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03/09/2012 à 10:43
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Des soldats rwandais près de Jomba, en RDC, le 24 janvier 2009. Des soldats rwandais près de Jomba, en RDC, le 24 janvier 2009. © AFP

Les forces spéciales rwandaises ont officiellement quitté l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où elles collaboraient discrètement avec l'armée congolaise depuis mars 2011. Un départ qui soulève des questions sur la nature de leur mission et leur éventuel rôle dans la rébellion du M23.

Le départ des forces spéciales rwandaises a été officiellement annoncé vendredi 31 août. D'après Kigali, ces dernières faisaient partie d'un bataillon conjoint, mis en place en mars 2011, qui était composé de quatre compagnies (deux rwandaises et deux congolaises).

Selon le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, ce bataillon « public » et « officiel » était basé dans le territoire de Rutshuru pour combattre la rébellion hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), active dans l'est du pays et dont certains des membres sont recherchés par le Rwanda pour leur participation présumée au génocide de 1994 contre les Tutsis.

Ce bataillon conjoint avait pris le relais après les opérations militaires congolo-rwandaises de janvier et février 2009 contre les FDLR. Les troupes rwandaises restées en RDC pour participer à la traque des génocidaires n'avaient qu'un simple mandat d'« observation » des mouvements de la rébellion hutue.

Reste que le départ de ces soldats - dont le nombre exact n'a pas été précisé mais qui pourrait avoisiner les 280 hommes - intervient alors que les relations entre Kinshasa et Kigali sont très tendues. La RDC accuse le Rwanda de soutenir le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé composé d'anciens mutins de l'armée congolaise. L'ONU estime également que Kigali soutient les rebelles du M23.

Vendredi, les autorités congolaises ont demandé à l'ONU de sanctionner des responsables militaires rwandais pour leur soutien au M23. Un rapport d'expert de l'ONU met notamment en cause le ministre de la Défense, James Kabarebe, et le chef d'état-major du Rwanda, Charles Kayonga.

250 000 réfugiés au Nord-Kivu

Kigali assure avoir « planifié et négocié » le retrait de ses soldats « depuis un certain temps ». De son côté, Kinshasa affirme avoir exprimé à son voisin son « souhait » de voir ces soldats partir, entre autres pour prévenir les tentations d'alliance entre les forces spéciales et le M23. « Le gouvernement congolais accuse le Rwanda d'avoir soutenu le M23, en même temps qu'il y a les forces armées rwandaises qui soutiennent les forces armées congolaises », raille pour sa part le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23.

Bien que les compagnies rwandaises « n'aient pas pris part aux hostilités aux côté du M23, des officiers des FARDC ont dit (...) qu'ils craignaient un tel scénario », souligne l'annexe du rapport des experts de l'ONU. Selon Jason Luneno, député national à Goma, capitale du Nord-Kivu, « ces militaires rwandais [qui participaient aux opérations de début 2009, NDLR], beaucoup d'entre eux étaient restés, s'étaient enrôlés dans les FARDC », et « très, très vite » ont soutenu le M23 quand les combats avec l'armée ont commencé, faisant quelque 250 000 déplacés et réfugiés.

« La population nous dit que ces bataillons (rwandais) n'ont jamais bougé vers le M23. Tout ce que nous savons, c'est que les soldats en activité avec le M23 viennent directement du territoire rwandais », affirme de son côté Thomas D'Aquin Muiti, président de la Société civile du Nord-Kivu. Ce départ officiel permet dans tous les cas à Kigali de « montrer que le gouvernement congolais avait autorisé la présence de l'armée rwandaise sur le sol congolais », analyse Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale au groupe de réflexion International Crisis Group (ICG).

(Avec AFP)

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