Son principal opposant, l’exercice du pouvoir, ses relations avec François Hollande, les biens mal acquis, l’Union africaine… Le chef de l’État gabonais Ali Bongo Ondimba parle de tous ces sujets – et de bien d’autres – dans une longue interview accordée à Jeune Afrique.
À la mi-août, André Mba Obame, ancien compagnon de route d’Ali Bongo Ondimba (ABO) devenu son principal opposant en 2009, faisait un retour fracassant à Libreville, après avoir passé quatorze mois en France.
C’est à ce moment-là que Jeune Afrique a interviewé l’actuel chef de l’État. Que signifiait le retour de cet homme qu’il a si bien connu et ensuite si bien combattu, au Gabon ? « Qu’un Gabonais rentre chez lui, c’est tout. » Vraiment ? La tension est palpable au Gabon, tout de même… « André Mba Obame a quitté le pays parce qu’il avait de graves problèmes de santé, explique ABO. Ceux-ci existent toujours, mais il a décidé de rentrer. Pourquoi ? Parce que, politiquement, c’est un homme désespéré. Je ne suis pas dupe et il ne va pas me refaire le même coup, envoyer les gamins des autres tout casser pendant qu’il va se réfugier dans les locaux du Programme des Nations unies pour le développement, en espérant qu’on l’arrête pour en faire un martyr. Ce qu’il n’obtient pas par les urnes, il veut l’obtenir par la négociation politique. Quelle négociation politique ? La démocratie, c’est laisser le peuple décider. »
Confidences
Ali Bongo Ondimba se confie encore davantage quand il retrace dans les détails la relation qu’il avait avec Mba Obame, une « amitié » qui lui a « coûté cher », plaide-t-il. Et un ami à qui il reproche aujourd’hui de s’être laissé entrainer sur de mauvaises pentes, manipulé par de mauvais hommes et d’employer aujourd’hui de mauvaises méthodes pour s’imposer dans la vie politique gabonaise. « C’est quand même curieux que des gens qui ont l’ambition de diriger le Gabon s’arrangent pour insulter les Gabonais en proclamant que leur vote ne vaut rien, que c’est la France qui vient placer des chefs d’État à leur tête [allusion au soutien supposé de Nicolas Sarkozy à ABO en août 2009]. Et ils courent tous ensuite à l’étranger pour aller supplier un président de les mettre au pouvoir. Parce qu’en fait c’est à cela qu’on assiste. André Mba Obame est en train de supplier François Hollande. Les Gabonais apprécieront. »
À propos du chef de l’État français, avec qui on lui prête des relations plutôt froides, il répond que tous deux n’ont pas le choix que de travailler ensemble. Leur rencontre en juillet à Paris leur « a permis de mieux (se) connaître » et, assure Ali Bongo Ondimba, tous les sujets ont évoqués. Même celui, très polémique, des biens mal acquis.
Sur ce sujet comme sur d’autres (l’élection de Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission de l’Union africaine, la crise malienne, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), l’arrivée des islamistes au pouvoir en Afrique du Nord…), il répond aux attaques dont il est l’objet et livre son analyse.
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Retrouvez l’intégralité de l’interview d’Ali Bongo Ondimba dans Jeune Afrique n°2695, en kiosque du 2 au 8 septembre 2012.

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