La confirmation lundi de la présence à Kinshasa du président français François Hollande au sommet de la Francophonie prévu du 12 au 14 octobre suscite diverses réactions dans la classe politique congolaise, voire dans les groupes armés actifs à l’est de la République démocratique du Congo. Jeune Afrique a recueilli la réaction de Jean-Marie Runiga, le coordonnateur politique de la rébellion du M23. Exclusivité.
Jeune Afrique : Dans son discours devant les ambassadeurs lundi dernier à l'Élysée, le président français a confirmé sa présence au XIVe Sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa, capitale de la RDC. Quelle est votre réaction ?
Jean-Marie Runiga : J’ai beaucoup d’estime pour le président français François Hollande. Mais, je dois avouer que j’ai été très surpris de la confirmation de sa présence à Kinshasa. Toutes les conditions posées pour sa présence dans la capitale congolaise n’ont pas encore été tenues : la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui a bâclé les dernières élections, n’a toujours pas été enclenchée et le respect des droits humains est encore loin d’être une priorité pour le régime de Joseph Kabila. Venir dans la capitale dans ces conditions constitue une humiliation pour le peuple congolais.
Pensez-vous que cette venue annoncée de François Hollande à Kinshasa soit une marque de soutien de la France au gouvernement congolais confronté à des groupes armés, dont le M23, bénéficiant de l’appui présumé du Rwanda ?
Le M23 ne bénéficie pas du soutien du Rwanda. En tout cas, pas pour l’instant. Par ailleurs, nous considérons que François Hollande viendra à Kinshasa légitimer un pouvoir en difficulté. Un pouvoir illégitime, décrié par la majorité du peuple congolais qui risque même de se soulever pour barrer la route à la présence du président français sur son sol. Notre mouvement, lui, n’envisage aucune action pouvant perturber le séjour des délégations étrangères invitées à ce forum.
François Hollande a annoncé qu’il rencontrera sur place les membres de l’opposition politique et ceux de la société civile...
Nous nous en réjouissons, même si nous aurions préféré, pour des raisons d’impartialité, que le président français vienne aussi nous rencontrer. Cela l’aurait permis d’avoir une vision globale de la crise à l’est de la RDC.
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Propos recueillis par Trésor Kibangula

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