Extension Factory Builder
10/08/2012 à 16:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Cheick Modibo Diarra fait tout ce qui est en son pouvoir pour conserver son poste. Cheick Modibo Diarra fait tout ce qui est en son pouvoir pour conserver son poste. © Thierry Gouegnon/Reuters

Le président malien de transition, Dioncounda Traoré, est sur le point de former un nouveau gouvernement d’union nationale, alors que l’ultimatum de la Cedeao est arrivé à expiration. Mais il a fort à faire avec l’attitude de son actuel Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, qui refuse de poser sa démission par peur de ne pas être renommé.

Le président malien de transition, Dioncounda Traoré, a terminé les consultations en vue de former un nouveau gouvernement d’union nationale, qu’il est sur le point de nommer. Mais il se heurte à son actuel Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, qui s’accroche à son poste et refuse de poser sa démission.

Ne sachant pas s’il sera ou non reconduit, Cheick Modibo Diarra ne veut pas prendre de risque. Pour faire pression sur la présidence, il bénéficie des soutiens de plusieurs groupements de partis politiques et d'associations de la société civile comme la Convergence pour sauver le Mali (CSM), le Mouvement populaire du 22 mars (MP-22), ou encore la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam). Depuis deux semaines, par exemple, Moussa Mara, le président du parti Yelema, membre de la CSM, sillone la région de Sikasso pour battre campagne sur les radios privées en faveur du maintien du Premier ministre.

Les gestes qui comptent

Et puis il y a des petits gestes qui comptent. Le 4 août, Cheick Modibo Diarra est allé jusqu’à Ségou, à 200 km au Nord de Bamako, où il a été reçu par la propre mère du capitaine Amadou Haya Sanogo. « C’était pour bénéficier du soutien du leader de l’ex-junte », persifle un leader politique malien. Qui ajoute : « Diarra utilise même la rue pour se maintenir : c’est lui qui a inspiré la marche de l’association radicale Yérèwolo-Ton [digne fils du pays, en langue bambara], contre Dioncounda Traoré, le 6 août dernier ».

En dépit de ces manoeuvres, Cheick Modibo Diarra ne bénéficie plus du soutien des ex-putschistes qui l’ont, semble-t-il, aidé à devenir Premier ministre, le 17 avril dernier. Les militaires avaient placé leur confiance en lui pour qu’il leur ouvre des portes diplomatiques et militaires afin d’acquérir des armes pour combattre les groupes rebelles et islamistes du Nord-Mali. « Mais les ex-putschistes ont été déçus et se sont rendu compte qu’il ne fait pas l’affaire sur ces deux points », explique une source proche du QG militaire de Kati. « Les hommes du capitaine Sanogo ne veulent plus être dans le même gouvernement que Modibo Diarra », confirme un haut gradé bien renseigné.

Pas de vagues

Si Cheick Modibo Diarra continue comme ça, le président sera obligé d’abroger le décret de sa nomination. Mais ce dernier ne veut pas soulever une vague de contestation populaire.

Un proche de Dioncounda Traoré

Dans le camp du Premier ministre, on relativise. « Mettons la balle à terre et partons tous du même point de départ. Pour réussir une transition apaisée et stable, il faut une union nationale autour des autorités de la transition incluant le président de la transition, le Premier ministre et l’Assemblée nationale », explique Me Mountaga Tall, président de la CSM. « Que chacun se dise que la remise en cause de l’une de ces trois autorités ouvre la boîte du pandore, et ce n’est pas le moment ! Voilà pourquoi nous voulons que les trois organes clés de la transition soient acceptés ».

Dans ces conditions, que peut faire Dioncounda Traoré ? « Si Cheick Modibo Diarra continue comme ça, le président sera obligé d’abroger le décret de sa nomination. Cette résistance risque d’entretenir l’instabilité dans le pays, et le président de la transition ne veut pas soulever une vague de contestation populaire », explique une source proche de la présidence.

Une analyse qui éclaire sans doute les nombreuses tergiversations de Dioncounda Traoré dans les négociations pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Reste que tout le monde, au Mali, est d’accord sur un point : les ultimatums et les menaces de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), qui exigeait un gouvernement d'union nationale avant le 10 août, sont contreproductifs dans cette phase de la crise malienne.

________

PAr Baba Ahmed, à Bamako
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Afrique francophone : chef de l'opposition, un statut à double tranchant

Plusieurs pays d'Afrique francophone ont adopté un statut officiel de "chef de file de l'opposition". D'autres ont voté des textes mais attendent toujours la désignation de leur opposant en chef.[...]

Mali : procès en vue pour Sanogo

Attendu depuis des mois, le procès d'Amadou Haya Sanogo et de plusieurs autres membres de l'ex-junte malienne pourrait se tenir prochainement. "Peut-être en juin", estime une source judiciaire[...]

L'Afrique a-t-elle l'alimentation la plus saine du monde ?

Selon une étude de l'université de Cambridge, qui casse les clichés sur l'Afrique, le continent africain abriterait neuf des dix pays qui mangent le plus sainement au monde. Parmi eux, certains[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Mali : l'avenir de l'Afrique au coeur du Forum de Bamako

Le 15e Forum de Bamako s’est déroulé du 19 au 21 février avec comme questionnement central l'avenir du continent à moyen terme.[...]

César 2015 : le film franco-mauritanien "Timbuktu" triomphe avec sept prix

Le film franco-mauritanien "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako, chronique de la vie quotidienne dans le nord du Mali sous la coupe des jihadistes, a triomphé vendredi à la 40e cérémonie des[...]

Mali : accord entre Bamako et les groupes armés pour une "cessation immédiate" des hostilités

Réunis à Alger pour un nouveau round des négociations de paix, le gouvernement malien et six groupes armés du nord du Mali ont signé jeudi, sous les auspices de l'Algérie et de l'ONU, un[...]

Mali : l'ombre d'Iyad Ag Ghali plane sur les négociations d'Alger

Soupçonné de manoeuvrer en coulisses en faisant régner la terreur parmi les Touaregs, le leader d'Ansar Eddine, Iyad Ag Ghali, demeure introuvable. Une ombre au tableau des négociations[...]

Nord du Mali : le Gatia, une milice loyaliste qui veut monter... jusqu'à Alger

En quelques mois, le Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia) est devenu incontournable dans le nord du Mali. Au point que certains veulent l'inviter à la table des pourparlers d'Alger.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120810160230 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120810160230 from 172.16.0.100