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20/08/2012 à 09h:22
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Des mineurs grévistes à la mine de Marikana, le 18 août 2012, en Afrique du Sud. Des mineurs grévistes à la mine de Marikana, le 18 août 2012, en Afrique du Sud. © AFP

L’exploitant de la mine de Marikana, Lonmin, a maintenu son ultimatum à lundi - avant de le repousser de 24 heures -, menaçant de licencier les mineurs grévistes de Marikana. Mais ces derniers ont choisi de poursuivre leur mouvement, même si un quart des employés ont repris le travail.

Mis à jour à 15 heures 30.

La semaine s’annonce encore brûlante sur le front social en Afrique du Sud. Trois jours à peine après le massacre de 34 grévistes de la mine de Marikana – un drame portant à 44 (dont deux policiers) le nombre des victimes du conflit syndical -, l’exploitant Lonmin a réitéré son ultimatum - avant de le repousser de 24 heures. Alors que le président Jacob Zuma a de son côté annoncé une semaine de deuil national, cette décision de fermeté, voir d’intransigeance, ne va pas vraiment dans le sens d’un possible apaisement.

« L'ultimatum final a été repoussé au lundi 20 à la suite des événements de jeudi », a indiqué la société britannique dans un communiqué, publié dans la nuit de dimanche à lundi. « Lonmin a confirmé avoir demandé à ses 3 000 employés en grève illégale de reprendre le travail lundi 20 août, faute de quoi ils s'exposent à un possible licenciement », explique Simon Scott, un haut responsable de Lonmin cité dans le communiqué.

« L'ultimatum ne s'applique qu'aux foreurs et assistants foreurs qui ont lancé une action illégale le 10 août », précise Lonmin. Les 25 000 employés et les 10 000 temporaires « qui ne sont pas en grève mais qui n'ont pas pu travailler à cause de la violence » pourront reprendre le travail sous protection de la police. Cette stratégie sera-t-elle payante ? Les mineurs grévistes n’ont semble-t-il pas l’intention de céder.

"Comme s'ils étaient morts pour rien"

« Je ne retourne pas au boulot. Où est l'argent ? », demande David Sikonyela, 52 ans, mineur du Lesotho. « Est-ce qu'ils vont virer aussi ceux qui sont à l'hôpital et à la morgue ? », s'exaspère son collègue Thapelo Modima, 46 ans. « De toute façon, c'est mieux d'être mis à la porte parce qu'ici, on souffre. Nos vies ne vont pas changer. Lonmin se fiche de notre bien-être, jusqu'à maintenant ils ont refusé de nous parler, ils ont envoyé la police pour nous tuer ».

« Des gens sont morts. On est en colère. Si on reprenait le travail, ce serait comme s'ils étaient morts pour rien », ajoute Fezile Magxaba, un contremaître de Marikana. Mais les revendications irréalistes des mineurs ne favorisent pas les négociations. Ils réclament plus qu'un triplement de leur salaire à 12 500 rands par mois (1 250 euros) au lieu de leur 4 000 rands (400 euros) en moyenne. Selon la direction de Lonmin, un peu plus d'un mineur sur quatre était présent à son poste lundi matin, alors qu'un millier de grévistes étaient toujours rassemblés à l'extérieur du site sud-africain.

De son côté, le président Zuma traverse la pire crise depuis son arrivée au pouvoir en 2009. « La nation est sous le choc et dans la peine », a-t-il déclaré dans un communiqué annonçant le deuil national. Mais il ne s’est pas exprimé sur les racines de la crise – les inégalités criantes de salaires entre cadres blancs et ouvriers noirs qui s'aggravent, 18 ans après la chute de l'apartheid.

Des mineurs réagissent au discours de Julius Malema, ex-leader de la ligue jeunesse de l’ANC, à la mine de Marikana le 18 août 2012.

© AFP

Zuma critiqué

« Cette semaine (...) nous devons nous unir contre la violence, quelle qu'elle soit. Nous devons réaffirmer notre foi en la paix, la stabilité et l'ordre, et dans la construction d'une société solidaire débarrassée du crime et de la violence ». Dans le même communiqué, Zuma a également annoncé la composition de la commission inter-ministérielle chargée d'enquêter sur la tragédie du jeudi 23 août.

Les critiques fusent contre le président, nombreuses étant les personnalités – comme le prix Nobel de Littérature Nadine Gordimer – à demander sa démission, l’accusant d'avoir été passif tout au long de la crise. Du coup, c’est le très populiste Julius Malema qui a paru tirer son épingle du jeu en surfant sur la crise.

Après avoir été exclu en avril de l'ANC, l'ancien leader de la ligue de jeunesse de l'ANC a fait son retour sur la scène médiatique. Il s’est rendu auprès des mineurs et s'est adressé à eux, refusant toute forme de protection policière, accusant le président Zuma d'être responsable du massacre et l'appelant à démissionner. « Zuma ne s'intéresse pas aux mineurs. Il est venu ici hier soir (vendredi) et il a rencontré des blancs. Il ne sait même pas si les mineurs sont sains et saufs ou pas », a-t-il lancé.

(Avec AFP)
 

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