Extension Factory Builder
03/09/2012 à 09:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des combattants du groupe islamiste du Mujao, près de Gao, dans le nord du Mali, le 7 août 2012. Des combattants du groupe islamiste du Mujao, près de Gao, dans le nord du Mali, le 7 août 2012. © AFP

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé, dimanche 2 septembre, avoir exécuté un des diplomates algériens qu'il retenait en otage. Le groupe islamiste armé menace la vie des trois autres otages algériens qu'il détient.

Les djihadites du Mujao, présents dans le Nord du Mali, ont fini par passer à l'acte. Dimanche, après l'expiration d'un ultimatum adressé à Alger, ils ont annoncé avoir exécuté un des diplomates algériens qu'ils retenaient en otage depuis cinq mois.

Le Mujao a indiqué que le vice-consul Tahar Touati avait été exécuté samedi matin au terme d'un ultimatum pour la libération de djihadistes en Algérie. Il a également menacé de tuer les trois autres otages algériens qu'il retient toujours si Alger ne répondait pas favorablement à ses demandes.

« Nous avons exécuté nos menaces. L'otage a été tué », a déclaré dimanche Walid Abu Sarhaoui, « président du conseil du Mujao ». « L'Algérie avait le temps pour faire avancer les négociations, mais elle n'a pas voulu. Nous avons exécuté l'otage samedi », a-t-il poursuivi.

Il a précisé avoir reçu samedi « la réponse définitive » d'Alger par l'intermédiaire d'un responsable militaire algérien, qui a indiqué que le président algérien Abdelaziz Bouteflika refusait un accord avec le Mujao. « La vie des autres otages sera rapidement en danger si l'Algérie ne nous écoute pas », a-t-il ajouté.

15 millions d'euros

Au total, sept diplomates du consulat algérien de Gao (Nord) ont été enlevés le 5 avril par le Mujao, un des groupes alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui contrôlent le nord du Mali depuis cinq mois.

L'organisation islamiste avait exigé en mai la libération de combattants islamistes prisonniers en Algérie et 15 millions d'euros pour les relâcher, avant de libérer trois otages en juillet.

Le 24 août, un message du Mujao avait menacé les autorités algériennes de représailles si elles ne libéraient pas dans les cinq jours trois djihadistes arrêtés le 15 août, dont un dirigeant d'Aqmi, Necib Tayeb, dit Abderrahmane Abou Ishak Essoufi.

« Le gouvernement algérien doit supporter l'entière responsabilité des conséquences de son entêtement et des décisions erronées et irresponsables de son président et ses généraux », avait affirmé le Mujao dans son communiqué de dimanche, relayé par l'agence de presse mauritanienne en ligne ANI et des sites internet algériens.

« L'exécution du diplomate algérien est intervenue après l'expiration de l'ultimatum fixé au gouvernement algérien. Les négociateurs algériens ont renoncé à conclure un accord pour libérer les otages à la dernière minute », selon ce texte.

Plus tôt dans la journée, les autorités algériennes avaient annoncé qu'elles vérifiaient des informations de presse annonçant l'exécution du diplomate algérien.

De "simples fonctionnaires"

Le texte auquel se réfèrent des sites algériens est « actuellement l'objet de vérifications nécessaires pour s'assurer de son authenticité », a annoncé le ministère algérien des Affaires étrangères, selon l'agence APS.

« Les contacts ne sont pas rompus » avec les ravisseurs, a précisé le ministère dans un communiqué, ajoutant que les familles des quatre fonctionnaires consulaires encore retenus en otage avaient « été reçues samedi matin » au ministère.

Le 26 août, une vidéo envoyée par le Mujao avait montré l'un des quatre otages restant demandant aux autorités algériennes de lui « sauver la vie».

L'épouse de l'un d'eux, Mourad Guessas, a appelé le Mujao à les libérer, dans une déclaration publiée dimanche par le quotidien Liberté. Ce ne sont que « de simples fonctionnaires innocents », a-t-elle plaidé en pressant le président Abdelaziz Bouteflika d'oeuvrer à la libération de ces Algériens enlevés alors qu'ils étaient au « service de l'État algérien ».

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : IBK assume la libération de quatre jihadistes

Mali : IBK assume la libération de quatre jihadistes

Très critiqué dans son pays pour avoir ordonné la libération de quatre jihadistes afin d’obtenir celle de l’otage français Serge Lazarevic le 9 décembre, Ibrahim Boubacar Ke&[...]

Mali - France : Lazarevic et Sofara

Un Français vaut-il plus qu'un Malien ? Certains jugeront la question déplacée. Elle mérite pourtant qu'on s'y arrête au vu des circonstances qui ont mené à la[...]

Jean-Yves Le Drian : "Au Mali comme en Centrafrique, l'heure de vérité approche"

Un an après le déclenchement de l'opération Sangaris, et deux ans après celui de l'opération Barkhane, le ministre français de la Défense affiche ses objectifs : des[...]

Paris veut un accord de paix au Mali en janvier

Paris souhaite que les négociations de paix maliennes entre Bamako et les groupes armés du Nord, sous médiation algérienne, aboutissent en janvier, a déclaré le ministre français de[...]

Sahel : Lazarevic pense avoir été capturé pour une rançon et nie être un mercenaire

L'ex-otage français Serge Lazarevic, libéré mardi après plus de trois ans de captivité au Sahel, a estimé dimanche, dans le journal de 20 heures de France 2, que ses ravisseurs l'avaient[...]

Mali : le Tunisien Mongi Hamdi nommé à la tête de la Minusma

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, remplace le Néerlandais Bert Koenders à la tête de la Minusma, a annoncé vendredi un communiqué des Nations unies.  [...]

Le Mali confirme que des jihadistes ont été libérés en échange de l'ex-otage français Lazarevic

Plusieurs prisonniers détenus à Bamako ont bien été libérés en échange de l'ex-otage français Serge Lazarevic, a confirmé vendredi le ministre malien de la Justice,[...]

Mali : vers un accord de paix définitif ?

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) paraît peu enclin à signer le projet d'accord de paix proposé par la médiation algérienne. Bamako compte sur Rabat pour convaincre le[...]

Mali : la mort d'Ahmed el-Tilemsi, un coup dur pour le Mujao et Belmokhtar

Ahmed el-Tilemsi, l'un des principaux chefs jihadistes de la bande sahélo-saharienne, a été tué dans un raid mené par les militaires français dans le nord du Mali. Pour Paris, il s'agit[...]

Mali : l'armée française annonce avoir tué Ahmed Tilemsi, ex-chef militaire du Mujao

L'armée française a annoncé jeudi avoir tué Ahmed Tilemsi, ex-chef militaire du Mujao, dans une opération près de Gao, au nord du Mali. Proche de Mokhtar Belmokhtar, avec lequel il a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers