Charles Konan Banny, chef de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), a estimé que la reprise du "dialogue politique" en Côte d'Ivoire est primordiale, après les derniers affrontements entre partisans de Gbagbo et de Ouattara.
Bien décidé à reprendre la main, le chef de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), Charles Konan Banny, va lancer une grande concertation avec les partis politiques et les représentants de la société civile. Car pour l'ex-Premier ministre l’heure est grave, après les derniers affrontements entre partisans de Gbagbo et de Ouattara. « La Nation ivoirienne est en danger », a déclaré Charles Konnan Banny dans un entretien avec l'AFP réalisé mardi 28 août. Le danger qui guette le pays, c'est sa « déstructuration » sous l'effet « de la haine, des violences, de l'intolérance ».
« Il n'est pas trop tard », explique-t-il cependant. « Nous trébuchons, nous n'avons pas encore chuté ». Charles Konan Banny appelle à la reprise du dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition, inauguré en avril mais mis à mal par les récentes tensions. « J’attends du chef de l'État, président de tous les Ivoiriens, qu'il prenne des initiatives en ce sens », a-t-il dit.
"Jeu démocratique"
De son côté, le Front patriotique ivoirien de l’ancien président Laurent Gbagbo, que le gouvernement accuse d’être derrière les attaques contre l'armée et de rêver de déstabilisation, doit, quant à lui, respecter le jeu démocratique et « accepter la main tendue par le gouvernement ». « Ceux qui ont perdu le jeu démocratique », comme « les autres partenaires socio-politiques, doivent accepter aussi de venir à la table du dialogue en toute honnêteté, liberté et sincérité », a-t-il déclaré.
Pour faire avancer la réconciliation, Charles Konan Banny se dit prêt à échanger « directement ou indirectement » avec Laurent Gbagbo. Le patron de la Commission réconciliation se veut moins conciliant avec le chef des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo, Charles Blé Goudé, qui lui a écrit pour lui proposer une rencontre.
« Il recevra la réponse », répond simplement Konan Banny, soulignant que l'ex-« général de la rue » est poursuivi par la justice ivoirienne, qui a émis un mandat d'arrêt international. « On n'est pas là pour absoudre a priori ».
(Avec AFP)

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