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16/08/2012 à 09h:23
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La manifestation de l'Union nationale avait été interdite. La manifestation de l'Union nationale avait été interdite. © AFP

Selon les responsables de l’Union nationale (UN), au moins deux personnes auraient trouvé la mort lors de la dispersion, mercredi 14 août, d'une manifestation interdite du parti de l’opposant gabonais André Mba Obame. Les autorités démentent formellement.

Interdite pas les autorités, la manifestation de l'Union nationale (UN), le parti dissous de l’opposant gabonais André Mba Obame, a tourné à l’affrontement, mercredi 15 août. Organisée dans le centre de Libreville pour réclamer une « conférence nationale souveraine », elle a été violemment dispersée par la police. Selon l’opposition, plusieurs personnes ont été tuées, ce que dément formellement le procureur de la République. Retour sur les faits.

Entre 2 000 et 3 000 manifestants s'étaient réunis au siège de l'UN avant de se diriger vers le quartier de Cocotiers aux slogans de « AMO (Andre Mba Obame), le vrai président » ainsi que « Ali Ben, dégage ». Lors de la dispersion, des jeunes armés de gourdins ont jeté des cailloux et des bouteilles vides en direction des policiers qui ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogène, procédant parfois à des tirs tendus. Les manifestants ont dressé des barricades, brûlé des poubelles et au moins une voiture. Ils ont également partiellement détruit au moins une dizaine d'autres véhicules et saccagé une station essence, selon le décompte de l'AFP.

"La violence appelle la violence"

Lors d’une conférence de presse, Zacharie Myboto, président de l'UN a aussi accusé les policiers d'avoir tiré avec des « balles », exhibant une douille : « La police charge, brutalise, tire avec des balles. Ici vous avez une douille ». Selon lui, les affrontements auraient fait deux morts du côté des manifestants. « Au moment où je vous parle deux compatriotes sont mortes. Deux compatriotes qui ont perdu la vie à cause de la brutalité des forces de l'ordre. Je vous ai donné les noms et nous avons vérifié. Un décès ne se cache pas. Nous avons cité des noms, deux noms (de femmes) qui viennent des hôpitaux », a affirmé Zacharie Myboto, président de l'UN lors d'une conférence de presse à l'issue de laquelle Mike Jocktane, cadre de l'UN a assuré : « y a un troisième décès ».

« Il y a des dizaines de blessés, des dizaines d'interpellés, voilà ce que représente le pouvoir illégitime de ce pays. C'est la violence. Il faut savoir que la violence appelle la violence (...) Le pouvoir aujourd'hui est aveugle et cette cécité l'amènera à sa mort (...) Les gens sont prêts à continuer ce combat », a conclu le président de l’UN.

La Procureur de la République de Libreville, Sidonie-Flore Ouwé, a démenti formellement: « C'est une déclaration politico-politicienne. C'est une information non fondée. Aucun incident de cette nature n'a été relevé. Nous restons à l'écoute. A cette heure (21h45), il n'y a pas de perte de vie humaine (...) Qu'ils nous disent où sont les corps. Aucun hôpital ne nous a contacté à la suite des événements ».

"Actes de vandalisme"

Selon la Procureur, les manifestants ont commis « des actes de vandalisme. Les forces de l'ordre ont essayé de les dissuader avec notamment des gaz lacrymogène. Ils ont aussi encerclé le commissariat de Nkembo, la direction de la sûreté urbaine caillassant les policiers et les véhicules ». « Pour le moment, d'après les informations en ma possession il y a eu sept interpellations », a-t-elle dit, ajoutant que les forces de l'ordre restaient « vigilantes ».

De retour au Gabon samedi, après 14 mois d'absence en raison de problèmes de santé, André Mba Obame est poursuivi pour « trouble à l'ordre public ». Son immunité parlementaire ayant été levée, il risque de deux mois à un an de prison, selon son avocat.

(Avec AFP)

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