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23/08/2012 à 13:32
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Des salafistes avenue Habib Bourguiba, en janvier 2012. Des salafistes avenue Habib Bourguiba, en janvier 2012. © Sipa

Jamel Gharbi, élu régional de la Sarthe (Parti socialiste), a été violemment agressé, le 16 août, par des militants salafistes à Bizerte, ville dont il est originaire.

Mis à jour à 16h30.

Les salafistes tunisiens veulent désormais s'en prendre aux étrangers ? Manque de chance pour eux, ce jeudi 16 août, à Bizerte, il ne s'agissait pas de n'importe quels touristes. Jamel Gharbi est élu régional du Parti socialiste (PS) dans la région Pays de la Loire. Originaire de Bizerte, il se promenait dans les rues de la ville avec sa femme et sa fille de douze ans, à l'occasion de la soirée de clôture du célèbre Festival international de musique, danse et théâtre.

Ils sont alors pris à partie par un groupe d'une cinquantaine de « barbus », qui visiblement n'apprécient guère les tenues estivales portées par la mère et sa fille. « Ils les ont agressées verbalement en raison de leurs vêtements d'été, qui n'avaient pourtant rien de choquant », a déclaré Jamel Gharbi à l'AFP. Le ton monte et la situation dégénère rapidement. Après avoir ordonné à sa famille de s'enfuir, l'élu PS de 62 ans ne parvient pas à échapper à ses agresseurs. Ils lui tombent dessus à bras raccourcis et le frappent « à coups de matraques et de gourdins ».

Personne ne m'a secouru. Je n'ai dû mon salut qu'au fait que j'ai réussi à m'enfuir. Si j'étais tombé à terre, ils m'auraient lynché.

« Personne ne m'a secouru. Je n'ai dû mon salut qu'au fait que j'ai réussi à m'enfuir. Si j'étais tombé à terre, ils m'auraient lynché », a-t-il raconté après son agression. Pris en charge par l'ambassade de France, Jamel Gharbi a porté plainte en Tunisie avant de revenir en urgence en France. Victime de nombreuses contusions, il s'est vu prescrire quinze jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Trois attaques en trois jours

Son agression a également soulevé de nombreuses réactions au sein de la classe politique française. Jeudi 23 août, lors d'une conférence de presse, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a qualifié cet acte d'« inacceptable » et évoqué un « incident très sérieux ». Le président du conseil régional des Pays de la Loire, Jacques Auxiette (PS), a lui fermement condamné l'agression et indiqué que sa collectivité régionale resterait « informée et attentive aux suites données à la plainte déposée par son élu ». De son côté, le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), lui aussi originaire de Bizerte, a dénoncé « un acte indigne et lâche, perpétré par une minorité extrémiste » et qui « porte atteinte aux valeurs de la Tunisie ».

La soirée de clôture du festival de Bizerte avait été fortement perturbée par les islamistes radicaux. D'après le ministère de l'Intérieur tunisien, « environ 200 personnes affiliées au courant salafiste » avaient ciblé la manifestation culturelle. Selon des témoins, ils étaient armés de sabres et de bâtons. Outre Jamel Gharbi, cinq autres blessés ont été recensés le soir du 16 août. Deux jours plus tôt, un concert et un spectacle comique avaient déjà été annulés à cause des menaces des extrémistes. En juin, c'est une exposition d'art dans la banlieue de Tunis qui avait déclenché la fureur des « fous de Dieu »

 

 

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