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14/08/2012 à 17:25
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Au Maroc, la rupture du jeûne en public est punie par la loi. Au Maroc, la rupture du jeûne en public est punie par la loi. © AFP

À quelques jours de la fin du ramadan, la presse du royaume rapporte plusieurs incidents impliquant des Marocains ne respectant pas le jeûne car non-croyants. Pour défendre le droit de ne pas faire le carême, des jeunes ont crée le groupe "Masayminch" ("nous ne jeûnons pas" en arabe marocain).

Le ministre de la Communication Mustapha El Khalfi, issu du parti islamiste Justice et Développement (PJD), avait prévenu que les autorités marocaines appliqueraient avec « fermeté » l'article 222 du code pénal marocain qui stipule qu'une rupture du jeûne en public est passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à six mois. Et il a, semble-t-il, respecté sa promesse.

À moins d’une semaine de la fin du Ramadan, la presse a rapporté plusieurs incidents impliquant des récalcitrants. Il y a eu tout d'abord l'arrestation de quatre jeunes - deux hommes et deux femmes - à Beni Mellal (centre), qui attendent désormais leur jugement après qu'un fermier les a aperçus en train de manger et de fumer sur la route. Deux jeunes gens ont également porté plainte contre le fils d'un député, l'accusant de les avoir renversés avec sa voiture après qu'ils lui ont reproché de fumer en public, a rapporté le quotidien indépendant Akhbar Al-Youm.

"Hypocrisie"

« La plupart des gens sont choqués de voir quelqu'un manger dans la rue », convient Omar Benjelloun, un avocat de défense des droits de l'Homme. Mais pour le militant Imad Iddine Habib, cette attitude reflète  l'« hypocrisie » de la société marocaine. « Nous voulons que la loi soit abrogée. Nous ne sommes pas croyants et la société n'a pas le droit de nous imposer ses croyances », ajoute-t-il. Avec des jeunes marocains, il a participé à la création du groupe « Masayminch » (« nous ne jeûnons pas » en arabe marocain) pour défendre le droit de ne pas jeûner pour les non-croyants. Ils veulent pouvoir manger, boire et fumer en public durant le mois sacré du ramadan.

« L'idée est de dire à la société que nous sommes différents et que nous n'avons pas à nous cacher », affirme à l'AFP Imad Iddine Habib, 23 ans, cofondateur de ce groupe dont la page Facebook compte quelque 350 membres.

Dans un pays où environ 89% des Marocains considèrent la religion comme « très importante » dans leur vie, selon une récente étude de l'institut américain Pew research Center, pour la grande majorité des gens, ne pas jeûner pendant le ramadan relève du sacrilège. De fait, sur la toile, les groupes hostiles au mouvement comptent de nombreux adhérents. « Nous sommes un pays musulman, pas laïc, ceux qui veulent manger dans la rue pendant le ramadan n'ont qu'à demander un visa pour l'Europe et aller manger là-bas », écrit un de leurs détracteurs sur la page Facebook « Contre mouvement masayminch ».

(Avec AFP)
 

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