Après plus de 72 heures de garde à vue, le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), Laurent Akoun, a été inculpé, mardi 28 août, pour atteinte à l’ordre public par les services du procureur de la République. Il a été mis sous mandat de dépôt et sera jugé vendredi.
Laurent Akoun, secrétaire général par intérim et porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), avait été arrêté le 26 août par la gendarmerie nationale, dans la localité d'Adzope, à 80 kilomètres a l'ouest d'Abidjan. Il a été présenté ce mardi 26 août à un juge, qui l'a aussitôt inculpé formellement pour atteinte à l'ordre public. « Laurent Akoun a été inculpé pour troubles à l'ordre public pour le moment, a confié à Jeune Afrique Simplice Koffi Kouadio, le procureur de la République près du tribunal de Première instance d'Abidjan-Plateau. Il sera jugé en fin de semaine probablement dans le cadre d'une procédure de flagrant délit. Mais la procédure d'instruction suit son cours normal. Si d'autres faits lui sont imputés lors de l'enquête, ils seront ajoutés au premier chef d'accusation. »
Me Toussaint Zahui Dako, l’avocat de Laurent Akoun a expliqué à l’AFP que son client est poursuivi pour des déclarations tenues la semaine dernière lors d’une conférence de presse, lors de laquelle il avait accusé le pouvoir du président Alassane Ouattara d’imposer un « modèle totalitaire » et d`avoir commandité des attaques d’hommes en armes contre le siège du FPI et un groupe de presse pro-Gbagbo. L’avocat s’est étonné que les propos tenus alors puissent être jugés « de nature à troubler l’ordre public ».
Écroué à la Maca
En attendant, le numéro 2 du parti de l'ancien président, Laurent Gbagbo, a été placé sous mandat de dépôt et écroué a la maison d'arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Il rejoint ainsi dans l'univers carcéral Alphonse Douati, secrétaire général adjoint incarcéré la semaine dernière pour atteinte à la sûreté de l'État. Après la vague d'attaques qui a secoué la Côte d'Ivoire au cours des dernières semaines, le gouvernement ivoirien accuse les responsables du FPI d'être à l’origine de ces violences et des tentatives de destabilisation. Mais les dirigeants du parti de Gbagbo nient en bloc ces mises à l’index qu’ils jugent « sans fondement ».

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