Extension Factory Builder
04/09/2012 à 09h:19
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des mineurs de Marikana, à leur libération devant le tribunal de Ga-Rankuwa, le 3 septembre 2012. Des mineurs de Marikana, à leur libération devant le tribunal de Ga-Rankuwa, le 3 septembre 2012. © Alexander Joe/AFP

Des violences lors de la répression par la police sud-africaine d'un nouveau mouvement syndical dans une mine d'or près de Johannesburg ont fait au moins quatre blessés, lundi 3 septembre. Un incident qui survient alors même que la justice a commencé à libérer des mineurs de Marikana, où 34 grévistes avaient été abattus le 16 août par les forces de l'ordre.

La justice et les autorités sud-africaines ont beau essayer de calmer le jeu sur le front social, rien n’y fait. Après la fusillade de Marikana du 16 août, la police ayant abattu 34 mineurs en grève, les conflits syndicaux se multiplient dans le pays. L’un d’entre eux a dégénéré une nouvelle fois en violences, lundi 23 septembre, cette fois dans la mine de Modder East à Springs, une ville située à environ 30 km à l'est de Johannesburg.

Armés de bâtons et de barres de fer, quelque 200 hommes licenciés en juin par la compagnie Gold One, que contrôlent des capitaux chinois, ont tenté de bloquer les accès à cette mine d'or. Les forces de l'ordre sont alors intervenues en fin de matinée pour disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. « Nous confirmons que quatre personnes ont été hospitalisées. Mais nous ne pouvons pas dire si elles ont toutes été blessées par balles ou agressées par les ex-mineurs. Une enquête est en cours », a indiqué la porte-parole de la police Pinky Tsinyane à l'AFP.

Après une grève sauvage organisée par le petit syndicat Ptawu, qui cherchait à être l'organisation représentative, Gold One avait licencié en juin plus de la moitié des salariés de la mine, soit 1 044 personnes. La direction avait indiqué avoir eu connaissance d'au moins quatre attaques par d'anciens employés contre son personnel, dont « deux ont été fatales et une troisième a nécessité l'hospitalisation d'un employé ».

Scénario banal

Le scénario est hélas banal : les mineurs lancent une grève sauvage, la justice déclare le mouvement illégal avant que la compagnie exploitante ne licencie les grévistes… pour les réembaucher au compte goutte une fois le calme revenu. Ainsi, au début de l'année, la mine de platine d'Impala Platinum à Rustenburg (nord) a été paralysée plusieurs semaines par une grève illégale émaillée de violences qui ont fait trois morts et plusieurs blessés. La direction avait licencié pas moins 17 200 grévistes, avant d'en réembaucher la plupart.

Ces nouvelles violences interviennent moins de trois semaines après la fusillade meurtrière de Marikana (nord). Le parquet sud-africain avait pourtant fait machine arrière dimanche en retirant « provisoirement » l'étonnante inculpation de 270 mineurs grévistes pour le meurtre de leurs camarades abattus par la police, un drame qui avait ému tout le pays. Les 162 premiers d'entre eux, arrêtés à Marikana juste après la fusillade, ont été libérés lundi par un tribunal de la banlieue de Pretoria.

Jubilant, les mineurs libérés ont quitté le tribunal en chantant et dansant, levant le poing devant les caméras. Les autres doivent être élargis jeudi. Le principal problème est la vérification de leur adresse préalable à leur libération, nombre d'entre eux étant des travailleurs migrants qui habitent dans des bidonvilles aux abords de la mine. Les mineurs, qui restent poursuivis pour violence publique et rassemblement interdit, comparaîtront à nouveau le 12 février 2013.

(Avec AFP)
 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Afrique du sud

Centrafrique : Bozizé SDF ?

Centrafrique : Bozizé SDF ?

Depuis son départ forcé de Bangui, François Bozizé peine à trouver une terre d'accueil. L'ex-président centrafricain est devenu, même pour son ami sud-africain Jacob Zuma, un hô[...]

La Grande-Bretagne accusée d'espionner la Turquie et l'Afrique du Sud au G20

Selon des révélations d'Edward Snowden, ancien agent du renseignement américain responsable de fuites sur le système d'écoute Prism, les Anglo-Saxons se seraient entendus pour espionner deux[...]

Double arc-en-ciel : l'homosexualité dans l'art sud-africain

À l'occasion de la saison de l'Afrique du Sud en France, et alors que l'homosexualité est encore largement taboue sur le continent, coup de projecteur sur des artistes sud-africains qui abordent cette[...]

Afrique du Sud : les nouvelles rassurantes de Mandela se succèdent

L'ancien président sud-africain, Nelson Mandela "va très bien", a déclaré sa fille Zenani, lundi17 juin, après une nouvelle visite à son chevet dans un hôpital à[...]

Afrique du Sud : à Soweto, les catholiques appellent à poursuivre le rêve de Mandela

Dans l'église Regina Mundi à Soweto, symbole de la lutte contre l'apartheid, le père Sebastian Rossouw a utilisé la tribune de son prêche, dimanche 16 juin, pour désarmer les discours des[...]

Obama en Afrique : de l'argent par les fenêtres ?

Pendant que l’Afrique prépare l’arrivée de Barack Obama le 26 juin, le président américain prépare une facture salée de 100 millions de dollars. Controverse…[...]

Nelson Mandela "continue d'aller mieux", selon le président Zuma

Au neuvième jour de son hospitalisation pour une infection pulmonaire, Nelson Mandela "continue d'aller mieux",  bien que son état reste grave, a déclaré, dimanche 16 juin, le[...]

Nelson Mandela "semble aller bien", selon un de ses petits-fils

L'état de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, hospitalisé pour une infection pulmonaire, est encourageant, a indiqué son petit-fils samedi. Mandla Mandela l'a trouvé « bien[...]

Afrique du Sud : sit-in dans une mine de platine d'Amplats

Plusieurs milliers de mineurs sud-africains ont débrayé, le 14 juin, sur un site d'Anglo American Platinum (Amplats) près de Rustenburg (nord) et organisé un sit-in dans la mine de platine, selon une[...]

Afrique du Sud : les Congolais de Yeoville s'inquiètent pour l'après-Mandela

"Quand Mandela ne sera plus là, nous allons tous vous faire partir" d'Afrique du Sud. Dans le quartier de Yeoville, à Johannesburg, les Congolais sont nombreux à avoir déjà entendu[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers