oppressif qui a perdu sa légitimité en Syrie, et en qualifiant le soutien à l'opposition de devoir moral et de nécessité politique et stratégique.
De son côté, le ministère syrien des Affaires étrangères a rétorqué dimanche en critiquant les positions de M. Morsi, estimant qu'il n'avait pas encore la stature d'un chef d'État.
Mohamed Morsi, issu du mouvement des Frères musulmans, a pris ses fonctions fin juin. Il est le premier chef de l'État égyptien à ne pas être issu de l'armée depuis le renversement de la monarchie en 1952.
(Avec AFP)

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