Extension Factory Builder
20/08/2012 à 17:59
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les mineurs de Marikana ont bravé l'ultimatum lancé par Lonmin. Les mineurs de Marikana ont bravé l'ultimatum lancé par Lonmin. © AFP

Faut-il y voir une inflexion de la part de l'exploitant de la mine de Marikana, Lonmin, ou une tactique pour épuiser le mouvement social ? Lundi 20 août, la société britannique a cherché l’apaisement en repoussant d’une journée l’ultimatum lancé aux grévistes pour reprendre le travail et écartant provisoirement ses menaces de licenciements envers les récalcitrants.

Le bras-de-fer a semble-t-il tourné, provisoirement, en faveur des grévistes sud-africains. Lundi 20 juin, la société Lonmin a en effet accepté de négocier, après l’échec de l’ultimatum lancé aux salariés pour la reprise du travail, avec menaces de licenciement à la clé. Prétextant la reprise de l’activité de la mine, alors qu’un ouvrier sur quatre seulement avait suivi la directive, le groupe coté à Londres a discuté pour la première fois avec les syndicats depuis la fusillade qui a fait 34 morts, jeudi 16 août.

« Après des consultations avec plusieurs représentants syndicaux, l'entreprise peut annoncer que les mineurs en grève illégale qui n'ont pas repris le travail ce matin ne seront pas licenciés, et qu'il leur a été accordé un jour de plus, à la lumière des circonstances actuelles », indique un communiqué de l’entreprise.

Aucune avancée salariale

Si une porte semble s’être entrouverte, la situation reste toutefois tendue. Lonmin rappelle ainsi que son ultimatum n’est pas levé mais simplement repoussé à mardi 21 août. Et, si l’expression « menace de licenciement » a pour le moment disparu des textes, elle pourrait tout à fait refaire son apparition si les grévistes bravaient une nouvelle fois la direction.

De plus, aucune avancée n’a été mentionnée concernant le point crucial du conflit : la hausse de salaire réclamée par les employés de la mine.

"Ils peuvent nous virer s'ils veulent"

« Ils peuvent nous virer s'ils veulent, nous ne retournons pas au travail. Jacob Zuma doit fermer cette mine », s’est à nouveau exclamé un des mineurs présents, s'adressant à ses collègues, qui s’étaient regroupés lundi 20 août au nombre d’environ un millier, dans une ambiance relativement apaisée où les participants ne portaient plus d’armes blanches.

Nous sommes traités comme des esclaves.

Un gréviste de marikana

« Lonmin s'intéresse plus aux investisseurs qu'à nous », a également lancé l'un des orateurs. « Nous sommes traités comme des esclaves. Même Zuma est arrivé ici après le massacre, le massacre par sa police ». « Unissons-nous, personne ne va travailler », a encore dit un autre manifestant, « si nous parlons d'une seule voix, nous serons plus forts ».

Triplement des salaires

Une semaine de deuil national a été décrétée à compter de lundi, après le massacre du jeudi 16 août - le pire depuis la fin de l’apartheid -, qui avait contraint le président Jacob Zuma à quitter le sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Maputo. L’Assemblée nationale au Cap a également prévu un débat extraordinaire sur la question, mardi 21 août.

D’ici là, la direction de Lonmin ainsi que les organisations syndicales, l’Union nationale des mineurs (NUM) et sa branche dissidente, l’Association des mineurs et des travailleurs de la construction (AMCU), dont les états-majors se réunissaient lundi 20 août, devraient s’être une nouvelle fois exprimés. L’ACMU réclame un triplement du salaire des mineurs, qui passerait ainsi de 400 euros par mois à 1 250 euros.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

1 réaction(s)

1.
Le pédagogue - 20/08/2012 à 21h:08

Pire que du temps de l'apartheid. [...] Lire

Toutes les dépèches

Réagir à cet article

Afrique du sud

Lesotho : un accord trouvé par les négociateurs sud-africains

Lesotho : un accord trouvé par les négociateurs sud-africains

Fin août, un coup d’État contre le Premier ministre Tom Thabane avait échoué. Hier, les négociateurs sud-africains ont annoncé être parvenus à mettre d’accord les[...]

Afrique du Sud : Oscar Pistorius condamné à cinq ans de prison ferme

La justice sud-africaine a condamné le champion d'athlétisme de 27 ans, Oscar Pistorius, à cinq ans de prison ferme pour le meurtre de sa petite amie en 2013. Il a également écopé de trois[...]

Afrique du Sud : Oscar Pistorius va être fixé sur son sort

Reconnu coupable d'homicide involontaire "par négligence", Oscar Pistorius va être fixé sur sa sentence mardi. Le procureur a requis dix ans de prison ferme contre le champion sud-africain[...]

[Diaporama] : Dix chefs ou rois traditionnels puissants du Sud du Sahara

Sur le continent, il ne reste qu'une seule monarchie absolue contrôlant un État internationalement reconnu. Mais les chefferies et les royautés traditionnelles n'ont pas disparu pour autant, surtout en Afrique[...]

Afrique du Sud : la juge annoncera la peine de Pistorius le 21 octobre

La juge en charge du procès d'Oscar Pistorius a annoncé vendredi qu'elle rendrait sa sentence le mardi 21 octobre. Le parquet a demandé une peine de 10 ans de prison minimum à l'encontre de[...]

Afrique du Sud : l'avocat d'Oscar Pistorius demande "une peine utile à la société"

L'avocat d'Oscar Pistorius a demandé vendredi des travaux d'intérêt général comme peine pour le champion, estimant que la prison ne serait pas une punition appropriée pour l'homicide[...]

Procès Pistorius : le procureur réclame une lourde peine

Le procureur a clairement dévoilé mercredi son intention de réclamer une lourde peine pour Oscar Pistorius, en démontant méticuleusement tous les arguments de la défense de[...]

Procès Pistorius : l'accusation veut une peine de prison

Le "mini-procès" qui doit aboutir à la prononciation de la peine qui sera infligée à Oscar Pistorius pour la mort de Reeva Steenkamp continue en Afrique du Sud. Mardi, le parquet s'est[...]

Cartier women's initiative awards 2014 : quatre Africaines parmi les finalistes

 Elles se nomment Winnifred Selby, Amy de Castro, Achenyo Idachaba et Mariam Hazem. Originaires du Ghana, de l'Afrique du Sud, du Nigéria et de l'Égypte, se sont les finalistes africaines du prix Cartier Women's[...]

Procès Pistorius : parole à la défense

Trois témoins appelés par la défense d'Oscar Pistorius ont comparu lundi au premier jour de la reprise des audiences du procès du sportif sud-africain.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers