Faut-il défendre Sami Fehri et ses marionnettes ? Depuis que la justice a ordonné, vendredi dernier, le placement en détention du patron d’Ettounsiya TV, les twittos tunisiens sont partagés.
Il y a d’abord ceux qui estiment que le placement de Sami Fehri en détention - dans le cadre d'une instruction pour des préjudices financiers causés à la télévision publique sous Ben Ali - constitue une entrave majeure à la liberté de la presse. Selon eux, le jeune producteur paierait en réalité le ton trop moqueur de ses marionnettes. Dans la « Logique Politique », équivalent tunisien des « Guignols de l’Info », les dirigeants Nadhaouis comme Rached Ghannouchi ou le Premier ministre Hamadi Jebali étaient régulièrement épinglés.
« Tout cela m'arrive à cause de quatre Guignols », s’est ainsi défendu Sami Fehri sur les ondes d'Express FM après l’annonce de sa condamnation. Selon lui, Lotfi Zitoun, un influent conseiller de Hamadi Jebali, l'aurait contacté pour lui faire part d'un «grand mécontentement », qualifiant le programme diffusé par la chaîne d'« inacceptable ». Quelques jours plus tôt, Sami Fehri avait déjà expliqué l’interruption de son émission pour cause de pression des autorités.
Sur Twitter, beaucoup d’utilisateurs tunisiens fustigent la condamnation de l’ancien animateur, estimant qu’il est avant tout victime de la censure islamiste.
Si @MoDhaoui n’a pas de scrupules, d’autres twittos sont moins complaisants avec Sami Fehri et pointent du doigt ses anciens liens avec le clan Trabelsi. Avant la révolution, le producteur s’était en effet associé à Belhassen Trabelsi, le beau-frère de Ben Ali aujourd'hui en fuite, pour fonder la société de production Cactus. Cette dernière fournissait notamment de nombreux programmes à la télévision nationale. Après la chute de Ben Ali le 14 janvier 2011, l’État a saisi 51 % des parts de Cactus et l’a placée sous contrôle judiciaire. Quant à Sami Fehri, il est aujourd'hui placé en détention dans le cadre d'une instruction pour « usage illicite des de ressources de l'Établissement de la télévision tunisienne » sous le régime de Ben Ali.
Un passé qui pèse lourd dans l'opinion de certains twittos :
D'après les dernières nouvelles relayées par la presse, le producteur des Guignols tunisiens, qui devait se rendre à la police samedi après-midi, n'était toujours pas incarcéré lundi matin.

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