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10/08/2012 à 10:05
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Mohamed al-Megaryef (c) élu président de l'assemblée nationale, le 9 août 2012 à Tripoli. Mohamed al-Megaryef (c) élu président de l'assemblée nationale, le 9 août 2012 à Tripoli. © Mahmud Turkia/AFP

Ancien fervent opposant de Mouammar Kaddafi, Mohamed al-Megaryef a été élu jeudi 9 août président du Congrès général national (CGN). Originaire de Benghazi, il est plutôt proche des islamistes.

Le symbole est fort pour la nouvelle Libye. La première assemblée libre et démocratiquement élue après quarante ans de régime Kaddafi sera dirigée par un ancien éminent opposant de l'ex-« Guide », Mohamed al-Megaryef. Considéré comme proche des islamistes, il a été élu jeudi soir à la présidence du Congrès général national (CGN), qui a pris mercredi le pouvoir en Libye.

Mohamed al-Megaryef était dirigeant du Front de salut national libyen, formation politique basée à l'étranger qui regroupait les opposants en exil au dictateur Mouammar Kaddafi. Il a gagné avec 113 voix contre 85 pour Ali Zidane, un membre indépendant aux tendances libérales.

Cinq membres du CGN s'étaient présentés pour le poste. M. Megaryef l'a emporté au terme d'un deuxième tour. Pour être élu, le candidat devait obtenir plus de 100 voix, selon le règlement de ces élections internes adopté jeudi dans la journée.

Né en 1940 à Benghazi (est), M. Megaryef, qui prône un islam modéré, avait été élu membre du CGN sous la bannière de sa formation rebaptisée Parti du front national.

Fondateur du Front de salut national libyen

Diplômé en économie et titulaire d'un doctorat en Finances de Grande-Bretagne, M. Megaryef avait occupé des postes de responsabilité sous le régime de Mouammar Kaddafi dans les années 1970. En 1980, il avait démissionné de son poste d'ambassadeur de Libye en Inde, pour rejoindre l'opposition en exil et fonder avec d'autres dissidents le Front de salut national libyen.

Le congrès a également élu son vice-président : Jommaa Atiga, un membre indépendant de la ville de Misrata (ouest), qui l'a emporté au second tour devant Salah al-Makhzoum du Parti de la justice et de la construction (PJC), issu des Frères musulmans.

Les 200 membres du CGN ont suspendu leurs travaux diffusés en direct à la télévision libyenne vers  03 heures 30 (01 heure 30 GMT). Ils doivent tenir une nouvelle session pour élire un deuxième vice-président.

Le Conseil national de transition (CNT), qui tenait le pouvoir depuis la chute du régime de Mouammar Kaddafi, a remis mercredi soir le pouvoir au CGN au cours d'une cérémonie marquant la première transition pacifique du pays. Le CGN sera chargé de choisir un nouveau gouvernement pour prendre le relais du CNT, qui devrait être dissout lors de la première session du Congrès. Il devra conduire le pays à de nouvelles élections sur la base d'une nouvelle Constitution.

L'Alliance des forces nationales (AFN), une coalition de plus de 40 petits partis libéraux menée par des architectes de la révolte de 2011 contre le colonel Kaddafi, détient 39 sièges sur les 80 réservés à des partis politiques. Le parti de la justice et de la construction (PJC) est la deuxième formation politique du Congrès avec 17 sièges. Le parti de M. Megaryef était arrivé troisième avec seulement 3 sièges.

Les 120 sièges restants ont été attribués à des candidats indépendants aux allégeances et convictions encore floues mais qui sont très courtisés par les partis.

Originaire de l'Est

Un membre du PJC, qui a requis l'anonymat, a estimé que l'élection de M. Megaryef était « une victoire pour les islamistes ». De son côté, un membre indépendant a expliqué que plusieurs membres avaient choisi le président sur la base de considérations géographiques et non religieuses ou politiques.

Selon lui, plusieurs membres indépendants s'étaient mis d'accord pour choisir un président originaire de l'est du pays. Ils souhaitaient ainsi résorber la tension dans cette région du pays qui avait réclamé plus de sièges dans l'assemblée nationale et se considérait comme « marginalisée » sous le régime de Kaddafi et par le CNT.

Une partie de la population de cette région avait dénoncé la répartition des sièges à l'assemblée (100 sièges pour l'Ouest, 60 pour l'Est et 40 pour le Sud) et avait réclamé un nombre égal de sièges pour chacune des trois régions.

Des partisans du fédéralisme avaient appelé au boycott des élections législatives du 7 juillet, qui avaient été émaillées d'actes de sabotage et des violences dans plusieurs villes de l'est.

(Avec AFP)

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