Ils ont le vent en poupe et ils en profitent. Devant la passivité des autorités gouvernementales, les salafistes tunisiens multiplient les provocations. Dernier incident en date : l’attaque d’un festival à Bizerte, dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 août.
Des « fous de Dieu » également adeptes de l’ultra-violence. Armés de sabres et de bâtons, plusieurs dizaines de salafistes tunisiens ont attaqué un festival à Bizerte (nord), dans la nuit de jeudi à vendredi. Bilan : cinq blessés.
« À la Maison de la Jeunesse à Bizerte, environ 200 personnes affiliées au courant salafiste ont utilisé la violence pour empêcher une manifestation organisée par des associations à l'occasion de la "Journée de Jérusalem" pour dénoncer la présence de certains invités arabes », indique le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Le gouvernement précise que les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les agresseurs à l'aide gaz lacrymogène. Quatre personnes ont été arrêtées.
Manque de réactivité
Mais selon Béchir Ben Chérifia, secrétaire général de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, la police a attendu une heure avant d'intervenir. Le temps sans doute que le Premier ministre Hamadi Jebali consulte son parti, Ennahdha, avant de donner son feu vert.
Selon deux des organisateurs du festival interrogés par la radio Mosaïque, Khaled Boujemma et Slahedine Masri, les salafistes voulaient protester contre la présence de Samir Kantar, un militant du Front de libération de Palestine (FLP) qui a passé près de trente ans dans les prisons israéliennes. Libéré en 2008, celui-ci a profité d’un échange avec le mouvement libanais chiite Hezbollah.
Il s’agit de la troisième offensive en trois jours des « fous de Dieu », visiblement galvanisés par l’approche de la fin du ramadan. Un concert de musiciens iraniens et le spectacle d’un célèbre humoriste, Lotfi Abdelli, ont du être annulés mardi et mercredi.
(Avec AFP)
Une vidéo réalisée à l'hôpital de Bizerte, dans la nuit du 16 août.

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