Extension Factory Builder
15/08/2012 à 09:25
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'armée malienne a besoin d'équipement mais aussi de formation et d'entraînement. L'armée malienne a besoin d'équipement mais aussi de formation et d'entraînement. © Issouf Sanogo/AFP

La reconquête du Nord-mali se précise. Réunis les 13 et 14 août à Bamako, les chefs d'état-major de la Cedeao ont peaufiné leur plan d'intervention pour obtenir un mandat de l'ONU. Parallèlement, de nouveaux hélicoptères de combat ont été livrés à Bamako, qui pourrait recevoir prochainement d'autres armes bloquées par l'organisation ouest-africaine dans l'attente de la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Très tard dans la nuit du 25 juillet, à l’aéroport de Bamako. Un avion Iliouchine de fabrication russe en provenance de Bulgarie se pose discrètement. Affrété par une compagnie de transport ukrainienne, il transporte à son bord deux hélicoptères de combat de type MI23, en pièces détachées, qui devront être assemblés à Bamako. Quelques jours auparavant, le 16 juillet, trois nouveaux moteurs d’hélicoptères avaient été acheminés par cette même compagnie ukrainienne pour remplacer ceux, en fin de parcours, des appareils dont disposent déjà l’armée malienne.

Tout ce matériel faisait partie d'un lot commandé par le Mali avant le coup d'État du 22 mars. Et d’autres armes devraient être prochainement livrées, du moins si la transition se poursuit sans accros à Bamako. Les pays de la Cedeao avait en effet ordonné à la Guinée de bloquer dix engins blindés transitant par le port de Conakry et au Sénégal de retenir des caisses de munitions et d'armes lourdes arrivées à Dakar.

La situation devrait se débloquer après la formation d’un gouvernement union nationale attendu très prochainement à Bamako et le retour à une certaine normalité, c'est-à-dire la constitution d'un pouvoir politique fort et respecté prenant l'ascendant sur des militaires définitivement revenus dans le rang. C’est la condition essentielle posée par la Cedeao pour que le Mali puisse jouer - avec son aide - un rôle de premier plan dans une prochaine offensive pour libérer les villes du Nord du joug islamiste. Et les contours de cette reconquête se précisent de plus en plus.

"Personne ne fera cette guerre à la place du Mali"

Les chefs d’état-major de la Cedeao ont tenu à Bamako, du 13 au 14 août, une réunion extraordinaire pour finaliser un plan d’intervention au Mali sous mandat de l’ONU, qui se développerait en trois phases. La première concerne la sécurisation des organes de transition à Bamako, la deuxième porte sur la réorganisation, l’équipement et la formation des forces maliennes et la troisième vise la reconquête du Nord à proprement parler.

Au cours de la rencontre, un accord est intervenu sur les deux dernières phases. « Pour la deuxième et la troisième, nous sommes d’accord sur tous les points. Les troupes maliennes seront en avant sur le terrain et les autres militaires de la Cedeao viendront en appui, avec des avions de combat notamment. Après cette phase de planification, il nous reste désormais à déterminer lors des prochaines réunions le nombre précis de soldats dont nous aurons besoin. Cela pourrait être trois bataillons en première ligne si besoin. Personne ne fera cette guerre à la place du Mali », assure le chef d’état-major général des armées, le colonel Dahirou Dembélé.

Quant à la première phase de l'intervention - la sécurisation des organes de la transition - le président Dioncounda Traoré a affirmé dans son discours à la nation, le 29 juillet, qu’il faisait confiance à l’armée malienne pour cette tâche. Reste que la Cedeao doit aussi valider les plans des ex-miliaires putshistes.

________

Par Baba Ahmed, à Bamako
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Soumaïla Cissé : 'IBK n'a pas de feuille de route' pour le Mali

Soumaïla Cissé : "IBK n'a pas de feuille de route" pour le Mali

Réconciliation, sécurité, justice... Soucieux de ne pas "hurler avec les loups", l'opposant numéro un à Ibrahim Boubacar Keïta, Soumaïla Cissé, n'en a pas moins[...]

À l'ONU, le gouvernement malien dit vouloir dialoguer avec les groupes rebelles

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies sa volonté de mener rapidement des négociations avec[...]

Mali : accusé de complicité d'assassinat, Sanogo encourt la peine de mort

Le général putschiste Amadou Haya Sanogo a vu les accusations le visant s'alourdir. En plus de complicité d'enlèvement, il doit répondre depuis le 22 avril du chef de complicité[...]

Mali : Moussa Mara, jeune premier...

Nommé le 5 avril, le nouveau chef du gouvernement n'a que 39 ans.[...]

Mali : Gilbert Rodrigues Leal, questions sur une mort présumée

Entre la communication tardive des jihadistes et ce que savaient les autorités françaises depuis décembre 2013, plusieurs points d'interrogations entourent l'annonce de la mort de l'otage français[...]

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Mali : les cinq humanitaires capturés en février ont été libérés par l'armée française

Les cinq humanitaires maliens, dont quatre employés du Comité international de la Croix-Rouge au Mali, capturés le 8 février ont été libérés jeudi par l'armée[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Mali : IBK au Sénégal, les raisons d'une visite

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait une visite d'État au Sénégal, du 13 au 16 avril. Retour sur les raisons de cette visite.[...]

Mali - France : le ton monte

Les rapports entre le Mali et la France sont exécrables depuis plusieurs mois. Plus récemment, l'"affaire" Tomi et, surtout, la situation à Kidal n'arrangent rien.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces