Extension Factory Builder
30/08/2012 à 19:14
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La police encercle le corps de mineurs grévistes, le 16 août 2012 à Marikana. La police encercle le corps de mineurs grévistes, le 16 août 2012 à Marikana. © AFP

Rebondissement dans l’enquête sur la fusillade qui a fait 34 morts, le 16 août, à la mine de Marikana. Les 270 mineurs arrêtés ont été inculpés, jeudi 30 août, par la justice sud-africaine pour le meurtre de leurs collègues.

L’information risque de compromettre les négociations en cours à la mine de Marikana. Les mineurs sud-africains arrêtés le 16 août à la suite de la fusillade meurtrière dans la mine détenue par Lonmin ont été inculpés, jeudi 30 août, pour le meurtre de leurs 34 collègues. « La cour a inculpé aujourd'hui tous les mineurs de meurtre, conformément à la loi », a indiqué le porte-parole du parquet, Frank Lesenyego.

D'après lui, la justice se base sur la doctrine juridique dite de « commom purpose ». La loi impute aux personnes participants à un acte criminel la responsabilité pénale des conséquences de cet acte. La sentence, d’une extrême violence, doit s’appliquer aux 270 mineurs arrêtés après le conflit social le plus violent qu'a connu le pays depuis la fin de l’apartheid. Les personnes qui ne portaient pas d’armes ou se trouvaient en queue de cortège sont aussi concernées.

« Quand des gens sont accusés d'avoir un objectif commun dans une situation où les suspects ont des armes à feu ou des armes, et quand ces gens confrontent ou attaquent la police, qu’une fusillade a lieu et qu’il y a des morts, la « common law » doit être appliquée », a justifié Frank Lesenyego.

Loi utilisée sous l'apartheid

La loi du « common purpose » est une doctrine juridique bien connue des Sud-Africains. Avant 1994, elle était utilisée par le pouvoir contre les militants anti-apartheid.

Le tribunal de première instance de Ga Rankuwa, une localité proche de la capitale Pretoria, a refusé la demande de libération sous caution des mineurs. Peu avant la délibération de la Cour, l’avocat des mineurs, Lesego Mmusi, estimait que la police aurait pu réagir d’une  manière différente pour éviter toute confrontation violente.

« C'est de la folie, a réagi Julius Malema, le trublion du Congrès national africain (ANC), en entendant prononcer l'inculpation. Les policiers qui ont tué ces mineurs ne sont pas en prison, pas un seul d'entre eux ! »

Le chef de l'État, Jacob Zuma, a promis qu’une commission d’enquête statuerait sur la responsabilité des policiers qui ont ouvert le feu à balles réelles contre les manifestants, faisant 34 morts et 78 blessés. La commission est chargée de déterminer si leur réaction était proportionnelle à la menace que présentaient les mineurs, comme l'affirme la direction de la police. Dix personnes, dont deux polciers et deux membres de la sécurité de la mine, ont également été tuées lors des manifestations qui ont précédé la fusillade.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Afrique du sud

Afrique du Sud : Zuma annule un voyage après de nouvelles violences xénophobes

Afrique du Sud : Zuma annule un voyage après de nouvelles violences xénophobes

Le président sud-africain Jacob Zuma a annulé samedi un voyage à l'étranger après une nouvelle nuit de violences xénophobes perpétrées par des casseurs et pilleurs, qui on[...]

Afrique du Sud : six morts et plus de 5 000 déplacés après des violences xénophobes

Depuis trois semaines, des violences xénophobes secouent l’Afrique du Sud. Une situation qui a déjà fait six morts et plus de 5 000 déplacés.[...]

Afrique du Sud : Durban se mobilise contre la xénophobie

Ils sont plusieurs milliers à manifester jeudi à Durban pour dénoncer la vague d'attaques contre les ressortissants étrangers installés dans la ville.[...]

Afrique du Sud : qui succédera à Helen Zille à la tête du principal parti d'opposition ?

Après 8 ans à la tête du principal parti d'opposition en Afrique du Sud, Helen Zille tire sa révérence. L'adversaire coriace de Jacob Zuma ne sera pas candidate lors des élections de[...]

Cecil Rhodes déboulonné, un millier de migrants en fuite après des violences xénophobes

La statue du colonisateur britannique Cecil Rhodes a été déboulonnée jeudi au Cap. Une victoire contre le passé raciste de l'Afrique du Sud, pour certains, alors que le pays est à nouveau[...]

En Afrique du Sud, Robert Mugabe attaque l'Occident et les Nations unies

En Afrique du Sud pour une visite historique de deux jours sous le signe de l'économie, le président zimbabwéen et chef de l'Union africaine, Robert Mugabe, en a profité pour décocher quelques[...]

État islamique : combien de vierges pour une ado sud-africaine ?

Comme Boko Haram, l’État islamique est friand de jeunes Africaines. Mais contrairement à l’organisation terroriste basée au Nigeria, Daesh essaie d'en attirer des consentantes. Une Sud-Africaine[...]

L'Afrique du Sud teste une nouvelle molécule contre la tuberculose multirésistante

Depuis 2013, quelques 217 Sud-Africains, sur 500 patients-test dans le monde, ont été mis sous traitement à la bedaquiline contre la tuberculose multirésistante. Près de 3000 personnes[...]

Afrique du Sud : faut-il détruire les statues de l'apartheid ?

Les actes de vandalisme contre des statues d'anciens dirigeants blancs se multiplient en Afrique du Sud. Un phénomène qui vise le passé colonial et raciste du pays, mais qui remet aussi en question[...]

Afrique du Sud : les propos xénophobes du fils de Jacob Zuma font scandale

Après les propos racistes du roi zoulou Goodwill Zwelithini, c'est au tour du fils du président sud-africain, Edward Zuma, de demander aux étrangers de plier bagages. Des déclarations qui suscitent la[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120830184303 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120830184303 from 172.16.0.100