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23/08/2012 à 18:15
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Un homme lit le journal francopohone 'L'Éléphant déchaîné', le 17 août 2012 à Abidjan. Un homme lit le journal francopohone "L'Éléphant déchaîné", le 17 août 2012 à Abidjan. © AFP

Pour faire face à la recrudescence de la violence armée dans le pays, dans laquelle des anciens combattants pourraient être impliqués, le gouvernement procède à une vaste opération de recensement de ces derniers. Mais le plus important devra suivre : le désarmement et la réintégration.

Le gouvernementivoirien réagit-il enfin à la recrudescence de la violence à tous les niveaux ? Alors que la démobilisation des ex-combattants de la crise ivoirienne a accusé beaucoup de retard, le ministère de la Défense a annoncé qu’un nouveau recensement avait commencé dans une caserne de Bouaké (centre), jeudi 23 août.

Au moins 300 personnes s’y sont rendues dans la matinée pour se faire enregistrer. Selon Bertin Kouassi Yao, conseiller technique au ministère de la Défense et coordonnateur de cette nouvelle opération, plusieurs villes de Côte d’Ivoire seront également concernées pendant « un mois ».

Reste à savoir combien de combattants doivent déposer les armes. Plus de 100 000, selon une structure jusque-là impliquée dans le programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). Moins, selon les informations de Jeune Afrique : sur le terrain, de 40 000 à 70 000 mercenaires étrangers, miliciens et chasseurs traditionnels dozos  continuent à faire régner leur loi, vivant de divers trafics.

"Gangrène"

Le climat sécuritaire de ces dernières semaines a montré l’urgence du règlement de ce que nombre d’analystes comparent à une « gangrène » de l’État de droit. Ce dont a conscience le président Alassane Ouattara, qui vient de signer un décret instaurant une « Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration » (DDR), a annoncé le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, sur la télévision publique, mardi.

L’organisme, promis depuis plusieurs semaines, doit désormais prendre en charge le travail d’une dizaine de structures dont la gestion et la coordination étaient jugées catastrophiques par les bailleurs. Depuis une décennie, les programmes de DDR se sont succédé avec des résultats très limités, entraînant surtout beaucoup de frustration et d’amertume parmi les anciens combattants.

On a encore des armes, si on n'a pas une bonne situation, on ne va pas déposer les armes.

Issouf Bamba, ex-rebelle

De nombreux responsables – y compris au sein du gouvernement - suspectent des supplétifs des FRCI encore non démobilisés d’avoir pris part à certaines attaques contre l’armée nationale ces dernières semaines. « Nous sommes découragés des politiciens », a confié Issouf Bamba, qui a appartenu à l'ex-rébellion. « Chaque année c'est le même scénario, on nous recense et après on ne voit rien », dit-il . Avant de menacer : « On a encore des armes, si on n'a pas une bonne situation, on ne va pas déposer les armes ».

Le gouvernement a accusé des miliciens et militaires pro-Gbagbo après les attaques contre l'armée, ce que le parti de l'ancien président, le Front populaire ivoirien (FPI), a récusé.

(Avec AFP)

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