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13/08/2012 à 16:14
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Des étudiants tchadiens manifestent, en novembre 2011. Des étudiants tchadiens manifestent, en novembre 2011. © DR

Inculpation d'un ministre, remise en cause des résultats d'un examen officiel, menaces de manifestation de la part des écoliers… Au Tchad, le baccalauréat est au cœur d’une controverse qui risque de perturber la prochaine rentrée scolaire.

Ahmet Djidda Mahamat, l’ancien ministre tchadien de l’Enseignement supérieur, limogé le 1er août 2012, a été interpellé le 6 août par la police judiciaire qui le soupçonnait de « faux et usage de faux » dans le cadre de sa gestion du baccalauréat 2012. C'est sous ce chef d'accusation qu'il a été inculpé, lundi 13 août, par un juge de N'Djaména qui a également décidé de sa libération provisoire.

Le 4 août, le Premier ministre, Emmanuel Nadingar, avait annoncé que les résultats du bac seraient revus parce que non conformes à la loi. Celle-ci indique que l’admissibilité est fixée à 10/20. Or dans son délibéré du 31 juillet, le jury avait accordé le diplôme aux candidats ayant obtenu une note égale ou supérieure à 8,25/20 de moyenne.

Conclusion : la liste des admis au bac doit être revue pour ne retenir que les candidats rentrant dans les critères de loi. Une autre session sera organisée en octobre pour les nouveaux recalés, « par souci d’équité », a ajouté le Premier Ministre.

Pratique ancienne

Le limogeage du ministre et de son arrestation sont contestés par son parti politique, Al Nassr, qui rappelle que Ahmet Djidda Mahamat n’était pas le seul à décider dans ce dossier. Et qui réclame une enquête parlementaire pour situer les responsabilités de tous les protagonistes de l’affaire. Les partisans de l’ancien ministre ajoutent que la pratique incriminée - attribuer le bac en dessous de la moyenne - n’est pas nouvelle et il serait injuste de le punir pour cela.

Les admis au bac ont eux aussi contesté la décision. Une centaine d’élèves ont tenté de manifester mercredi dernier devant le rectorat de l’Université de N’Djaména. Ils ont été dispersés par la police.

Les élèves nouvellement recalés refusent quant à eux de passer un autre examen en octobre et appellent au respect « de la souveraineté du jury ». Leurs doléances ont été transmises au Premier ministre par les soins du directeur général de la police qui joue les bons offices. Le chef du gouvernement a promis de donner suite. Va-t-il revenir sur sa décision ou réussira-t-il à convaincre les élèves de repasser le bac ? Quelle que soit sa décision, les élèves demandent que l’ancien ministre soit entendu publiquement pour donner sa version des faits.

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Par Madjiasra Nako, à N'Djaména

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