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21/08/2012 à 12:34
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La grève continue à la mine de Marikana, en Afrique du Sud. La grève continue à la mine de Marikana, en Afrique du Sud. © AFP

Si la grève continue à Marikana, la situation s'est légèrement apaisée, mardi 21 août. La direction de Lonmin, exploitant de la mine, a en effet estimé que la menace de licenciement qu’elle avait proférée pouvait être contre-productive alors que l’État sud-africain, lui-même sous la pression de l'opinion publique, a obtenu de la société britannique une suspension de l’ultimatum pour la reprise de travail.

Peu à peu, la société Lonmin se fait  moins intransigeante. Mardi 21 août, elle a estimé par la voix de son vice-président, Mark Munroe, que licencier les quelque 3 000 grévistes de la mine de Marikana ne contribuerait pas à pacifier la situation, cinq jours après la fusillade policière qui a fait 34 morts. « Je ne pense pas que cela contribuerait à créer un environnement plus stable si Lonmin arrive avec des dates limites et des ultimatums en disant : "Nous allons virer tout le monde si personne ne vient travailler" », a-t-il déclaré sur la radio 702.

Suspension de l’ultimatum

Lonmin a par conséquent accepté de ne procéder à aucun licenciement avant la fin de la semaine de deuil décrétée par le président Jacob Zuma. Selon la société britannique cotée à Londres, environ un tiers des employés de la mine auraient repris le travail, mardi 21 août, soit un peu plus que les 27% annoncés la veille. Deux-tiers des salariés ayant donc à nouveau choisi de braver l’ultimatum fixé par la société à 7 heures, mardi 21 août (5 heures GMT), sous menace latente de licenciement.

Le secrétaire général de la présidence sud-africaine, Collins Chabane, était intervenu, mardi matin, pour demander à Lonmin de suspendre son ultimatum jusqu'à ce que toutes les victimes de la répression policière du 16 août aient été identifiées et enterrées. « Nous devons essayer de calmer l'explosion d'émotions de chaque côté et de tenter de parvenir à une solution raisonnable », a-t-il déclaré.

Nous devons essayer de calmer l'explosion d'émotions.

Collins Chabane, Secrétaire général de la présidence sud-africaine

« Dans ce contexte de deuil des personnes qui sont mortes dans cette grève, nous pensons qu'il est important pour eux d'examiner la question d'une suspension de l'ultimatum », avait-t-il ajouté alors que six des 34 victimes de la fusillade du 16 août n'ont pour le moment pas encore été identifiées. L’identification devrait s’achever mercredi 22 août, à temps pour des cérémonies prévues le lendemain dans le cadre de la semaine de deuil national décrétée par le président Jacob Zuma.

Zuma "responsable"

Le président Zuma avait été vivement critiqué après la répression policière du jeudi 16 août. Alors en déplacement à Maputo pour le sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), celui-ci avait été contraint de regagner l’Afrique du Sud pour tenter d’apaiser les tensions. De nombreuses voix se sont néanmoins élevées, réclamant sa démission.

NUM n’est plus un syndicat. C’est une entreprise.

Julius Malema, Ancien leader de la Ligue de la Jeunesse de l'ANC

Parmi elles, celle de l’ancien leader de la Ligue de la Jeunesse de l’ANC (Congrès national africain), Julius Malema, s’est fait particulièrement entendre, samedi 18 août, sur les lieux de la contestation. « Le président Zuma est responsable des morts dans votre camp, il doit démissionner », a-t-il lancé, attaquant également l’Union nationale des mineurs (NUM), lié à l’ANC.

« Ce n’est plus un syndicat. C’est une entreprise. NUM a des parts dans les mines. Elle a prouvé qu’elle n’avait pas l’intention de defender les travailleurs mais simplement de faire de l’argent », s’est écrié Malema. Une façon de sortir de l’anonymat politique dans lequel il avait été poussé après son exclusion de l’ANC en reprenant un vieux cheval de bataille : la nationalisation des mines et l’expulsion des propriétaires Blancs.

(Avec AFP)

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