Extension Factory Builder
04/09/2012 à 12:28
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des membres de la Garde civile espagnole emmènent des migrants dans un fourgon, le 5 août 2005. Des membres de la Garde civile espagnole emmènent des migrants dans un fourgon, le 5 août 2005. © AFP

Ils sont 83 migrants à avoir été expulsés d'un ilôt espagnol situé au large des côtes marocaines, dans la nuit du lundi 3 septembre. L'opération a été menée conjointement par les forces de l'ordre des deux pays concernés.

Ils étaient là depuis plusieurs jours. Certains étaient même venus à la nage. Dans la nuit de lundi à mardi, les forces de l'ordre espagnoles et marocaines ont délogé ensemble des dizaines de migrants installés sur un îlot espagnol désert proche du littoral marocain, dénommé l'île de Terre (Isla de Tierra). Nombre d'entre eux ont été renvoyés manu militari au Maroc, mettant fin de manière abrupte à un casse-tête pour les deux pays.

Des mineurs et des femmes ont, eux, été conduits en territoire espagnol. Mais « les autres ont été délogés à l'aube », a précisé un porte-parole de la Garde civile espagnole, expliquant que l'opération a été menée « conjointement » par l'Espagne et le Maroc, « sans aucun incident ». « Simplement, nous avons délogé (les migrants) de l'îlot car c'était un danger que ces personnes restent là », a-t-il ajouté.

"Mafias"

Au total, 83 migrants venus d'Afrique subsaharienne avaient débarqué ces derniers jours sur l'îlot inhabité et accessible à la nage depuis une plage marocaine. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo, s'était dit lundi « convaincu » que l'arrivée de sans-papiers sur la Isla de Tierra était « une opération coordonnée par les mafias qui font du trafic d'êtres humains ».

L'évacuation a eu lieu en deux temps : « dix migrants, des mineurs et des mères de famille, ont été amenés en Espagne et sont à Melilla actuellement », selon le ministère espagnol de l'Intérieur. D'après les médias, ils sont en observation médicale. Mais « 73 migrants ont été envoyés au Maroc pour être rapatriés », a-t-il ajouté. L'information a été confirmée par les autorités marocaines.

Selon une source sécuritaire marocaine, ils ont été « pris en charge » par les forces de l'ordre dans l'attente de leur expulsion vers la frontière algérienne d'où ils avaient gagné dernièrement le royaume. Lors de l'opération, deux migrants ont été blessés légèrement.

Emploi de la force

Sur les sites Internet des journaux El Pais et El Mundo, des photos prises dans la nuit montraient des militaires espagnols sur un zodiac, en train de ramener les migrants vers le Maroc. Les Espagnols franchissaient les derniers mètres dans l'eau pour les remettre aux forces de l'ordre marocaines sur la plage tout en s'efforçant de ne pas poser le pied sur le sol de ce pays.

« Les conditions maritimes ont permis (l'intervention, NDLR) parce qu'avant, cela aurait été impossible », a expliqué un porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur, précisant que « l'évacuation s'est achevée à 4 heures 30 du matin (2 heures 30 GMT) ».

Le ministère espagnol de l'Intérieur a lui nié tout incident : « la plupart des migrants ne voulaient pas aller au Maroc, mais il n'a pas été nécessaire d'employer la force et il n'y a pas eu de débordement ». Lundi soir, des sources gouvernementales espagnoles avaient indiqué qu'un début d'accord avait été trouvé avec les autorités marocaines sur le sort des migrants.

Casse-tête

L'objectif n'est pas tant d'avoir à agir de cette manière, mais d'éviter que d'autres arrivent sur les rochers espagnols.

Un porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur

Les deux pays ont donc réglé, de manière très rapide, une situation qui s'annonçait comme un véritable casse-tête. « Ici, l'objectif n'est pas tant d'avoir à agir de cette manière (en évacuant les migrants, NDLR), mais d'éviter que d'autres arrivent sur les rochers espagnols », a confié le porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur. L'Espagne doit déjà gérer l'épineuse question de ses enclaves de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe. Elles sont très prisées par les migrants, qui tentent régulièrement d'y entrer.

L'Espagne avait fourni ces derniers jours une aide en couvertures, eau et nourriture aux migrants débarqués sur l'îlot, refusant toutefois de leur laisser entrevoir le moindre espoir d'être transférés sur la péninsule ibérique.

Madrid mise désormais sur une coopération accrue avec Rabat pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise. « La réponse conjointe des gouvernements espagnol et marocain, et de l'Union européenne, est de dire "ça suffit" à ceux qui font du trafic d'êtres humains, mettant en danger la vie des plus vulnérables comme les femmes enceintes et les jeunes enfants », a déclaré mardi le préfet espagnol à Melilla, Abdelmalik El Barkani, à la radio nationale.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Maroc : un millier de migrants clandestins tentent en vain de passer la frontière à Melilla

Maroc : un millier de migrants clandestins tentent en vain de passer la frontière à Melilla

Mercredi, un millier de migrants en provenance d'Afrique subsaharienne ont tenté de pénétrer dans l'enclave espagnole de Melilla au Maroc, ont annoncé les autorités locales. Leur tentative a &e[...]

Maroc : mort de Hassan II, la nuit du destin

À l'occasion des quinze ans de la mort de Hassan II, Jeune Afrique réedite quelques articles d'époque. Dans celui-ci, paru dans JA n° 2012 du 30 juillet au 9 août 1999, François Soudan[...]

Maroc : il y a quinze ans, la mort de Hassan II

Il y a tout juste quinze ans, le 23 juillet 1999, le roi du Maroc Hassan II s'éteignait à Rabat après trente-huit ans de règne. "Jeune Afrique" réédite un article de son n°[...]

Innovation : l'Afrique fait ses gammes

 La 7e édition de l'Indice mondial de l’innovation (GII) vient de paraître. Cette année, le rapport co-publié par l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle[...]

Le Maroc, la présentatrice égyptienne et les travailleurs du sexe

Les Marocains dénoncent des assauts d’"antimarocanisme" primaire de la part des médias égyptiens. En cause : les scènes caricaturales d’une série télé et,[...]

Mohammed VI : mosquées marocaines sous surveillance

En interdisant aux imams toute activité politique ou syndicale, le roi du Maroc Mohammed VI renforce son ascendant sur les lieux de culte. Un processus entamé il y a plus de dix ans.[...]

Les secrets du succès des Chaabi

Il y a le père, Miloud, berger devenu milliardaire. Et ses enfants, qui règnent avec lui sur Ynna Holding, groupe présent de l'immobilier à la grande distribution. Visite d'un empire[...]

Maroc : au 23 morts dans l'effondrement d'immeubles à Casablanca

Après trois jours de recherches, les autorités marocaines ont annoncé, dimanche soir, qu'au moins 23 personnes sont mortes dans l'effondrement d'immeubles d'habitation à Casablanca le 12 juillet.[...]

Maroc : Espagnols cherchent travail

Fuyant le chômage et la crise, de nombreux Ibériques - toutes catégories sociales confondues - tentent leur chance au Maroc. Avec des fortunes diverses.[...]

Maroc : au moins 8 morts dans l'effondrement d'immeubles à Casablanca

Au moins huit personnes sont mortes dans l'effondrement de trois immeubles survenus dans la nuit de jeudi à vendredi à Casablanca, la capitale économique du Maroc, selon un nouveau bilan provisoire[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers