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22/08/2012 à 08:48
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  Des policiers tunisiens surveillent les prières du vendredi, le 15 juin 2012 à Tunis. Des policiers tunisiens surveillent les prières du vendredi, le 15 juin 2012 à Tunis. © Fethi Belaid/AFP

Accros à l’information, les Tunisiens ont passé un été à se faire peur. En cause, l’intox que certains médias et les réseaux sociaux sont prompts à déverser, par manque de recul ou tout simplement pour déguiser des rumeurs en scoop, histoire de donner du piment à une actualité un peu morne. Retour sur les plus belles "désinformations" de l’été.

  • Le 2 juin : alors que la ville de Jendouba (nord-ouest de la Tunisie) se remet de différentes actions violentes menées par les salafistes, les médias annoncent qu’un groupe de radicaux a tenté de destituer l’imam de la mosquée de Dahmani, près du Kef, avant la prière du vendredi, mais que les habitants les ont mis en fuite. En fait le « groupe » n’était constitué que de deux « barbus », dont l’un est connu pour être le « fada » du bourg...
  • Juillet : Le gouvernement tunisien annonce de nombreuses privatisations et l’octroi au Qatar de l’exploitation du Complexe Sucrier. Dans la foulée, des quotidiens soutiennent que le gisement de phosphates de Sra Ouertane connaîtra le même sort. L’État dément aussitôt. 
  • Le 22 juillet : en raison du ramadan, les forces de l’ordre obligent des cafés et des restaurants à ne pas servir durant la journée. Considérée comme une atteinte aux libertés individuelles, la nouvelle suscite une violente indignation, qui prend de l’ampleur… jusqu’à faire courir la rumeur que même les hôtels ne peuvent pas servir les Tunisiens. C’est une intox : les établissements hôteliers n’ont rien changé à leurs habitudes et n’ont pas fait de discrimination entre leurs clients.

Il peut être difficile de faire la distinction entre voyous et salafistes, qui arborent souvent la même barbe abondante…

  • Le 7 août : quelques sites d’information signalent des accrochages entre salafistes et non jeûneurs à Bizerte (Nord). Effectivement, pendant toute la journée, une bataille rangée aux relents de gaz lacrymogène a secoué la ville. Mais il s’agissait d’un différend entre marchands à la sauvette qui se disputaient des emplacements au centre ville. Il est vrai qu'il peut être difficile de faire la distinction entre voyous et salafistes, qui arborent souvent la même barbe abondante…
  • Le 12 août : les réseaux sociaux s’offusquent qu’aucun officiel n’ait accueilli, lors de son retour à Tunis, Habiba Ghribi, médaillée d’argent sur 3 000 mètres steeple aux Jeux Olympiques de Londres. Pourtant Tarek Dhiab, ministre de la Jeunesse et des Sports, ainsi que Sihem Badi, ministre de la Femme et de la Famille, étaient bien au salon d’honneur de l’aéroport. Il est vrai que la réception fut très discrète.
  • Le 19 août : les photographies spectaculaires des prières de l’Aïd el-Fitr dans les espaces publics et sur les plages font le tour des réseaux sociaux et suscitent l’émoi. Pourtant, le même phénomène a eu lieu en 2011. Si l’on peut s’interroger sur l’origine des financements des installations (tapis de prière, services d’ordre), ces prières n’ont pas perturbé les activités touristiques – comme l’ont prétendu certains sites - puisqu’elles se déroulaient à 7 heures 30 du matin. Les grandes messes en plein air menées par les papes ou les évêques ne choquent personne, mais on s’étonne en Tunisie du regain de la grande prière collective,  traditionnelle pour l’Aïd…

 

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