Menace islamiste, terrorisme, trafic d'armes, prises d'otages... Réunis à Hammamet en Tunisie, experts africains et européens débattent de la situation sécuritaire dans la zone sahélo-saharienne. Avec la crise malienne au cœur des préoccupations, les invités du Centre des stratégies de sécurité du Sahel Sahara (C 4S), esquissent des pistes de solutions pour pacifier la région.
La conférence organisée les 30 et 31 août à Hammamet (Tunisie), par le Centre des stratégies de sécurité du Sahel Sahara (C 4S) - think-tank fondé par le diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah - ambitionnait de parler généralement de paix et de sécurité dans le Sahel. Mais bien vite, les débats ont été monopolisés par le Mali, en particulier le Nord du pays, occupé depuis avril par les islamistes d’Ansar Eddine et leurs alliés djihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).
« Aqmi est un cancer qui se métastase et je reste persuadé que chaque capitale ouest-africaine en possède une cellule dormante », a martelé dans son exposé le journaliste et écrivain Serge Daniel, auteur d’Aqmi, l’industrie de l’enlèvement. « Les djihadistes qui règnent dans le Nord-Mali n’ont pas de projet politique, mais une vision claire de la manière dont ils peuvent utiliser toute cette zone pour leurs trafics » ajoute-t-il. « Sous le vernis idéologique, Aqmi n’a qu’un seul objectif : faire du business », a renchéri le Marocain Abdelmalek Alaoui, président de l’Association marocaine d’intelligence économique (AMIE) et gérant associé de Global intelligence partners, entreprise d'intelligence économique.
"Trouver des solutions à nos problèmes"
Durant deux jours, à l’Alhambra d’Hammamet (Tunisie), experts sécuritaires, chercheurs, humanitaires, diplomates et journalistes sont réunis pour débattre des risques sécuritaires encourus par les pays du Sahel et du Sahara, face à la menace islamiste. Pour parler des solutions possibles, et aussi de développement. Ils sont venus d’Alger, de Bamako, de Nouakchott, de Niamey, de Paris ou de Berlin pour confronter leurs points de vues.
« Il faut que l’on arrête de dire que c’est la faute des autres et que nous Africains commencions à trouver des solutions à nos problèmes » a déclaré, à l’ouverture des débats, Ahmedou Ould Abdallah, ex-ministre des Affaires étrangères de Mauritanie et président du C 4S. « C’est par des discussions ouvertes et franches que l’on pourra trouver des pistes de solutions. »
On comptera parmi les intervenants le ministre nigérien de la Justice Marou Amadou, le chercheur français André Bourgeot ou encore le Délégué général aux élections maliennes, le général Siaka Sangaré, mais aussi les ex-ministres maliens Zakiatou Wallet Halatine et Hama Ag Mahmoud, membres du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, la rébellion touarègue), qui a perdu le contrôle du nord du Mali au profit des djihadistes.
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Malika Groga-Bada, envoyée spéciale à Hammamet

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