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14/08/2012 à 08:08
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Les Tunisiennes étaient nombreuses à descendre dans la rue à Tunis, le 13 août au soir. Les Tunisiennes étaient nombreuses à descendre dans la rue à Tunis, le 13 août au soir. © Fethi Belaid/AFP

Commémorant l'adoption du Code de statut personnel (CSP), en 1956, des milliers de Tunisiens sont descendus dans la rue, lundi 13 août au soir, afin de défendre le droit des femmes. Et obtenir le retrait d'un projet d'article de la future Constitution, déposé par Ennahdha, qui évoque la "complémentarité" et non "l'égalité" des sexes.

Les islamistes d’Ennahdha font peut-être semblant de ne rien voir, mais leur politique économique, sociale et sociétale est de plus en plus contestée par les Tunisiens. Après les manifestations, parfois violentes, de Sidi Bouzid et Kasserine, c’est à Tunis que des milliers de manifestants ont marché, lundi 13 août au soir, commémorant l'anniversaire de la promulgation du Code de statut personnel (CSP), le 13 août 1956. Un ensemble de lois instaurant l'égalité des sexes dans de nombreux domaines et qui fonde la singularité de la Tunisie dans le monde arabe en ce qui concerne le droit des femmes.

Deux manifestations ont eu lieu simultanément, dont l’une sans l’accord des autorités, avec le même objectif : défendre les droits des femmes menacés par les islamistes au pouvoir. Ceux-ci ont déposé un projet d’article de la future Constitution qui évoque la « complémentarité » des femmes vis-à-vis des hommes et non l’égalité des sexes (voir encadré). Ce sont les plus importantes mobilisations depuis une marche interdite et violemment dispersée en avril sur l'avenue Habib Bourguiba.

L’article constitutionnel qui fait polémique

Le projet d’Ennahdha indique : « L'État assure la protection des droits de la femme, de ses acquis, sous le principe de complémentarité avec l'homme au sein de la famille et en tant qu'associée de l'homme dans le développement de la patrie ». Avec une certaine mauvaise foi, les islamistes soulignent que l'égalité des sexes n’est pas remise en question et qu’elle sera mentionnée dans le préambule de la  Constitution. Dans un communiqué diffusé lundi, Ennahdha estime que les reproches lui étant adressés sont le résultat de « confusion », voire même de « provocation et d'exagération »…

La première a eu lieu au Palais des congrès à partir de 20 heures (GMT), après la rupture du jeûne du ramadan, avec notamment Maya Jribi, secrétaire générale du Parti républicain. « L'avenir (de la Tunisie) n'est plus envisageable sans la femme », a-t-elle lancé, alors que les manifestants scandaient : « La Tunisienne est libre ! Jebali, Ghannouchi (le Premier ministre et le chef d’Ennahdha) dehors ! »

"Arriérés"

Interdite, la deuxième manifestation a quant à elle réuni moins de monde. Seulement quelques centaines de personnes ont défilé sur l’avenue Habib Bourguiba, axe principal du centre-ville. Malgré quelques échauffourées avec la police, le rassemblement s'est achevé dans le calme. Les slogans y étaient aussi un peu plus durs à l’égard des islamistes : « Les membres d'Ennahda sont arriérés et des vendus » a-t-on entendu, par exemple.

Mais Tunis n’a pas été la seule ville à se mobiliser contre Ennahdha. Sfax, à 260 km au Sud de la capitale, a vu aussi un millier de personnes marcher sous le mot d’ordre de l’« égalité dans la Constitution ». Et les témoignages abondent sur les réseaux sociaux de nombreuses mobilisations à travers le pays. Et ce n’est pas fini.

Les syndicats ont appelé à une grève générale, ce mardi, dans la région de Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011, pour réclamer notamment la libération de manifestants arrêtés la semaine dernière. Mais aussi que le gouvernement agisse enfin dans le domaine économique pour améliorer le quotidien des Tunisiens.

(Avec AFP)

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