Rien ne va plus entre la Gambie et le Sénégal. Les autorités de Banjul ont répété, dans un communiqué diffusé jeudi 30 août, qu’elles avaient agi en conformité de la loi en exécutant neuf détenus le 26 août, dont deux Sénégalais. Le président sénégalais Macky Sall a dans la foulée demandé à son Premier ministre de saisir les institutions africaines et internationales.
La présidence gambienne ne cède pas à la pression de la communauté internationale. Jeudi 30 août, dans un communiqué, elle a affirmé que plusieurs ministres gambiens avaient reçu des représentants de l'Union européenne, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui avaient réclamé au nom de leurs pays l'arrêt de la procédure concernant le reste des prisonniers dans le couloir de la mort (38 selon Amnesty International).
L’occasion pour Niogu Bah, ministre des Affaires étrangères, de répondre fermement aux attaques. « Les peines appliquées (le sont) en conformité avec les lois en vigueur dans le pays », a-t-il expliqué, ajoutant : les Occidentaux « doivent se rendre compte que chaque Etat souverain a ses propres lois » et « il n'existe pas de système judiciaire parfait dans le monde, y compris dans leurs propres pays ».
Des sanctions envisagées
Le 27 août, neuf détenus ont été exécutés alors que, selon le président gambien Yahya Jammeh, ils avaient épuisé leur possibilité de recours. Le chef de l’État avait précisé « que toutes les peines prononcées par la justice en Gambie seront appliquées à la lettre, y compris les peines de mort ». Une déclaration qui n’était pas passée inaperçue à Dakar, d’autant que deux des personnes exécutées étaient de nationalité sénégalaise.
Jeudi 30 août, le président Macky Sall a ainsi demandé à son Premier ministre « de saisir toutes les institutions africaines et internationales habilitées pour suspendre la décision » d'exécution à l'encontre du troisième sénégalais, « dénoncer ce qui s'est passé et exiger des sanctions contre la Gambie ».
La responsable de l'ONU en charge des droits de l'Homme, Mme Navi Pillay, s’était un peu plus tôt déclarée « profondément troublée », estimant que les exécutions marquaient « un recul regrettable pour la protection des droits de l'Homme » en Gambie où, officiellement, la peine capitale n'avait pas été exécutée depuis 27 ans.

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