Nommé entraîneur du MC Alger au début du mois de juillet, Patrick Liewig (ex-Asec Mimosas, Stade tunisien, Club africain) a été remercié le 17 août, moins de deux mois après son arrivée. Le technicien français dénonce les motifs avancés par Omar Ghrib, le président du club algérois, et sa gestion selon lui hasardeuse du club algérois.
Jeune Afrique : Pourquoi avez-vous été démis de vos fonctions moins de deux mois après votre arrivée, alors que le championnat algérien ne reprendra qu’au mois de septembre ?
Patrick Liewig : J’ai reçu une lettre prétextant des conflits entre certains joueurs et moi. J’aurais aussi porté atteinte à l’image du club.
De quelle manière ?
Après notre retour de stage en Pologne en juillet, j’avais constaté que les promesses qui m’avaient été faites, notamment sur les conditions d’entraînement, n’étaient pas tenues. J’avais abordé ce point avec la presse. Le MC Alger se dit ambitieux, mais est-il normal que les joueurs, et à plus forte raison pendant la période du ramadan, s’entraînent sur un terrain synthétique dur comme du béton ?
Et vos prétendues relations tendues avec des joueurs ?
Mais tout se passait bien ! Hormis peut-être avec un ou deux joueurs, proches du président. Quand je suis arrivé, j’ai mis en place une discipline stricte sur les horaires. Or, certains joueurs ont pris de mauvaises habitudes. Ils arrivent en retard aux entraînements, quand ils ne les sèchent pas. Ils sont allés se plaindre auprès du président.
Je ne vais pas demander l’équivalent d’un an de contrat, mais il y a un minimum de correction à avoir !
Vous ne pouviez pas ignorer que le MC Alger est un grand consommateur d’entraîneurs, lesquels sont souvent partis en conflit avec la direction pour des affaires de salaires non payés…
On m’avait prévenu, mais je voulais relever un beau challenge sportif. Omar Ghrib est dans la communication, il recrute des joueurs, mais derrière, la gestion du club est trop aléatoire.
Le dialogue était-il à ce point difficile avec Omar Ghrib ?
C’est quelqu’un de fuyant, trop rarement disponible. Il a abusé de ma confiance. J’ai appris qu’il était en contact avec des entraîneurs, dès le 12 juillet, dont mon compatriote Jean-Paul Rabier (cet ancien sélectionneur du Burkina Faso et de Madagascar, qui a déjà entraîné le MC Alger, a succédé à Liewig. Il a signé un contrat de deux ans, NDLR).
Vous aviez signé un contrat portant sur un an, avec un salaire mensuel de 12 000 euros…
Le club me doit de l’argent. Tout n’a pas été réglé. Je ne vais pas demander l’équivalent d’un an de contrat, mais il y a un minimum de correction à avoir ! Mes intermédiaires tentent de négocier cela avec la direction. Mon dossier a été transmis à la fédération algérienne. De mon côté, je vais sans doute saisir la Fifa.
Votre éviction coïncide avec la possible arrivée de la Sonatrach, qui s’est dite prête à aider le club. Un simple hasard ?
Oui, car la Sonatrach n’a encore rien officialisé. Mais la venue de cette société serait sans doute bénéfique au Mouloudia. Cela permettrait d’aller vers une gestion plus rigoureuse et professionnelle du club…
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Propos recueillis par Alexis Billebault

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