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29/08/2012 à 18:17
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Un soldat du M23 à Bunagana, le 22 juillet 2012. Un soldat du M23 à Bunagana, le 22 juillet 2012. © AFP

La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a indiqué mercredi 29 août que l’ONU enquêtait sur des massacres ayant fait des centaines de morts au début du mois sur le territoire de Masisi, dans le Nord-Kivu en République démocratique du Congo. Mardi, le Rwanda était entendu par le Comité des sanctions du Conseil de sécurité sur son supposé soutien au M23.

« La détérioration de la situation sécuritaire générale dans le Nord-Kivu suite à la mutinerie du M23 et aux attaques impitoyables contre les civils qui y sont liées est extrêmement alarmante ». Le constat dressé mercredi 29 août par le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC), Roger Meece est cinglant.

Dans un communiqué diffusé mercredi, la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a ainsi indiqué que l’ONU enquêtait sur des massacres ayant fait des centaines de morts au début du mois sur le territoire de Masisi. « Des rapports préliminaires suggèrent qu'un nombre important de personnes - pour la plupart des femmes et des enfants - auraient été massacrés. La brutalité même de ces tueries dépasse l'entendement. Dans certains cas, les attaques contre des civils pourraient constituer des crimes contre l'humanité », a-t-elle ajouté « Des allégations portant sur plusieurs centaines de morts sont en train d'être vérifiées », a déclaré la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, dans un communiqué diffusé à Genève.

Violations graves des droits de l'homme

Le constat des responsables de l’Onu a été documenté grâce aux quatre missions effectuées par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en RDC (BCNUDH) en RDC. Le bilan du BCNUDH fait état de violations graves des droits de l'homme, dont des massacres de civils et des destructions et pillages d'habitations et de biens, ainsi que le déplacement massif de milliers de civils.

L’organisme onusien fait état de plus de 45 attaques dans environ 30 villes et villages depuis mai, dans les zones Ufamandu I et II du territoire de Masisi. Certaines de ces attaques auraient été menées par le groupe armé des Raïa Mutomboki et d'autres par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), parfois en coalition avec une milice Hutu baptisée Nyatura.

Consultation informelle

L’ONU s’active donc. Mardi, le Rwanda était entendu par le Comité des sanctions du Conseil de sécurité à l’occasion d’une consultation informelle. Les membres du groupe d'experts de l'ONU sur la RDC, dont son coordinateur Steve Hege (que le Rwanda accuse de sympathie envers les FDLR), ainsi qu’une délégation congolaise emmenée par le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, étaient également présents lors de cette réunion. Les trois parties se sont exprimées.

Accusé de soutenir les rebelles du M23, Kigali a présenté sa réponse. Après une présentation du conseiller du Rwanda au Nations-unie Olivier Nduhungirehe, le conseiller chargé de la sécurité et de la défense du Président Paul Kagamé, le major Patrick Karuretwa, a plaidé la cause de son pays. Il a répété qu’il était impossible de procéder à l'entraînement militaire du M23 dans le camp de Kanombe (situé côté rwandais), et que les canons 75 mm et autres lance-grenades antichars (trouvés dans l’arsenal du M23) ne font plus partie des arsenaux des forces armées rwandaises depuis leur « élimination en 2008 ». 

Si la présence d’officiels rwandais à l’ONU est un symbole fort, les griefs présentés mardi faisaient déjà partie du document envoyé par les autorités rwandaises aux Nations unies le 30 juillet, dans lequel Kigali répondait aux accusations du groupe d'experts. Des experts dont la publication du rapport final est prévue pour novembre.
 

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