Une cour d’appel de Bahreïn a confirmé, mardi 4 septembre, les peines prononcées à l’égard de treize opposants bahreïnis. Des militants qui avaient occupé une place centrale au moment du soulèvement populaire de février-mars 2011.
Le « printemps bahreïni », symbolisé par l’occupation de la place de la Perle à Manama, avait été écrasé dans le sang en mars 2011 suite à une intervention des troupes du CCG (Conseil de coopération du Golfe), menées par l’Arabie saoudite. Les autorités bahreïnies avaient alors dépeint le soulèvement comme une révolte chiite, chapeautée par Téhéran. Bien que majoritaires numériquement dans le royaume dirigé par la dynastie sunnite des al-Khalifa, les chiites sont l’objet de nombreuses discriminations à Bahreïn.
En juin 2011, un tribunal d’exception avait déjà condamné les treize militants en question, tous emprisonnés depuis un an et demi, pour « complot contre le régime ». Sept d'entre eux ont écopé d’une peine de prison à perpétuité ; les autres se sont vu infliger des peines s’étalant de cinq à quinze ans.
Les militants qui ont été sanctionnés d’une peine à perpétuité sont tous chiites et, parmi eux, on compte Abdel Hadi al-Khawaja, célèbre militant des droits de l’homme dano-bahreïni, qui avait effectué une grève de la faim au printemps dernier, afin de protester, en vain, contre les emprisonnements massifs d’opposants au régime. Ces condamnations interviennent alors que la peine de trois ans de prison prononcée à l’encontre de Nabil Rajab, opposant et militant des droits de l’homme, a déjà fait grand bruit en août dernier.
Tensions avec l'Iran
Si la présence des forces de l’ordre, spécialement placées autour du tribunal, a empêché tout incident sur place, quelques troubles ont éclaté dans la périphérie de Manama. À l’annonce de la sentence, de jeunes opposants ont en effet exprimé leur mécontentement en enflammant des pneus dans plusieurs localités à majorité chiite.
Les opposants bahreïnis, qui revendiquent la mise en place d’une monarchie constitutionnelle effective, semblent toujours autant muselés, alors que le régime refuse catégoriquement d’adresser le moindre signe positif en direction de l’opposition.
Ces condamnations prennent place sur fond de contexte géopolitique tendu pour le royaume des al-Khalifa : les tensions entre Bahreïn et l’Iran, accusé de fomenter une révolte chiite dans le royaume insulaire, se sont en effet accentuées ce week-end ; la monarchie sunnite reprochant à l’Iran d’avoir biaisé la traduction des propos de Mohammed Morsi lors de sa visite dans la république islamique. Le président égyptien avait alors qualifié la Syrie de « régime oppressif », mais la traduction iranienne, volontairement erronée, avait modifié les propos de M. Morsi pour lui faire dire que c’est Bahreïn qui est un « régime oppressif ».

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